Il a peut-être été le premier maire du Gard à avoir le nouveau sous-préfet d'Alès, Émile Soumbo, au téléphone, alors que celui-ci ne prendra ses fonctions que le 18 septembre. Mais il s'en serait sans doute bien passé. Depuis qu'il a été agressé, dans la nuit de vendredi à samedi, le maire de Génolhac, Guy Cheron, a reçu beaucoup de soutiens. Ce qui ne l'a pas empêché de subir un malaise post-traumatique ce lundi.
Vendredi soir, il est appelé par des voisins alors qu'une dame, dans sa résidence secondaire, serait en passe de se défenestrer. Les voisins ne parviennent pas à joindre les gendarmes. Guy Cheron y réussit, lui, mais le centre opérationnel est à Villefort ce soir-là, soit environ 35 minutes de route. "C'était trop à attendre, j'y suis donc descendu, explique Guy Cheron. J'ai trouvé une femme, penchée sur la rambarde du premier étage, qui menaçait et appelait au secours. J'ai alors décidé de monter doucement, mon but était de la ceinturer sans qu'elle m'entende arriver."
"Cette dame paraissait toute frêle"
Guy Cheron, maire de Génolhac
Guy Cheron y parvient, écarte la dame de 67 ans et 1,55 m de la fenêtre. C'est alors que les coups commencent à lui pleuvoir dessus, "coups de poing, coups de pied", explique l'intéressé. Guy Cheron relève la violence des coups, inattendue "alors que cette dame paraissait toute frêle". Mais son corps est pris d'une forme de démence. "Je l'ai calmée, on a réussi à parler", tempère le maire. Avant que l'épisode ne reprenne, qu'elle retente une percée vers la fenêtre, soit à nouveau calmée, pour finalement "partir comme une furie vers la porte de la pièce, où elle m'a enfermé", poursuit Guy Cheron.
"Je pense qu'elle a chuté en bas des escaliers parce que je l'ai retrouvée au sol, recroquevillée au rez-de-chaussée. Et elle a repris les coups." C'est à l'arrivée des gendarmes que Guy Cheron a pu recenser ses douleurs, notamment celle des côtes et évaluer une grosse entaille sur le bras. Preuve de l'agitation de la scène en plusieurs volets, le maire de Génolhac n'a pas de doute sur le fait que l'entaille date de la rixe, mais reste incapable de dire quel outil l'a entaillé.
Guy Cheron reste impressionné par la disproportion entre la carure de la dame secourue et la violence dont elle a fait preuve. "En la ceinturant, j'avais même peur de lui casser quelque chose", confie-t-il. Le choc l'a poursuivi, jusqu'à faire "un malaise post-traumatique, une syncope, lundi, qui m'a valu d'être emmené à l'hôpital de Nîmes par hélicoptère aux urgences cardiologiques". Si le service n'a rien décelé, après un électrocardiogramme et une prise de sang, il sera désormais suivi plus régulièrement par un cardiologue.
"Le but, c'est que cette personne se fasse soigner"
Pour autant, Guy Cheron n'a pas souhaité de certificat médical, ni même porter plainte, pour ne pas ajouter du malheur. "Le but, c'est que cette personne se fasse soigner." S'il n'en a pas eu de nouvelles depuis, "son mari et ses filles m'ont appelé. Ils m'ont dit qu'elle avait eu des antécédents en la matière", confie-t-il.
Les marques de soutien ont abondé depuis, jusqu'au nouveau sous-préfet d'Alès, donc, mais aussi via un message de la directrice adjointe du ministre de l'Intérieur. Le binôme de l'exécutif alésien, Max Roustan et Christophe Rivenq, ainsi que Patrick Malavieille, ont appelé l'édile génolhacois. Ce mercredi, c'était au tour de l'association des maires ruraux du Gard, via son président, Sylvain André, par ailleurs maire de Cendras, de souhaiter dans un communiqué (et après l'avoir eu au téléphone) "un bon rétablissement à notre collègue touché par cet événement choquant" et de saluer "son courage".
Guy Cheron, depuis, se repose. "Ça va du mieux que je peux. C'est un événement qui peut se produire", philiosophe-t-il avec ses côtes endolories. Pas question, pour autant, de faire une pause. "J'ai un conseil municipal ce soir, je suis en pleine préparation." Pour lui, de toute façon, l'agression n'est pas liée à la fonction mais à l'instant. "Je lui ai dit que j'étais le maire, elle s'en foutait complètement", sourit-il...