C’est une scène digne d’un film de gangsters qui se produit le lundi 24 septembre au soir. Alors que le patron de l’entreprise Bastide Médical Vincent Bastide quitte son bureau à Caissargues, il est enlevé et séquestré par plusieurs individus qui le contraignent à les conduire chez lui, sur les hauteurs de Nîmes. Sur place, il est séquestré avec un de ses fils et violenté par les malfaiteurs. Un autre des fils de l’entrepreneur, qui s'est caché dans la maison à l’arrivée des agresseurs, prévient la police, qui arrive sur place juste après le départ des malfaiteurs. Le préjudice est estimé à un million d'euros de montres et de bijoux. Alors que Vincent Bastide et ses fils sont hospitalisés, les enquêteurs retrouvent la voiture de Vincent Bastide, avec laquelle les agresseurs sont repartis, carbonisée non loin de la route de Sauve. L’enquête de la Section de recherches de la gendarmerie de Nîmes est toujours en cours.
En novembre toujours, les manadiers apprenaient que leur assureur historique, Groupama, les lâchait au 31 décembre. Une mauvaise nouvelle pour les traditions locales, qui intervient après une année noire, avec quatre morts lors d’abrivados, bandidos ou encierros dont trois dans le Gard, à Générac, Aramon et Langlade, où la mort du journaliste Guillaume Di Grazia a eu un retentissement national. Alors les manadiers, via Nacioun Gardiano et la Confrérie des gardians, se sont mis en quête d’un nouvel assureur, et ils l’ont trouvé en la compagnie Dolce Vita Assurances, basée à Eygalières (Bouches-du-Rhône). « Ils vont assurer les manadiers qui font des abrivados ainsi que les gardians amateurs », confiait à Objectif Gard & Arles Frédéric Lescot, président de la Confrérie des gardians. Désormais, le combat est législatif : les manadiers, soutenus par de nombreux élus gardois, demandent à modifier la loi, qui rend le manadier systématiquement responsable en cas d’accident.
Dans les Cévennes, deux accidents tragiques ont marqué les deux derniers mois. Il y a eu d'abord l’accident de Saint-Brès le 22 novembre, lorsqu’un 4x4 fauche mortellement deux adolescents de 15 ans, puis une seconde voiture le père de l'une des deux victimes, le blessant grièvement. Puis, le 3 décembre, une Peugeot quitte la route dans le quartier Tamaris à Alès et finit sa course dans la piscine d'une maison. Le bilan est très lourd, avec trois morts, deux adolescents de 14 et 15 ans et un jeune homme de 19 ans. L’accident relancera le débat sur le protoxyde d’azote : le conducteur en avait consommé avant de prendre le volant. Définitivement, le gaz hilarant ne fait plus rire personne.
Le dernier mois de l’année sera aussi marqué par la colère des agriculteurs, qui se sont largement mobilisés le 16 décembre, notamment en bloquant les autoroutes à l'appel de la FNSEA. Un ras-le-bol qui vient de loin, encore aggravé par l'épidémie de dermatose nodulaire contagieuse dans les élevages bovins, qui donne des sueurs froides aux éleveurs taurins.
On termine cette dernière rétro de 2025 avec une belle histoire, celle des deux SDF anges-gardiens que notre journaliste Julia Razil vous relatait en novembre. Fin septembre, Théo (nom d’emprunt), 12 ans, élève de 5e au collège Mistral, à Arles, attend sa mère devant l'établissement. Il est alors abordé par un homme qui tente de le kidnapper. C'est alors que Farid, sans-abri de 53 ans, intervient pour mettre l'agresseur en fuite et le gamin en sécurité. L’agresseur, qui avait pris la fuite sur les quais du Rhône, sera rattrapé par un deuxième sans-abri, Donatien, 31 ans. Puis, aidé par d'autres SDF, il retiendra le suspect jusqu'à l’arrivée de la police. Depuis, les deux sans-abri et la famille du collégien sont restés en contact, et les grands-parents de Théo ont ouvert une cagnotte en ligne pour les aider. Entretemps, Donatien a trouvé un travail dans le Loir-et-Cher et Farid un foyer d'hébergement et de réinsertion. Quant à l’agresseur, un Roumain de 35 ans, il a écopé de deux ans de prison et d'une interdiction définitive du territoire français.