Les nids sont actuellement bien visibles, en cime ou en bout de branches, et selon les conditions météorologiques, les premières processions précoces peuvent être observées. Ces insectes constituent un risque sanitaire majeur. Leurs poils urticants peuvent provoquer des réactions sévères chez l’humain et représenter une véritable urgence vétérinaire pour les animaux domestiques.
Les processionnaires du pin (Thaumetopoea pityocampa D.&S.) et les processionnaires du chêne (Thaumetopea processionea L.) sont des insectes (papillons) qui, au stade chenille, sont recouverts de poils urticants. Ces poils, que l’on retrouve sur les chenilles du 3ᵉ au 5ᵉ stade larvaire, dans les cocons, dans les nids et dans les sites d'enfouissement, sont dangereux pour les humains et les animaux domestiques (chiens, chats…).
Ils peuvent être à l’origine de réactions graves (respiratoires, cutanées, des muqueuses ou de l’œil). C’est également une menace pour les exploitations forestières (défoliation des espèces présentes en exploitation forestière ou dans les parcelles urbaines).
Une plateforme interactive de signalement permet à chacun de contribuer à la surveillance nationale ici. Les signalements aident à mieux coordonner les actions de prévention et de lutte car il est important de noter que cette stratégie se met en place progressivement et qu’elle dépend entièrement des dynamiques territoriales, qui peuvent être très différentes d’un département à l’autre.
L’hiver est une période clé pour agir en prévention. Les collectivités disposent de leviers simples et efficaces. Repérer les nids présents sur les arbres du domaine public. Nommer un référent communal chenilles processionnaires, chargé de la surveillance et de la coordination locale. Programmer des interventions adaptées (échenillage, destruction mécanique des nids). Sensibiliser les agents et les habitants aux risques et aux bons comportements.
À noter que ces chenilles sont grégaires, elles vivent en groupe. Ainsi, si vous voyez une chenille poilue seule, il est peu probable qu’il s’agisse d’une chenille de processionnaire. Vous pouvez alors visiter la page dédiée aux autres chenilles poilues.
En cas de doute, il est conseillé de photographier la plante suspecte et de la transmettre à l’Observatoire des chenilles processionnaires pour identification (support-signalement(@)fredon-france.fr). Les FREDON régionales peuvent également fournir des conseils.
Comme son nom l’indique, la processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa D.&S.) est une espèce que l’on retrouve la plupart du temps sur des résineux. (Consultez la liste de ses arbres hôtes). Il est très rare de la croiser sur d’autres arbres.
La processionnaire du pin est un papillon qui fait partie de la famille des Notodontidae. L’insecte adulte est un papillon de 35 à 40 mm d’envergure. Les ailes antérieures sont grises, avec deux bandes foncées parallèles chez le mâle et les postérieures sont blanches, marquées d’une tache sombre à l’extrémité postérieure.
Sa chenille mesure de quelques millimètres (stade L1) à 40 mm de long (stade 4 ou 5), brune noirâtre avec des taches rougeâtres sur le dessus et les flancs. Sa face ventrale est jaune. Le corps est fortement velu et couvert de soies urticantes et allergisantes. Les chenilles marchent en procession et construisent des nids de soie aux extrémités des branches de pins et de cèdres, dont elles se nourrissent des aiguilles. Le stade de nymphose (phase de croissance entre le stade chenille et le stade papillon) se fait individuellement sous le sol, après descente de l’arbre.
Les processionnaires du pin adultes effectuent leurs vols de reproduction et la ponte entre juin et septembre. Les œufs éclosent entre fin juillet et début novembre. S’ensuit une période de nidification permettant le développement des cinq stades larvaires entre octobre et février.
Les chenilles quittent le nid pour s’enfouir sous terre entre janvier et mai : c’est la procession de nymphose, période pendant laquelle les chenilles sont particulièrement dangereuses pour l’Homme et les animaux car elles se situent au niveau du sol. Les descentes sont les plus massives en février-mars en zone méditerranéenne et en mars-avril pour le nord de la France.
À noter que ces périodes peuvent fortement varier selon les aléas climatiques et les régions biogéographiques : processions de famine parfois dès octobre, ou processions de nymphose plus tardives.