Mhamed Ismaili n’en est pas à son premier essai dans l’univers du padel. Tout commence à Boisset-et-Gaujac, où il ouvre son premier complexe en 2021. « Pendant deux ans et demi, on était seuls sur le marché, et ça marchait très bien », se souvient-il. Mais l’aventure à Saint-Christol, lancée dans la foulée, tourne court. « Un échec, mais une leçon », résume-t-il. Qu’à cela ne tienne : il rebondit à Vézénobres, où il finalise un projet ambitieux – huit terrains, un restaurant – malgré des débuts chaotiques. « L’été dernier, on a bricolé, mais ce n’était pas encore au point », reconnaît-il.
Face à la charge de travail et à la nécessité de se recentrer, Mhamed Ismaili fait un constat : « Je suis bon pour créer, mais pas pour tout gérer en même temps. » La solution ? Trouver des partenaires capables de reprendre le flambeau à Vezenobres, tout en gardant la main sur les infrastructures.
La famille Roux, une relève de confiance
C’est finalement vers Christophe Roux et son fils Brice que Mhamed Ismaili se tourne. Une décision mûrie, basée sur une amitié de longue date et une connaissance approfondie du milieu. « Christophe et son fils connaissent le padel, ils ont bossé avec moi pendant plus d’un an. Ils savent comment ça marche, et ils connaissent la clientèle », explique-t-il.
La famille Roux n’est pas une inconnue dans le paysage local : elle dirige depuis trois générations les Stores Roux, une entreprise installée juste en face du complexe de padel. « C’est un peu un destin qui fait que tout se retrouve au même endroit », sourit Mhamed Ismaili.
Le contrat ? Une location-gérance avec option d’achat à deux ans. « L’idée, c’est de leur laisser le temps de s’approprier le projet, de le faire grandir, et de voir ensuite », précise-t-il. Pour Christophe Roux, qui a récemment cédé ses parts dans l’entreprise familiale, cette nouvelle aventure représente un retour aux sources et une opportunité de diversifier ses activités.
Un complexe en pleine mutation
À Vezenobres, les travaux pour couvrir les terrains vont débuter en septembre, les huit terrains seront entièrement couverts petit à petit, permettant une pratique du padel toute l’année, qu’importe la météo. « On va avoir quatre terrains couverts dès la rentrée, et les quatre autres suivront », détaille Mhamed Ismaili. Un projet photovoltaïque et une micro-station sont également à l’étude pour rendre le complexe plus autonome et écologique.
Côté restauration, le restaurant, actuellement fermé pour des travaux d’amélioration, rouvrira début avril avec une nouvelle équipe en cuisine. « On mise sur une carte à 17,90 €, avec des produits locaux et une touche gastronomique », annonce le fondateur. Un chef expérimenté, fort de 20 ans de carrière, a été recruté pour élever l’offre culinaire, tout en gardant des options accessibles pour les joueurs de padel.
Une collaboration pour structurer l’offre locale
Mhamed Ismaili ne quitte pas pour autant le monde du padel. À Boisset-et-Gaujac, il a récemment déménagé son complexe dans la zone de Lou Cres 2, où les conditions de jeu sont optimisées. « Je me recentre sur ce club, tout en continuant à organiser des tournois avec Christophe », explique-t-il.
L’objectif ? Harmoniser les tarifs et les services entre les clubs de la région pour éviter une concurrence stérile. « On veut que les joueurs choisissent un club en fonction de sa proximité ou de ses conditions, pas seulement du prix », insiste-t-il. Une réflexion est en cours pour proposer des abonnements communs et organiser des championnats inter-clubs, afin de fédérer la communauté des padelistes cévenols. « On a huit terrains ici, ils en ont treize là-bas… Si on s’allie, on peut toucher un public plus large et offrir une expérience cohérente », résume Mhamed Ismaili, optimiste.
Un avenir prometteur
Avec la reprise par la famille Roux, le complexe de Vézénobres entre dans une nouvelle ère. « Ils ont la main verte pour l’accueil et la convivialité, c’est essentiel dans ce métier », souligne Mhamed Ismaili. De son côté, il se concentre sur Boisset-et-Gaujac et la préparation de la saison estivale, avec déjà en ligne de mire la Coupe du Monde de football – et les retombées espérées pour le padel.
« L’idée, c’est que tout le monde y trouve son compte : les joueurs, les clients du restaurant, et nous, les gestionnaires », conclut-il.