Après la semaine dernière et une première partie de course un peu spéciale avec la mort en piste du pauvre Santorin de chez Saumade et un Lucas Lopez des grands jours, la seconde partie du Grand Prix de la Ville de Nîmes avait lieu pour départager les choses.
La chaleur est nettement moins présente et oppressante, les conditions sont moins estivales mais les passionnés et les curieux sont venus faire un tour pour voir ce que cette seconde course pouvait bien donner.
« Nous ne sommes pas allés à la plage à cause du temps, il fait encore un peu chaud, on en profite parce que tout à l’heure il doit pleuvoir ! Nous sommes venus aux Jeudis de Nîmes, nous sommes avec des amis italiens qui ne connaissent pas l’art de vivre ici alors, on enchaîne la course et l’apéro tardif ! » expliquent Maeva et Enrique.
En effet, dans les gradins et comme la semaine dernière, les passionnés de bouvine sont là mais les badauds sont en surnombre. « On ne connaît pas du tout. On aurait aimé voir une corrida mais il n’y en a pas tout le temps. Je sais que les taureaux sont différents et qu’on ne les tue pas. On joue avec en essayant de leur voler leurs attributs. Enfin c’est ce que j’ai compris ! J’ai même pris des jumelles pour mieux comprendre. » En tout cas la soirée sera belle !
En piste, les taureaux appelés à faire vibrer les étagères sont Danilo de Blatière, Modeste de Lautier, Figari de Méjanes, Novillero de Bon, Villaret de Cuillé, Malagroy de Fabre-Mailhan et bien entendu l’impétueux Spartacus de Laurent. Junon (Cuillé) et Hoffman (Blatière), prévus initialement au programme, sont blessés.
Les hommes en blanc qui doivent les affronter ? Tom Charrade, Lucas Lopez, Leandro Leal, Ziko Katif, François Martin, Émeric Assenat, Vincent Félix. En jeu, le Grand Prix de la Ville de Nîmes 2026.
Vincent Félix coupe la première cocarde quand le premier Carmen est entendu après une action de Lopez sur Danilo (qui a mis une éternité à rentrer au toril). Ce même Lopez enlèvera la cocarde dans la foulée.
Modeste, applaudit à son entrée en piste, se réfugie aux planches à l’endroit même que Danilo avait privilégié. Vincent Félix enlève la cocarde. Le premier gland va à Katif, le second à Lopez. Avec Leal, les trois raseteurs se mettent en valeur mais nul ne saura aller titiller le cornu dans son terrain.
Figari, se livre d’emblée et perd cocarde et glands très rapidement. Il saura conserver ses ficelles plus longtemps, jusqu’à ce que Lopez coupe la première et Assenat la seconde. Un taureau mobile qui est élégant et plaisant à voir.
Novillero. Avec lui, Charrade, Lopez et Leal s’illustrent d’abord, Assenat, Félix et Martin ensuite. Le taureau est plaisant à voir, il évolue bien sur la grande piste de l’amphithéâtre, poussant les raseteurs dans leurs retranchements quand ils arrivaient aux planches. De belles actions qui viennent rehausser la valeur de la course. En fin de course, Novillero saute en contre piste, le public frémit, adore.
Villaret, taureau qui met la tête et le buste, qui accompagne les belles envolées et qui déclenche souvent Carment. Mobile et vif, il sait jouer le jeu sans se mettre en défaut. Félix coupe le premier gland. Peu à peu, le cornu se fatigue mais l’intensité de ses charges se poursuit. Katif coupe la première ficelle que Lopez aurait pu prendre. Meilleur taureau du jour.
Malagroy. Pour lui, les débuts sont plutôt bons mais le combat s’estompe à la première ficelle. Avant cela, Charrade, Martin et Félix se sont mis en valeur. Une opposition plus fade, un taureau plus difficile à comprendre. Leal coupe la première et seule ficelle.
Spartacus, pour finir dans l’amphithéâtre, devait sonner une autre révolte. Avec lui, pas de points pour le trophée taurin et une présence plus courte en piste. Il faut dire que Spartacus fait peur ! Sa tête suit constamment les fessiers blancs. Les rasets se font rares mais plus intelligents et intenses en émotions. Martin coupe la cocarde, Assenat les deux glands. Spartacus se livre de plus en plus mais demeure un danger, véloce et mettant volontiers la tête.
Lucas Lopez remporte le Grand Prix de la Ville de Nîmes et Vicaire de chez Saumade celui du meilleur taureau. Coup de cœur à la manade Laurent pour ses trois taureaux.