Publié il y a 1 h - Mise à jour le 18.06.2026 - Boris De la Cruz - 3 min  - vu 549 fois

GRAU-DU-ROI Assassinat sordide d'une octogénaire : le point sur l'enquête avec la procureure et les gendarmes

La procureur Gensac avec les colonels Casso et Capsié

La procureure de Nîmes, Cécile Gensac, et les patrons des gendarmes gardois ont fait le point sur le "meurtre sordide" d'une dame de 86 ans, sur l'enquête et l'interpellation d'un collégien...

Un adolescent, âgé de 15 ans, a été interpellé mardi par les gendarmes gardois avant d'être présenté ce jeudi auprès d'une juge d'instruction du tribunal de Nîmes. Il est mis en examen pour "assassinat" et a été placé en détention provisoire. Il encourt 20 ans de prison et sera jugé devant le tribunal pour enfants constitué en forme criminelle. "Le tout sous réserve d'une responsabilité pénale qui pourra être liée aux investigations psychiatriques", note la procureure de la République de Nîmes, Cécile Gensac.

Une pensée pour la victime et sa famille

Si la procureure a fait le point sur l'enquête, elle a d'abord adressé un message en mémoire de la victime, "cible d'un meurtre sordide". "Mes pensées vont à cette dame, âgée de 86 ans, qui était tout simplement en train de se promener", "et je présente mes condoléances à tous ceux qu'elle laisse derrière elle, famille, amis, voisins...", a indiqué la magistrate (voir vidéo intégrale du point presse ci-dessous).

Pour rappel, le jeudi 11 juin dernier, les pompiers ont été appelés pour une dame qui séjournait dans un camping voisin et qui avait été agressée. Elle était à terre, en sang, et sa mort suite aux blessures sévères infligées a été constatée rapidement.

Des témoins indirects mais un individu surprenant

C'est à partir de là que l'enquête des gendarmes a débuté avec des témoins qui n'ont pas vu l'agression, mais qui ont constaté la présence, près du lieu du drame, d'un jeune avec un masque chirurgical sur la bouche et muni d'un objet qui pouvait être une perceuse. "Il n'y a pas de témoins directs de l'agression", "mais suffisamment de témoins qui ont été alertés par la présence d'un individu porteur d'une perceuse, d'une attitude un peu incongrue au regard des circonstances, puisqu'il était masqué, porteur de gants, et avait une attitude un peu particulière", souligne le colonel Capsié, chef de la section de recherches de Nîmes, accompagné du patron des gendarmes gardois, le colonel Emmanuel Casso.

Un jeune homme qui fuit à moto, un deux-roues qui sera un véritable fil d'enquête des gendarmes de la section de recherches de Nîmes et du groupement du Gard. Des images de vidéosurveillance de mauvaise qualité seront ensuite expertisées et améliorées par des réservistes de la gendarmerie. Une motocross apparaît plus nettement, elle amènera plus tard, c'est-à-dire ce mardi 16 juin après cinq jours d'enquête, vers ce jeune de 15 ans "présenté comme un bon élève, un garçon sans histoire, entouré de ses parents et de bons copains. Il est totalement inconnu des services de police et de gendarmerie, de même que de la justice", poursuit la procureure Gensac. Aucun lien n'existe entre lui et la victime qui a été choisie au hasard de son projet d'agression."

"Un ressenti d'une profonde injustice"

"La carence d'experts psychiatriques et d'experts psychologiques disponibles n'a pas permis de recueillir les premiers éléments de personnalité éclairant sur ce passage à l'acte durant le temps de la garde à vue", complète la patronne du parquet de Nîmes.

Sur les raisons du passage à l'acte, le collégien a exposé durant sa garde à vue "avoir eu ce besoin viscéral de faire mal en raison d'un ressenti d'une profonde injustice à son encontre dans le milieu familial notamment", selon la procureure de Nîmes qui donne des précisions sur la composition de la famille de l'auteur de l'assassinat.

"Enfant d'une troisième union de son père, il avait des relations très proches, notamment avec l'un de ses demi-frères devenus papa, ainsi qu'avec ses neveux et nièces dont il était très proche".

"Des tensions familiales importantes en début d'année avaient conduit les adultes à rompre leurs relations et à engendrer le maintien du mineur dernier de la famille recomposée, à l'écart de cette famille d'une très grande importance pour lui", ajoute la procureure. "Un épisode plus récent de rupture sentimentale l'avait également perturbé dans ce contexte."

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