A la uneEcologie.EconomiePolitiquePolitique.

GARD ENVIRONNEMENT Le Gaz qui fait « Houille »!

En avril, une quarantaine de membres de collectifs anti gaz de schistes du nord du Gard se sont réunis à Alès pour distribuer des tracts dénonçant les actions du groupe Total. Photo /DRç

Depuis Lyon, l'annonce du ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, s'estimant favorable à l'exploration du gaz de houille a créé une onde de choc en terres gardoises, où les militants écologistes de l'inter-collectif du 22 septembre n'ont pas tardé à réagir.

Rappel des faits

C'est sur le plateau de France 2, le 24 janvier, que le ministre du redressement productif, enthousiaste, a annoncé qu'une ressource énergétique serait bientôt exploitée en Lorraine. Hier, à l'occasion du comité stratégique de la filière chimie, Arnaud Montebourg, a réitéré sa position favorable concernant l'exploitation du gaz de houille, estimant qu'il s'agissait d'une filière d'avenir pour le "made in France". Et d'évoquer la création de 400 emplois en Lorraine, et pourquoi pas dans le midi en Cévennes où se trouvent d'anciennes mines de charbon.

Pourquoi Maintenant ?

Détracteurs et partisans ne sont pas dupes… Le gaz de houille est loin d'être une nouveauté ! Contrairement à son exploitation, qui s'apparente être un message "d'espoir" en temps de crise, lancé à l'opinion publique. L'actualité reste monopolisée par l'industrie automobile et ses plans sociaux… D'autres secteurs de production sont menacés, tels que, dans le Gard, l'entreprise Moncigale, Jallatte ou Shelbox.

Qu'est-ce que le "gaz de houille" ? 

Mais alors, qu'est-ce que ce gaz "made in France", qui apparait subitement dans le débat public ? Appelé "gaz grisou", ce gaz, principalement composé de méthane, dort en très grande quantité dans les gisements charbonniers abandonnés en France. Généré par ces roches charbonneuses, il faisait la terreur des "gueules noires", chères à Zola.

Les arguments des "pour" et les "contre"

L'argent et l'emploi. C'est le fil rouge d'Arnaud Montebourg. Ce matin sur RTL, le ministre a déclaré : "nous importons 20% de notre gaz à prix d'or. On nous dit, on ne veut pas de gaz de schiste à cause de la fracture hydraulique. On trouve le gaz de houille (…) Il vaut mieux fabriquer nous même notre gaz (…) Un gaz pas cher pour les Français qui permettra de financer la transition énergétique, car il faudra bien la financer !". En outre, pour le ministre le "gaz made in France", pourrait assurer "entre 5 et 10 ans de consommation".

Dans le Gard, Sébastien Espagne, membre de l'inter-collectif du 22 septembre, se prononce farouchement contre son exploitation : "dés qu'il y a une notion de rentabilité, avec des entreprises, il y aura fracturation… Les industriels n'en auront jamais assez ! (…) Et puis c'est anachronique à l'heure où tous le monde s'inquiète du réchauffement climatique de vouloir utiliser une énergie carbonée".

"Le gouvernement me fait un peu penser aux Shadocks, ces petits personnages qui pompaient toute la journée pour ne pas que le ciel leur tombe sur la tête… Alors ce que propose le gouvernement, oui ça fera de l'activité économique. Mais c'est faire de l'activité pour faire de l'activité en temps de crise, sans vision à long terme, et avec des solutions du siècle dernier", conclut Sébastien Espagne.

Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifagrd.com

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

2 réactions sur “GARD ENVIRONNEMENT Le Gaz qui fait « Houille »!”

  1. Le PS et EELV disait non aux Gaz de Shistes etGaz de Houille quand ils étaient dans l’Opposition et disent oui, au travers de Mr Montebourg, quand ils sont dans la Majorité! Cette attitude instable me conforte dans ma sensibilité droite sociale!

  2. 10 à 15 ans de consommation avec de l’emploi à la clef pour nous permettre de préparer l’avenir, c’est bon à prendre.
    La fracturation par les entreprises privées ?
    et pourquoi pas 0 fracturation par des SCOP, par exemple ?
    l’état a son mot à dire sur ce dossier comme les citoyens concernés par cette exploitation.
    Encore faut il en avoir la volonté politique.
    Même logique pour le gaz de schiste.
    On ne peut balayer d’un revers de main la question au nom d’une écologie d’un autre âge.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité