Objectif Gard : Vous êtes candidat à un deuxième mandat. Pourquoi ?
Olivier Gaillard : Nous souhaitons poursuivre les opérations structurantes engagées. En accord avec l’ensemble de mes colistiers du dernier mandat, j’ai décidé de me représenter. Je repars avec l’ensemble des élus sortants. C’est une vraie fierté et un signal fort. Sur la liste, nous allons accueillir cinq nouvelles personnes. Cela va amener de la fraicheur, de l’énergie et des compétences complémentaires. Nous n’avons pas pu répondre favorablement à toutes les demandes pour intégrer notre liste. Du coup, ces personnes s’investiront, peut-être, au travers de commissions extra-municipales ou autres actions.
La commune a-t-elle déjà mise en place ce type de commission ?
Oui, pour la réhabilitation du centre ancien, en 2012 et qui a continué jusqu’à la fin des travaux. Cela a très bien fonctionné. Ces commissions se composent d’élus, dont le nombre peut varier, et d’habitants de la commune qui participent en tant qu’acteurs du quotidien de la commune. Ils sont source de propositions par exemple par rapport aux choix des matériaux, à la problématique du handicap, des stationnements… J’ai eu la chance d’avoir des personnes qui se sont vraiment appropriées le projet. Et donc, qui l’ont défendu et porté au niveau communal. Aujourd’hui, nous réfléchissons à créer d’autres commissions extra-municipales ou à organiser des réunions publiques sur des thématiques bien précises, comme par exemple la végétalisation du centre ancien.
Logements à Sauve : 25% de résidences secondaires
Comment définiriez-vous votre commune ?
Sauve est une commune rurale, touristique, attractive. Mais nous en payons le prix fort avec plus de 25% de résidences secondaire et faisons partie des 3 700 communes de France qui ont eu le droit de mettre en place la majoration de la taxe d’habitation sur ces résidences. Nous avons la chance d’avoir un patrimoine culturel, environnemental et patrimonial d’exception, des artistes et artisans d’art, de nombreuses nationalités. Mais il est très difficile de se loger sur Sauve et de répondre aux nombreuses demandes d’installations.
C’est votre premier mandat en tant que maire. Auparavant, vous étiez premier adjoint, président de l’intercommunalité Piémont Cévenol puis député. Qu’est-ce que ce mandat de premier magistrat vous a appris ?
Cette fonction ne m’a pas tellement changé… Certes l’on est un plus sollicité mais, comme j’ai connu cela en tant que premier adjoint je n’ai pas vu de grands changements. C’est ainsi que j’ai fait perdurer mes permanences hebdomadaires. J’en fait en moyenne 45 permanences par an. Le mandat de maire est un engagement une passion, un véritable sacerdoce républicain.
Quel bilan faites-vous de ce mandat ?
Avec humilité, un bilan positif ! Nous avons investi 10,3 M€ sur la commune sur les six dernières années et nous avons bénéficié de plus près de 5,6 M€ de subventions publiques. Tout cela sans augmentation d’impôt ! Les faits majeurs, c’est bien sûr la construction du city park et du skate park avec, à côté, un théâtre de verdure où l’on peut accueillir bon nombre de manifestations. Il y a, bien sûr, la poursuite du centre ancien. Nous avons lancé la rénovation énergétique et l’accessibilité de la mairie. Il en est de même pour la toiture de l’église et le monument aux morts.
Des travaux sont engagés sur la route départementale...
Oui, nous avons également porté la mise en sécurité de la route départementale 999 et crée un parking naturel de près de 150 places en bord de Vidourle. Sur le bilan, je peux ajouter qu'au-delà des subventions et du soutien aux associations, nous avons réussi à mettre en place le festival Label Rue avec Eurek’Art. Nous avons instauré le bio dans la cantine, soit 25 000 repas par an, l’installation de boites à livres et mis en place un périmètre de protection des espaces naturels sensibles et beaucoup d’actions au quotidien.
Que souhaitez-vous mettre en places ces six prochaines années pour les Sauvains ?
Nous souhaitons, entre autre, finaliser les travaux du centre ancien avec la mise en discrétion des réseaux secs et humides, sa végétalisation. Nous souhaitons créer un pumptrack, soutenir la réhabilitation et l’extension l’extension de la maison de retraite, démarrer la rénovation énergétique du groupe scolaire. Mais également travailler sur un poumon vert dans les quartiers nouveaux, la mise en place d’un atlas de la biodiversité, la poursuite de plantation d’arbres, la vidéo protection sur les sites sensibles, et d’autres actions et investissements que nous présenterons lors d’une réunion publique.
Vous n’avez pas de concurrence à Sauve. Le regrettez-vous ? Il n’y a pas de suspense sur votre réélection…
Être la seule liste ne change rien à notre état d’esprit. Nous ne considérons jamais rien comme acquis. La confiance des habitants se mérite chaque jour. Nous repartons avec humilité, avec l’envie de poursuivre les projets engagés et de continuer à travailler, simplement au service de tous.
