Ils ont été interpellés il y a deux semaines et ont été mis en examen et écroués dans la foulée. Un couple, patron du bar-tabac le Cygne situé boulevard Victor-Hugo à Nîmes, souhaite retrouver la liberté sous contrôle judiciaire. Les époux veulent désormais aller vivre et travailler en Isère.
Ce couple a fait couler beaucoup d'encre depuis une quinzaine de jours à Nîmes. Précisément depuis la descente de la gendarmerie du Gard qui enquêtait depuis plusieurs mois sur un trafic de drogue de type "Uber shit". En perquisitionnant le commerce, véritable institution à Nîmes, les militaires découvrent, ébahis, plus d'un million d'euros en liquide. De l'argent caché dans les réserves, dans des cartons de cigarettes et de boissons ainsi que dans des sacs. De la monnaie en or et une montre Rolex ont été également saisies par les gendarmes.
Les époux sont mis en examen pour : "détention de stupéfiants", "blanchiment aggravé", "concours par professionnel à une opération de placement, dissimulation ou conservation d'un produit d'un délit ou d'un délit de fraude fiscale", "blanchiment concours à une opération de placement, dissimulation ou conservation du produit d'un délit de trafic de stupéfiants".
Deux commerçants qui nient les infractions reprochées. "Vous préleviez 7 % de commission sur les sommes blanchies", résume le président de la cour d'appel de Nîmes qui doit statuer sur les deux demandes de contrôle judiciaire.
"Ils travaillaient 10 à 15h par jour, sans aucun week-end, sans aucune vacance. Un couple qui n'a aucun signe extérieur de richesse, ils vivaient modestement", souligne, pour le commerçant mis en cause, maître Laurence Bourgeon. "Ils ne faisaient que travailler" et "il y avait plusieurs dizaines de milliers d'euros collectés par ce travail tous les jours dans ce commerce, poursuit la pénaliste nîmoise. Maître Bourgeon a affirmé que son client pouvait justifier les fonds et que tout provenait de l'activité du bureau de tabac.
"Elle ne s'occupait pas de la gestion financière et comptable du commerce, elle travaillait", poursuit Maître Anne-Catherine Viens pour la commerçante. "Elle était derrière le comptoir 12 à 13h par jour et parfois elle dormait même dans le commerce lorsqu'elle fermait à 1h du matin et qu'il fallait reprendre très tôt." "Il n'y avait pas de vacances, pas de restos, elle se coupe les cheveux elle-même. Pour elle c'est le choc carcéral", complète Maître Viens.
"Tout le monde me connaît à Nîmes, mais moi je ne connais personne", affirme l'ex-patron du Cygne en référence aux autres mis en cause de cette affaire délictuelle. Un commerce qui est maintenant fermé judiciairement (voir photo) et dont les douanes ont levé ces derniers jours toute possibilité de vendre des cigarettes. "Je veux être à côté de ma famille et de mes parents", conclut le commerçant déchu qui est papa de trois enfants, âgés de 13 ans, 16 ans et 20 ans. Son épouse, elle, est prête à faire n'importe quelle activité, notamment des ménages. Un couple qui était jusqu'à ce dossier inconnu de la justice.
"L'instruction débute et il y a des indices graves et concordants", estime pour sa part l'avocat général Aurélie Reymond qui refuse un éventuel élargissement. La cour d'appel de Nîmes rendra ses décisions sur le contentieux détention vendredi matin. L'enquête se poursuit...