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NÎMES : Zoom sur ces « data journalistes »

Source : Owni.fr

Data, traduisez par "données"... Des données numériques que les journalistes croisent, répertorient à des fins journalistiques ! Hier soir, au Café Olive de Nîmes, la nouvelle association des journalistes du Gard a invité Sylvain Lapoix, data journaliste à Owni.fr, qui a insisté sur l'importance et la vérification des sources. Primordiales dans la profession. 

Et la palme des bêtises dites pendant la campagne présidentielle revient à… "François Bayrou et Marine Le Pen", annonce Sylvain Lapoix, data journaliste pour le site Owni.fr. Hier soir, à l'initiative de l'association des journalistes du Gard, ce "maniaque de l'info" est venu présenter son activité aux journalistes nîmois. L'ambiance était chaleureuse… Les jeunes journalistes, intrigués, s'agglutinaient devant l'invité. A 29 ans, Sylvain Lapoix manie le portable plus vite que son ombre et surfe sur internet à vitesse grand V. Durant la campagne électorale, l'équipe du site d'information Owni a effectué un véritable "travail de fourmis" pour écouter, retranscrire et stocker les discours des prétendants à l'Elysée. Une fois ces données classées, chiffres où petites phrases percutantes, "il suffisait de rechercher des mots ou des chiffres puis de les comparer avec les propos précédents", explique Sylvain Lapoix.

C'est à partir de là que le travail de journaliste commence ! "Il faut vérifier les sources", martèle ce fondu de données numériques. D'ailleurs, si "Jean-Luc Mélenchon fut le plus cohérent" dans ses discours de campagne, il n'a pas échappé au "véritomètre". "Le candidat du Front de gauche a expliqué que l'augmentation du SMIC qu'il proposait était une mesure sociale mais aussi féministe, puisque '80% des femmes sont au SMIC'. Nous avons cherché ses sources : il s'agissait d'un étude de 1995 ! Or, une étude plus récente, que nous avons trouvée, affirmait que 60% des femmes étaient au SMIC".

"Nous utilisons des données à des fins journalistiques", précise Sylvain, qui fait part de son expertise aux autres médias et aux étudiants. Néanmoins, cette activité "n'est pas rentable et coûte plus chère qu'elle ne rapporte, à l'image des grands reporters ou du journalisme d'investigation". Des pratiques pourtant fondamentales à ce métier et "que les journalistes doivent défendre", explique à l'unisson, Ludovic Labastroux, journaliste à France Bleu Gard Lozère et Sophie Vaneecke, journaliste au Réveil du midi.

D'où la naissance de l'association des journalistes du Gard, toujours en cours de création. Uniquement composée de journalistes, celle-ci a pour ambition d'être "un espace de rencontres", entre les professionnels, qui pourront ainsi échanger sur "les conditions et les réelles difficultés du métier", explique le journaliste. Et d'insister :"nous ne sommes pas contre le club de la presse. Nous sommes différents".

Si le métier de journaliste attire toujours, pour la première fois depuis 30 ans, le nombre  "d'encartés" a baissé en 2010, passant de 37.904 en 2009 à 37.415. De plus, la profession se précarise : aujourd'hui, 60% des contrats proposés aux journalistes encartés de moins de 26 ans sont des CDD. Source : la CCPJ (Commission de la Carte Professionnelle des Journalistes) !

Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com


Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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