Depuis 2014, inCIRCus défie les attentes et casse les codes en investissant l’espace public de Rochebelle, quartier prioritaire d’Alès. Façades, parkings, parcs et même le musée PAB (Pierre-André Benoît) deviennent le temps d’un week-end "une piste à ciel ouvert", où acrobaties, performances et installations participatives se mêlent au quotidien des habitants pour se muer en scènes vivantes. Cette 10ᵉ édition, placée sous le signe de l’audace et de la convivialité, rassemble une quinzaine de compagnies, une centaine d’artistes et techniciens, et près de 4 000 visiteurs attendus.
Le festival "n'a rien d'évident, et c'est précisément ce qui le rend exceptionnel". Il incarne surtout une double ambition : soutenir les écritures de cirque en espace public en offrant aux artistes un laboratoire unique, et faire de la culture un "vecteur de cohésion sociale". Plus de 25 structures partenaires — associations, écoles, bailleurs sociaux, acteurs environnementaux — s’impliquent en amont pour coconstruire cet événement. "Nous sommes un pôle national cirque, oui, mais davantage un espace de jeux où on apprend la vie en jouant", rappelle Sylviane Manuel, directrice de La Verrerie.
Un programme éclectique et engagé
Cette année, le premier festival de cirque in situ en France propose dix représentations, cinq présentations de maquettes, trois rendez-vous professionnels et vingt ateliers et animations. Parmi les temps forts, la compagnie Le Doux Supplice, associée à la Verrerie depuis 2016, présente sa première création in situ : une déambulation poétique dans le parc du musée PAB. Autre moment marquant, le collectif Protocole Improvisateurs Nés, en résidence pendant trois ans à La Verrerie, investit le même espace pour un festival de 12 heures, à vivre en 30 secondes ou toute une journée.
Le vendredi 12 juin sera consacré aux professionnels du cirque. Au programme : des rencontres internationales pour intégrer les jeunes équipes dans les réseaux du cirque et des arts de la rue, de 14h15 à 16h15, suivies de la présentation des cinq projets sélectionnés par un jury européen dans le cadre des Maquettes du PIPD CIRC INO, de 17h à 20h.
Samedi Bien : le quartier en fête
Le samedi 13 juin sera "la partie la plus participative", inCIRCus devenant une fête de quartier à part entière, "l'idée première" du festival. Dès 16h, Samedi Bien réunira habitants, familles et curieux autour de jeux, chants et rencontres. La soirée s’enchaîne avec des spectacles jusqu’au bal de clôture à 21 h 30, dont la piste de danse accueillera la première représentation de Dansoire Sauvage.
Une dynamique qui dépasse le festival
Pour Sylviane Manuel, "la vie sans culture, c’est juste pas possible. Il faut lancer, mais il faut aussi penser. Créer, résister, c’est faire de la place pour des choses qu’on n’imaginait pas, c’est voler du temps." inCIRCus n’est pas qu’un événement, c’est un projet de territoire. "On ne force pas la relation, on la propose". Ici, pas de repli sur soi : la culture se vit ensemble, entre associations, publics et artistes. "Faire société, c’est faire que chacun vive conjointement".
Malgré un budget serré, le festival tient bon, prouvant que la culture peut être un levier de transformation sociale. "Nous en sommes à dix ans de résistance, pour raconter ce qui a été et pourrait être. Nous devons résister au poison de la banalisation et nous garder du repli sur soi. La culture n'est pas à instrumentaliser, elle est à partager. On reviendra pour les 20 ans", promet-on déjà.
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