Publié il y a 1 an - Mise à jour le 06.03.2023 - Marie Meunier - 3 min  - vu 538 fois

SAINT-JULIEN-DE-PEYROLAS Bientôt un générateur pour se prémunir des effets dévastateurs de la grêle

Onze appareils de ce type ont déjà été installés sur le territoire de l'Agglomération du Gard rhodanien.
réunion prévi grêle saint julien de peyrolas

Une réunion a été organisée la semaine dernière pour déterminer où sera installé le futur générateur terrestre à vortex et désigner les trois opérateurs bénévoles en charge de l'allumer à chaque alerte météo. 

- photo Marie Meunier

La grêle est l'un des phénomènes météorologiques les plus difficiles à prévoir. Problème, elle peut causer de nombreux dégâts sur les cultures, les toitures et la végétation. Pour réduire les risques, la commune de Saint-Julien-de-Peyrolas, aux confins du Gard et de l'Ardèche, a décidé de financer l'installation d'un générateur terrestre à vortex. 

Le 23 mars prochain, un drôle d'appareil devrait être installé au domaine Le Chapelier, à Saint-Julien-de-Peyrolas. Il s'agit d'un générateur terrestre à vortex. Quand il est enclenché, il est capable d'envoyer jusqu'à 200 milliards de particules d'iodure d'argent par seconde dans un nuage.

Les particules vont devenir des noyaux glaçogènes artificiels. Le nombre de grêlons qui tomberont au sol va donc augmenter, mais parallèlement leur taille va aussi être réduite et les dégâts causés seront moins importants. "Au lieu d'avoir des balles de tennis, on va avoir des grains de riz. Avec un peu de chance, ça arrivera même au sol fondu", image Sandra Scavennec, coordinatrice du réseau Prévi-grêle. 

Carte localisant les générateurs terrestres à vortex. • carte Prévi-grêle

Prévi-grêle, c'est une association qui a été fondée à Cavaillon en 1997. Depuis, elle a installé 172 générateurs terrestres à vortex sur cinq départements (Vaucluse, Bouches-du-Rhône, Ardèche, Drôme et Gard). Dans le Gard, la plupart des générateurs sont installés sur le territoire de l'Agglomération du Gard rhodanien et aux alentours.

Depuis 2014, cette intercommunalité, où la viticulture est très présente, a noué un partenariat avec Prévi-grêle. Chaque année, une subvention est versée (environ 25 000€ pour 2023, NDLR) pour financer l'approvisionnement en iodure d'argent et le fonctionnement de onze générateurs (*). En 2020, un important épisode de grêle s'était d'ailleurs abattu sur le secteur de Lirac/Tavel, causant d'importants dégâts. Les deux communes ont été équipées de trois générateurs supplémentaires depuis.

Malgré le développement du nombre de générateurs, le réseau reste insuffisant dans le Gard pour assurer une efficacité optimum : "Il manque surtout une expansion côté Cévennes pour pallier le risque encouru lors d'orages cévenols hyper actifs", soutient Sandra Scavannec. Aux endroits où il y a assez de générateurs, le taux d'efficacité contre la grêle est estimé à 60%. Pour se rapprocher de ce pourcentage et mieux protéger la commune, la municipalité de Saint-Julien-de-Peyrolas a décidé de financer un forfait de 1 807€ pour installer un générateur supplémentaire au contrat déjà passé avec l'Agglomération du Gard rhodanien.

Le 20 juillet 2014, la grêle avait causé des dégâts dans le village

Le maire, Claude Salau contextualise : "On pense aux cultures, aux biens privés. Peut-être que pendant des années, il ne va pas grêler, mais il suffit d'une fois. Les toitures sont de plus en plus équipées de panneaux photovoltaïques. Les assurances ne remboursent pas toujours tout et pour obtenir le classement en catastrophe naturelle, c'est de plus en plus compliqué."

Tout le village de Saint-Julien-de-Peyrolas a encore en tête le 20 juillet 2014 où la grêle avait fait d'importants dégâts : "J'ai tout perdu ce jour-là. On n'a rien pu prévoir. Il y en a eu pour 50 000€ de pertes en 10 secondes. J'étais jeune, dynamique, je me suis relevé, mais si on peut avoir un outil efficient, ce serait bien", témoigne Maximin Jullien. 

Dans la salle, les agriculteurs et habitants présents sont tous de son avis. Lui et deux autres personnes se sont portées volontaires pour devenir opérateurs. C'est-à-dire que ce sera l'un d'eux qui mettra en route le générateur et l'éteindra avant et après chaque alerte grêle. Il y en a 20 par an en moyenne. Elles peuvent durer 8h à 24h.

Prévi-grêle s'appuie sur les données de Keraunos, l'observatoire français des tornades et orages violents, pour lancer ses alertes. Certains agriculteurs se demandent tout de même quel impact environnemental aura l'appareil et la solution projetée dans les nuages. La coordinatrice de Prévi-grêle se veut rassurante : "On retrouve l'iodure d'argent déjà partout dans notre environnement. Les dernières études montrent qu'il n'y a pas de différence de sol avant et après usage. L'utilisation des générateurs n'engendre pas d'odeur, ne fait pas de bruit non plus, à la différence des canons ultrason."

* Les générateurs terrestres à vortex, financés dans le cadre de la convention avec l'Agglomération du Gard rhodanien, sont installés à Bagnols-sur-Cèze, Cavillargues, Goudargues, Laval-Saint-Roman, Saint-Gervais, Saint-Paul-les-Fonts, Saint-Paulet-de-Caisson, Tavel, Tresques, Vénéjan et Verfeuil. D'autres générateurs sont implantés aussi à Beaucaire, Domazan, La-Capelle-et-Masmolène, Lirac, Potelières, Pujaut, Roquemaure, Saint-Ambroix, Saint-Géniès-de-Comolas, Saint-Gilles, Saint-Jean-de-Maruéjols, Saint-Quentin-la-Poterie et Vallérargues. Leur financement est assuré pour certains par les communes et pour d'autres par des groupements professionnels agricoles : cave, ASA, CUMA.

Marie Meunier

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