Oui, le festival a bien débuté avec la cérémonie de présentation de l’édition en cours dans l'auditorium de Carré d’Art en présence de l’ambassadeur d’Irlande en France Niall Burgess et du réalisateur Jack Thornton qui a présenté son premier long-métrage « Love Lane United », une comédie douce-amère sur la jeunesse de Dublin au Sémaphore.
« Ah, c’est sportif, la programmation d’un festival, et sa glorieuse incertitude n’a rien à envier à celle du sport ! Nous avons toujours travaillé serré, mais cette année, nous nous sommes encore surpassés. La preuve ? Il y a encore quelques jours, nous n’avions aucun « grand nom » à vous donner. Par contre, on en avait beaucoup d’autres à vous proposer, et on les a toujours, rassurez-vous. Ce « grand nom » qu’on n'attendait plus, c’est celui de Jim Sheridan, l’homme qui a régénéré le cinéma irlandais, l’auteur de My Left Foot, In The Name of The Father, The Boxer et bien d’autres. Il sera avec nous toute la semaine pour présenter ses films et échanger avec tous les publics. »
Au programme donc, un peu plus d’une trentaine de films couvrant 120 ans de cinéma, dix inédits. Autre grand nom, un de ceux qui prend la parole et qui connaît les lieux, Ian McEwan.
« Le festival Écrans britanniques de Nîmes est l’un des plus agréables auxquels il m’a été donné d’assister, que ce soit des festivals de littérature, de science ou de cinéma. Le public est vraiment captivé et captivant, on y rencontre de vrais experts et des connaisseurs, Nîmes est adorable, l’hôtel excellent, les projections impeccables et les organisateurs sont les plus chaleureux et les plus délicieux des hôtes. C’est le paradis ! », affirme donc Ian McEwan, écrivain et scénariste.
Mais le festival nîmois a une histoire et sait la faire vivre. Cette année, deux hommages.
Un pour Peter Watkins (1935 -2025) qui fut, avec Peter Greenaway, l’autre grand nom des Écrans britanniques en 2008. Ce cinéaste, récemment disparu, construisit pendant 40 ans une œuvre personnelle, dans un style qui n’appartenait qu’à lui.
Très engagé dans les problèmes de son temps, il explora volontiers le passé pour le déchiffrer avec les outils audiovisuels d’aujourd’hui. D’où l’originalité de ses scénarios et des points de vue très décapants qu’il adopta pour en faire sentir toute l’actualité.
« Afin de lui rendre hommage, nous avons choisi d’offrir aux spectateurs un parcours de son œuvre en trois films, depuis ses premiers essais amateurs, comme il le dit lui-même, jusqu'au film qu'il réalisa lors de son exil suédois : The Gladiators. »
Autre hommage ? Oui, à Charles Crichton ! De 1947 à 1955, Charles Crichton fit partie d’un petit groupe de réalisateurs britanniques, qui créèrent le label « Comédie Ealing » qui devint populaire dans le monde entier.
Âgé de 77 ans, épaulé par le populaire acteur John Cleese, il revient au cinéma en salles avec Un poisson nommé Wanda en 1988, film qui s’avéra son plus grand succès et lui fit obtenir deux nominations aux Oscars.
Michael Palin, une des vedettes du film, résuma parfaitement ce qu’était ce réalisateur devenu vétéran : « Il était toujours l’admirable Crichton, qui avait su garder en vieillissant cette jeunesse d’esprit et cette irresponsabilité. C’était un homme qui comprenait et se délectait du comique même de l’identité britannique. » Si Palin le dit… Alors c’est sûr !
Depuis l’an dernier, l’association est officiellement dédiée à la diffusion et la promotion des cinémas britanniques et irlandais. En réalité, elle est, ces dernières années, régulièrement tournée vers la production filmique irlandaise dont le dynamisme et la richesse sont très séduisants. Grâce à sa collaboration avec l’Irish Film Institute, elle est fière de présenter plusieurs perles, pour la plupart inédites, qui raviront les amateurs de tous les genres.
Nombre de films projetés seront ainsi inédits. Une nouveauté de plus en 2026 ? Bien sûr ! Le festival s’exporte à Uzès par visio avec le Capitole en partenariat avec le ciné-club de l’Uzège. Écrans britanniques et irlandais grandit encore.
Autre valeur sûre, la London Film School, fondée en 1956. C’est la plus ancienne école de cinéma du Royaume Uni. Elle aussi fait partie de la fête ! Elle accueille aujourd’hui 248 étudiants venus de 52 pays. Le Hollywood Reporter l’a désignée en 2024 comme l’une des meilleures écoles de cinéma du monde et pour la deuxième année consécutive, son directeur, Chris Auty sera Nîmois, il rencontrera le public du festival, ainsi que des lycéens et étudiants.
Une autre particularité du festival est de proposer des inédits, donc, mais aussi des avant-premières, des versions restaurées… Ce volet important du festival permet au public de découvrir de nouveaux talents et les derniers développements artistiques et thématiques d’un cinéma britannique et irlandais extrêmement vivant et novateur.
Pour rappel, Écrans britanniques et irlandais est une association de bénévoles à but non lucratif, fondée en 1997 à Nîmes, qui s’est donnée pour mission de faire connaître le cinéma britannique, au public du sud de la France en créant le festival British Screen/Écrans britanniques, dont elle est productrice et qui se tient chaque année sur dix jours. Pour y adhérer, c’est par ici !