"Je préfère que mes enfants mangent mal, mais en sécurité, plutôt qu’ils mangent bien et prennent une balle dans la tête." La peur de Kimberley, maman d'élève à l'école publique de Tamaris, ne peut qu'être comprise au vu de la situation vécue le 6 janvier dernier, lorsque trois de ses enfants et une cinquantaine d'autres sont passés tout près d'une fusillade, aux abords de la cantine de l’école publique Germaine-Tillion, où ils mangent tous les midis de la semaine, dans le quartier des Prés Saint-Jean. "S'il faut garder les enfants moi-même entre midi et deux, et qu'ils mangent des repas froids, je le ferai", abonde Émilie, maman de deux enfants.
Une situation qui s'ajoute à un contexte déjà complexe pour les familles : "Ils ont deux heures de pause repas, mais n'ont que quinze minutes pour manger. Le bus part à 11h30, il passe aux Cévennes, à La Royale et aux Prés Saint-Jean, tout ça aller-retour. Et les plus petits doivent être accompagnés, ils ont besoin de la pause pipi, de se laver les mains, etc.", ajoute Jessica Bouziane, qui a déjà retiré ses enfants de la cantine.
L'inquiétude des familles a été renforcée par une absence de communication immédiate par les équipes municipales. Un délai dû au "respect des procédures en vigueur, afin d'éviter toute communication prématurée ou anxiogène" à un horaire, 13h, où "tous les enfants avaient quitté les lieux", répond la mairie.
Des solutions espérées, mais en suspens
Face à cette "inquiétude légitime", une patrouille de police municipale sera présente aux heures d'entrée et de sortie des élèves, doublée d'une coordination avec la police nationale et d'un "suivi spécifique et resserré des points sensibles" autour des établissements.
"Au lieu de construire des logements, ils devraient faire une cantine ici. On nous dit qu'il n'y a pas de moyen, mais on peut faire autrement !", rétorquent les mamans. Malheureusement, déjà étudiée par la municipalité, la création d'une restauration scolaire à Tamaris "se heurte à des contraintes matérielles et sanitaires importantes qui ne permettraient pas d'offrir aux enfants des conditions acceptables et durables".
Un transfert vers une autre cantine est aussi impossible à ce jour, puisque chacun des points existants a atteint sa capacité maximale, en attendant celui de la montée de Silhol, en cours de travaux et "prêt pour 2027", annonce Christian Chambon, adjoint à l'Éducation.