Publié il y a 1 h - Mise à jour le 10.06.2026 - Julia Razil - 3 min  - vu 134 fois

ARLES Grève à la clinique Jeanne-d'Arc : les salariés demandent le départ du directeur

J.Rz.

La clinique Jeanne-d'Arc a été paralysée ce mercredi 10 juin par une grève. Les salariés réclament le départ de leur directeur. Ce soir, une réunion de crise est toujours en cours.

On ne peut pas dire que les salariés de la clinique Jeanne-d'Arc, propriété du groupe Elsan, aient l’habitude de se mettre en grève. La dernière remonte à 2018, pour des négociations annuelles obligatoires (NAO) infructueuses. "Ça s’était réglé en une journée", se souviennent Violette Vigne et Chantal Delorme, membres du Comité social et économique (CSE). "Mais cette fois, on n'est pas sûres que ce soit aussi simple."

Ce mercredi 10 juin, dès 7 heures, les banderoles "Humilier n’est pas diriger", "Le respect n’est pas une option" ou encore "Démission de la direction" ornaient le portail et la façade de l’établissement. Les salariés du Groupement de coopération sanitaire (GCS) Clinique Jeanne-d'Arc ont déclenché "une grève illimitée et surprise". Pas de service d’urgences, donc pas d’obligation de préavis. Résultat : sur les 80 employés, plus des trois quarts étaient en grève ce mercredi. "Nous avons tout fait pour assurer les soins indispensables", insiste Violette Vigne. La décision de se mettre en grève n’a pas été prise à la légère. "Des opérations ont dû être reportées, des patients ont été impactés, et nous le regrettons profondément. Mais c’est devenu intenable."

Un climat social explosif

À l’origine de ce mouvement : "Un climat social et des conditions de travail qui se dégradent depuis un an, et l’arrivée du nouveau directeur." Les griefs sont nombreux : les salariés dénoncent "des décisions arbitraires et un management clivant, qui touche aussi bien les équipes médicales que paramédicales ; des mises à l’écart, voire des 'mises au placard' de certains professionnels ; des propos humiliants et dégradants de la part du directeur, etc."

J.Rz.

Les conséquences sont visibles : "Notre taux d’absentéisme a été multiplié par trois", explique Violette Vigne. Burn-out, accidents du travail… "Depuis un an, nous avons dû faire au moins un signalement par mois. Ces alertes sont restées sans réponse. La semaine dernière, il y a eu la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Une salariée est revenue après un long arrêt maladie. Tout avait été préparé en amont avec le directeur et la RH territoriale : une feuille de route avait été établie pour faciliter son retour. Le premier jour, il a tout balayé d’un revers de main. Elle a repris le travail dans des conditions épouvantables."

Face à des comportements et des propos jugés "humiliants et dégradants", les deux représentantes du personnel ont même quitté la dernière séance du CSE. "En trois mandats, on ne l’avait jamais fait", soulignent-elles.

Une seule exigence : le départ du directeur

Dans un contexte marqué par la préparation du transfert de la clinique vers l’hôpital en 2027, les salariés reconnaissent que "le timing est compliqué". "Mais cette grève est un mouvement social au sens propre du terme. On dit stop. On ne peut plus travailler avec cet homme. Ça fait un an qu’on alerte, et personne ne nous écoute !", martèlent-ils.

Dans un communiqué de presse, les salariés expliquent que le départ du directeur "s'inscrit également dans la perspective des négociations à venir et de l'accompagnement du projet de transfert du GCS vers le Centre hospitalier d'Arles." Hasard du calendrier, ce jeudi 11 juin, une action de la CGT de l'hôpital d'Arles se déroulera devant le centre hospitalier pour "dénoncer des dysfonctionnements graves".

Ce mercredi après-midi, et jusque dans la soirée, une réunion s'est tenue à la clinique en présence notamment de la directrice territoriale d'Elsan, de la RH territoriale, du directeur de la clinique Jeanne-d'Arc, de la déléguée syndicale CFDT. Ce soir, cette dernière fait savoir que "la grève est suspendue le temps de voir si les directives données par le territoire sont appliquées. Mais la pression reste active, prévient Aurore Desgrippes de Severac. Au moindre débordement, on reprend la grève."

Ce soir, la rédaction d'Objectif Gard & Arles n'était pas parvenue à joindre la direction de la clinique.

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