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Publié il y a 3 ans - Mise à jour le 16.03.2019 - boris-de-la-cruz - 2 min  - vu 2290 fois

SAINT-GILLES Le chasseur "bourgeois" condamné pour des violences avec une arme sur les gilets jaunes

Les gilets jaunes à Alès. Photo Tony Duret / Objectif Gard

 (photo illustration Véronique Camplan)

Un chasseur de 57 ans était renvoyé cette semaine devant le tribunal correctionnel de Nîmes pour " violences avec usage ou menace d'une arme". Des faits qui se sont produits à Saint-Gilles, le 17 novembre dernier, en marge de la première journée de blocage des gilets jaunes.

Ce matin-là, un chasseur est coincé par une dizaine de manifestants, à hauteur de l'Intermarché de la ville. " J'ai vu le barrage, je circulais dans ma voiture et je venais d'être arrêté quelques minutes avant par un autre groupe, témoigne à l'audience le mis en cause. Ils ont tapé sur ma voiture, ils m'ont insulté, j'ai paniqué, j'ai pris peur. Je pensais prendre une rouste, ils sont venus sur moi, ils me traitaient de bourgeois", complète le prévenu qui fréquente pour la première fois de sa vie une audience correctionnelle.

" Oui d'ailleurs ce terme de bourgeois m'a fait sourire car lorsque l'on voit le dossier on s'aperçoit que vous et les gilets jaunes aviez la même situation sociale", déclare le président du tribunal correctionnel. "Je gagne 500 euros par mois", complète le chasseur.

Sur le banc des gilets jaunes, la version est différente, mais ils ne réclament pas de dommages et intérêts. " On a entendu le véhicule, il s'est arrêté devant nous, a pris son fusil, j'ai eu l'arme sur le ventre, alors que personne ne le bloquait", estime pour sa part un plaignant.

Pour le parquet de Nîmes : "les choses ont tendance à se dérouler en dehors de tous cadre légal, avec des shérifs, ou dans une jungle. Mais dans ce pays il y a des règles pour manifester ou pour détenir une arme. Vous n'avez pas le même maillot mais vous pratiquez le même sport", souligne le vice-procureur Willy Lubin.

"Dans ce dossier, on est dans l'impression des uns contre l'impression des autres, vous pourriez porter tous la même couleur jaune", déclare avec humour maître Rémy Nougier pour le chasseur. Ce dernier est finalement condamné, mais il est dispensé de peine et sans inscription sur le casier judiciaire, comme le réclamait son avocat.

Après l'audience, les gilets jaunes et le chasseur "bourgeois" se sont serré la main et ont discuté ensemble un moment.

Boris De la Cruz

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