Que devient votre opposante et ancienne maire, Alexandra Masot ?
Ma bienveillance et mon éducation font que je n’ai pas pour habitude de tirer sur l’ambulance… Il est encore plus difficile de parler de quelqu’un qui a déserté le conseil municipal depuis bientôt cinq ans… sur un mandat de six ans !
Vous avez été agressé l’an dernier à la mairie. Quel regard portez-vous sur l’évolution du lien entre élus et administrés ?
Ce qui prédomine chez les gens, c’est l’impatience, l’incompréhension. On est à portée de baffe et la réalité, c’est que le phénomène s’accentue. Il y a parfois un refus de comprendre la réglementation, les procédures administratives. Çelà provoque parfois un sentiment d’agacement, d’énervement et parfois de violence.
Reprise de l'office du tourisme : « Il n’y avait pas de vision territoriale »
Un mot sur l’intercommunalité. Quelles relations avez-vous avec le président Fabien Cruveiller ?
J’ai des relations normales amicales, courtoises. Chacun mène et gère sa collectivité comme bon lui semble. Nous ne sommes pas tous pareils.
Vous avez toutefois repris en main la gestion de votre office du tourisme qui avait été transféré à l’intercommunalité. Pourquoi ?
C’est le législateur qui nous a donné cette opportunité en revenant sur le transfert obligatoire de la compétence Tourisme. La raison est simple : cela ne fonctionnait pas et les communes l’ont très bien compris puisque 32 sur 34 ont validé le principe de rendre à Sauve la compétence Tourisme. Il n’y avait pas de vision territoriale par rapport à la richesse de notre territoire communal. Par exemple, sur l’accompagnement des projets, des professionnels, des horaires d’accueil… La politique intercommunale n’était pas en adéquation avec la réalité du territoire. Il n’a pas été facile de convaincre les élus mais nous avons fini par réussir. Aujourd’hui, notre office fonctionne très bien. Un seul et premier chiffre marquant : + 160% de fréquentation de l’office de tourisme en 2025. Malgré ce, nous travaillons à retrouver des relations seines et apaisées avec le Piemont Cevenol dabs l’intérêt du territoire.
Souhaitez-vous, de nouveau, présider cette intercommunalité après les municipales ?
Le sujet n’est pas d’actualité. Nous sommes actuellement en pleine campagne électorale pour les municipales. La seule certitude que j’ai, c’est que la commune de Sauve va peser de tout son poids par rapport à l’avenir du Piémont cévenol.
« En France quand une procédure marche, on en change ! »
Vous êtes élu au Conseil départemental depuis 2008. Aujourd’hui vous êtes chargé de l’eau, de l’assainissement et des déplacements doux. Votre qualité de conseiller départemental est-elle un plus pour le territoire ?
En soi, pas vraiment… Je bénéficie des mêmes subventions que les autres communes. En revanche, avec l’expérience, on sait où aller pour chercher des subventions. On gagne un temps fou ! Dans le contrat territorial avec le Conseil départemental (subventions versées par le Département aux mairies, ndlr), nous en avons bénéficié pour la sécurisation de la route départementale, la réhabilitation, rénovation du centre ancien, la végétalisation des cours d’écoles, la mairie… Dès que les travaux sont finis, je travaille par anticipation en planning masqué pour aller demander une nouvelle subvention ! Mais également auprès de la Région et de l’Etat
Un mot sur les prochaines sénatoriales. Elles auront lieu après les municipales de mars, soit en septembre 2026. Comment votre « ami », le sénateur PS Denis Bouad, a-t-il été utile pour votre territoire ?
Il répond à chacune de mes sollicitations. C’est important pour un maire d’avoir un relais entre ce qu’il se passe sur le terrain et à Paris. Le dernier sujet en date, c’est la problématique du recouvrement de la taxe d’aménagement. La loi a changé, au niveau de l’État avec la direction des finances publiques qui est à présent aux manettes pour recouvrir cette taxe. Résultat, le déclenchement des paiements prend beaucoup de retard… On ne les a toujours pas encaissés ! En France quand une procédure marche, on en change ! Chercher l’erreur...
Vous allez avoir 60 ans. Finalement, c’est jeune en politique. Votre expérience à l’Assemblée nationale n’a pas été très heureuse, puisque vous avez démissionné pour rester maire de Sauve. Comment voyez-vous la poursuite de votre carrière publique ?
D’abord il vous faudrait tenir à jour votre calendrier des anniversaires, j'ai 59 ans (Rires) ! Plus sérieusement, ce n’est pas une question de bonheur ou de malheur. La vie publique comporte des réussites et des moments plus complexes. Cette période en tant que deputé m’a beaucoup appris, notamment l’importance du terrain et du lien direct avec les habitants. C’est d’ailleurs ce qui me motive le plus aujourd’hui. Enfin sachez qu’en politique, l’âge compte moins que l’énergie et la sincérité de l’engagement.