Publié il y a 1 mois - Mise à jour le 17.05.2024 - Abdel Samari - 2 min  - vu 829 fois

ÉDITORIAL Guerre contre la drogue : ce rapport sénatorial très lucide sur la situation

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Photo Objectif Gard

Le rapport décrit en effet une « France submergée par le narcotrafic », avec « un marché criminel » dont le « chiffre d’affaires » est estimé au bas mot à 3,5 milliards par an.

Le Sénat vient de rendre publiques les conclusions du rapport de sa commission d’enquête sur l’impact du narcotrafic en France. Et on peut dire que ce que l'on redoutait est en réalité bien pire. Les travaux menés par le rapporteur, le sénateur LR du Rhône, Étienne Blanc, et le président de la commission, le sénateur PS de Saône-et-Loire, Jérôme Durain, font froid dans le dos. Le rapport décrit en effet une « France submergée par le narcotrafic », avec « un marché criminel » dont le « chiffre d’affaires » est estimé au bas mot à 3,5 milliards par an. Les difficultés de l'État français sont aussi pointées du doigt, notamment les moyens insuffisants dédiés aux services de terrain, dans la lutte contre le blanchiment par exemple. Autre signal d'alarme du rapport : le phénomène de corruption des agents publics et privés qui gangrène autour du système de cet argent sale. Bien entendu, il ne s'agit pas de la même ampleur observée dans certains pays d'Amérique du Sud par exemple, mais les organisations criminelles utilisent apparemment les mêmes méthodes. Ainsi, comme on le soupçonnait, malgré la meilleure volonté du ministre de l'Intérieur de démanteler les points de deal et de mener depuis des mois des opérations coups de poings de type “place nette”, cela reste largement limité pour faire face à cette guerre de la drogue que les trafiquants nous ont déclarés. Cette politique publique est même très critiquée par les sénateurs. Pour eux, le plan antidrogue que le gouvernement doit présenter prochainement est de toute façon « pas à la hauteur des enjeux ». Les sénateurs formulent une série de propositions : plus de moyens pour les équipes de renseignement dans la lutte contre le narcotrafic avec un véritable plan d’urgence. Il faut aussi frapper là où cela fait mal : le porte-monnaie en ayant recours aux enquêtes patrimoniales, en instaurant un gel judiciaire des avoirs et en créant une confiscation sans condamnation pénale. Enfin, la création d'un parquet national antistupéfiants permettrait de juger plus efficacement les mêmes typologies d'individus. Ces préconisations sont déjà dans la tête de nombreux magistrats. Dernièrement, la procureure de la République de Nîmes sur le plateau TV d'Objectif Gard rappelait la nécessité absolue de s'intéresser à l'argent de la drogue pour remonter les filières. Il y a en effet, la petite délinquance, ces jeunes qui tiennent les points de deal. Il y a ensuite, les gros bonnets, les organisateurs de toute cette activité lucrative qui aujourd'hui, bronzent au soleil pendant que des gamins s'entretuent...

Abdel Samari

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