Nîmes
Publié il y a 15 jours - Mise à jour le 22.11.2022 - Abdel Samari - 2 min  - vu 4171 fois

L'INTERVIEW Frédéric Sanchez, du restaurant La Table du 2 : "Nous sommes sous protection le temps de trouver des solutions"

La table du 2

Le restaurant La Table du 2 au-dessus du Musée de la Romanité sous protection du tribunal de commerce, conséquence deux ans après du covid

- Norman Jardin

Confronté à des difficultés économiques post-covid, Frédéric Sanchez, gérant du restaurant bien connu à Nîmes La Table du 2, a décidé de mettre en place une procédure de sauvegarde pour se donner un peu d'air. Il nous explique tout cela.

Frédéric Sanchez
Frédéric Sanchez à droite de la photo, gérant du Restaurant La Table du 2 • Norman Jardin

Objectif Gard : Qu'est-ce qui vous a conduit à mettre en place une procédure de sauvegarde de votre restaurant ?

Frédéric Sanchez : La charge financière liée au PGE (prêt garanti par l'État) au moment du covid. Au lancement du restaurant, nous avions contracté un crédit pour démarrer l'activité. Notre remboursement était de 110 000 euros chaque année. La crise covid est arrivée et a entraîné de nombreuses semaines de fermeture. Pour faire face, nous avons souscrit un premier PGE en mai 2020 puis un second en décembre 2020. Nous avons donc commencé à rembourser le premier en mai dernier. Et à la fin de l'année, avec les premières échéances du second prêt, nous avons rapidement compris que le montant de la dette serait difficile à surmonter et certainement pas absorbable par l'activité du restaurant.

Le Gouvernement, l'État a souvent rappelé qu'ils seraient aux côtés des entreprises, particulièrement celles directement impactées par les fermetures administratives. Ce n'est pas le cas ?

Je suis un bon élève, j'ai tapé à toutes les portes. En avril dernier, l'État a annoncé une procédure spéciale pour les entreprises qui ne parvenaient pas à rembourser le PGE. Un conseiller départemental de "sortie de crise" a été nommé dans le Gard. Il est présent à la cellule économique des impôts. En dépit d'avoir monté un dossier de plus de 20 pages détaillant l'ensemble de nos difficultés cet été, à la fin du mois d'octobre, je n'ai eu aucune nouvelles.

Il me restait quoi comme solution ?

Frédéric Sanchez

Et pendant ce temps-là, vous avez continué à payer le PGE...

Exactement. Vous savez, les deux PGE, nous les avons souscrits parce que nous avons des salariés. Et jusqu'en décembre 2020, nous n'avons reçu aucune indemnisation suite à la crise covid et aux fermetures multiples. Il me restait quoi comme solution ? Licencier ? Offrir un service moins qualitatif ? J'ai donc pris la décision, avec mes conseils fiscaux et en lien avec les salariés, de nous mettre sous protection le temps de trouver des solutions.

Mais votre affaire, La Table du 2, n'est pas du tout en redressement judiciaire aujourd'hui. Elle est dans le cadre d'une procédure de sauvegarde. Cela n'a rien à avoir, non ?

Je vous le confirme. J'ai anticipé le risque avant l'hiver, avant le déclenchement des premiers remboursements du second PGE. En responsabilité. Le restaurant n'est pas en danger. Nous avons simplement donné un peu de perspective avec cette procédure de sauvegarde qui nous permet sur les 12 prochains mois de trouver des solutions pour étaler les dettes du PGE. Nous ne demandons pas un effacement des crédits, mais un étalement plus long dans le temps. Dans trois ans, nous aurons fini de rembourser le prêt initial de lancement de l'activité. On y verra plus clair. J'ajoute que la procédure de sauvegarde est toujours à l'initiative du chef d'entreprise, ce qui n'est pas le cas d'un redressement judiciaire. Moi, je suis dans l'anticipation pour sauvegarder l'activité et mon personnel qui n'a rien lâché y compris durant les périodes difficiles liées au covid.

Abdel Samari

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