Depuis le 9 mars, l’espace Jan-Castagno, daté de 1989, est en pleine transformation. La mairie d’Alès a lancé un chantier de grande ampleur, divisé en trois phases, pour requalifier cet espace emblématique et historique du centre-ville. La première phase concerne le bas de l’espace, jusqu’à la rue du 19-Mars-1962, la deuxième le haut de la place, jusqu’à la rue Saint-Vincent, et la troisième la rue du 19-Mars-1962 elle-même. Chaque phase durera environ deux à trois mois, avec une pause estivale prévue en accord avec les commerçants, jusqu'à livraison mi-octobre.
Sécurisation, rénovation et rafraichissement
L’opération a débuté par l’abattage des cinq pins présents sur la place, "afin de garantir la sécurité des piétons et des riverains". Selon Christophe Rivenq, maire d’Alès, l'expertise régulière de ces pins a déterminé qu'"ils ne peuvent pas rester", d'autant plus que les branches touchaient les façades des bâtiments voisins. Deux accidents liés à des pavés soulevés par les racines avaient déjà été recensés. Un travail d’élagage a ainsi été mené du 9 au 14 février avant de retirer les souches et racines du 16 au 20 février.
Au-delà de l’abattage, le projet prévoit la replantation de nouveaux arbres, plus adaptés au climat local : "Les pins n’ont pas d’évapotranspiration et ne causent donc pas de fraîcheur, à l’inverse des platanes par exemple", rappelle le premier édile. La fontaine centrale sera rénovée et un nouveau système de collecte des déchets, avec enfouissement des conteneurs, sera mis en place.
"Le choix de maintenir un système piétonnier est au cœur de la démarche, avec une circulation autorisée uniquement pour les riverains et les livraisons des commerces. Un nouveau revêtement de qualité, similaire à celui déjà installé autour des halles de l’Abbaye, de la place de l’Abbaye et de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste, apportera une uniformité à l’ensemble du secteur", ajoute la municipalité.
Durant toute la durée du chantier, l’accès aux commerces sera garanti, afin de limiter les perturbations pour les habitants et les visiteurs. Les travaux incluent également l’inspection des réseaux souterrains et le déplacement de l’armoire France Télécom située en haut de l’espace.
Une bataille politique, administrative et judiciaire
En période électorale, cette décision a suscité une vive opposition. Face à l'urgence d'agir alors invoquée par Christophe Rivenq à l'approche de la tempête Nils, le candidat 'Alès c'est Vous' Paul Planque avait saisi le tribunal administratif de Nîmes sous le conseil d'un groupement d'avocats, qui affirmait : "Aucune étude phytosanitaire ne permet d’affirmer l’existence d’un danger pour la sécurité des personnes ou des biens ou un risque sanitaire rendant indispensable l’abattage de ces arbres. De plus, la bonne santé de ces arbres indique qu’un simple élagage des arbres serait suffisant pour garantir la sécurité publique que vous évoquez. Cette opération apparait gravement illégale, ces arbres objets étant protégés par le PLU de la commune et dans la mesure où ils constituent un alignement."
L'audience induite le 16 février n'a finalement pas constaté d'"atteintes graves" et a autorisé cet abattage.