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CHEMIN-BAS Les enfants laissés aux portes des écoles… sur ordre des parents !

Au Chemin-Bas d'Avignon, trois écoles ont été bloquées par les parents d'élèves ce lundi matin. Photo DR/S.Ma

Lundi 4 février, 8h15 devant les écoles Jean Zay, Georges Bruguier et Jean Moulin au cœur du Chemin-Bas d'Avignon à Nîmes. Cartable ou sac à dos accroché à leurs épaules, plusieurs centaines d'élèves sont restés à la porte de leur établissement... sur ordre de leurs parents.

Des parents en colère. En cause l'élaboration d'une nouvelle carte scolaire pour la rentrée 2013-2014 qui "pénalise fortement" les trois écoles inclues dans le réseau ECLAIR. Il est question pour deux d'entre elles, Georges Bruguier et Jean Moulin, de la suppression d'une classe. "Actuellement, nous avons 10 classes pour 206 élèves, ce qui donne une moyenne de 21,5 enfants par classe. À la rentrée prochaine, les effectifs annoncés montent à 221 élèves, ce qui fera basculer la moyenne à 24,5 élèves par classe" précise Monsieur Boissier, le directeur de l'école Georges Bruguier. Autre nouveauté pour cet établissement, la création de trois cours double (CP-CE1/CE1-CE2/CM1-CM2). "Les conditions de travail deviennent très difficiles." Pour les enseignants tout comme pour les élèves "dont une quarantaine ont particulièrement besoin d'aide" reprend le directeur qui renchérit : "Nous avons bien une maîtresse spécialisée (dans le cadre du dispositif RASED), mais elle doit répartir son temps de travail sur cinq établissements. Nous en demandons une à temps plein pour aider nos élèves."

Devant l'école maternelle Jean Zay, certains parents, agacés de devoir perdre une journée de travail, n'ont joué la carte de la solidarité. Photo DR/S.Ma

Le son de cloche est le même, le long de l'avenue Bir Hakeim, devant les portes de l'école maternelle Jean Zay. Là aussi, une poignée de parents d'élèves font entendre leur voix pour sauvegarder un poste menacé. Un coup de gueule qui a toutefois agacé d'autres parents qui eux, n'ont pu s'empêcher de penser à la journée de travail et donc l'argent qu'ils allaient perdre pour cause d'école bloquée. Agacement ou pas, ils ont quitté les lieux leur(s) enfant(s) au bout du bras. "Non à la fermeture !" ont repris de plus belle les autres inquiets pour l'avenir de leurs bambins. Une inquiétude partagée par la directrice de l'école, Françoise Pawlowski, qui a appris la mauvaise nouvelle par le biais d'une organisation syndicale : "L'inspecteur académique n'a même pas pris la peine de nous contacter pour nous annoncer son projet." Si les propositions de l'Inspection académique sont validées au terme du conseil départemental de l'éducation nationale (CDEN) du 18 février prochain, la maternelle Jean Zay devra passer de cinq à quatre classes pour 123 élèves annoncés à la rentrée 2013-2014. "Nous allons passer à 31 enfants par classe en moyenne avec des élèves handicapés (quatre pour l'année scolaire 2012-2013) et des primo-arrivants qui ont besoin d'une attention particulière."

École Jean Moulin, toujours pas de classe supplémentaire

Du côté de l'école Jean Moulin, ce n'est pas la suppression d'une classe qui fait jaser mais plutôt le refus de longue date de la part de l'Inspection académique de créer un poste. Avec leurs 130 élèves prévus à la rentrée prochaine et seulement cinq classes, Johann Mouysset, directeur de Jean Moulin, et son équipe d'enseignants, ne devraient cette année encore pas avoir gain de cause. "Le travail individuel n'est plus possible, nous sommes obligés de travailler en groupe, ce qui n'est pas dans l'intérêt des enfants" commente l'une des enseignantes de l'établissement qui accueille aussi des élèves handicapés ainsi que des primo-arrivants. "Même d'un point de vue logistique ça devient compliqué, les classes sont pleines !"

Les directeurs des trois écoles inclues dans le réseau ECLAIR ont été entendus par Olivier Lange, l'attaché parlementaire de la députée Françoise Dumas, ce lundi 4 février. Dès demain, jour du comité technique au sujet de la nouvelle carte scolaire, les parents d'élèves poursuivront et même durciront leur mouvement avec une opération occupation des classes avant de participer à un "pique-nique" devant les locaux de l'Inspection académique à Nîmes.

Stéphanie MARIN

stephanie.marin@objectifgard.com

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