A la une

ALÈS La CGT propose aux repreneurs une stratégie industrielle pour refaire vivre l’entreprise Shelbox

Marc Bastide (CGT) et Alain Simonazzi (Cabinet Secafi) présentent aux salariés de Shelbox (Les Salles du Gardon) le projet industriel à destination des repreneurs. Photo DR/RM

La CGT présente ce mardi aux salariés, à la presse et aux autorités sa stratégie industrielle pour refaire vivre l'entreprise Shelbox située aux Salles du Gardon.

L'entreprise de quelque 60 salariés qui produit des mobil-homes sur le site de l'Habitarelle a été placée en liquidation le 5 mars dernier, aucun repreneur n'ayant été trouvé pendant la période de redressement judiciaire commencée en octobre 2012. Alors que sur place les ouvriers restent mobilisé pour préserver les actifs de l'entreprise, la GGT a planché avec l'aide du cabinet Secafi pour proposer "un projet industriel clé en main réalisé à l’attention des éventuels repreneurs" .

Mardi matin, Bruno Rivier de l'Union Départementale CGT, Marc Bastide pour la Fédération des Métaux et et Alain Simonazzi du Cabinet Secafi ont retrouvé Sébastien Ozor délégué CGT/Shelbox dans les locaux de l'entreprise afin de présenter aux employés licenciés depuis un mois (les délégués syndicaux recevront leur lettre demain) le projet industriel qui a été mis en place : une plaquette de 30 pages à destination des candidats repreneurs.

Bruno Rivier, Marc Bastide, Alain Simonazzi et Sébastien Ozor lors de la présentation dans l'entreprise liquidée. Photo DR/RM

"Nous représentons un syndicalisme de propositions" explique Marc Bastide. "Depuis le début, nous sommes convaincus qu'il y a à la fois un marché potentiel dans ce secteur de l'immobilier loisirs où la croissance est encore à deux chiffres et qu'il y a ici un outil et un savoir-faire qui permettent de faire vivre le site. Cette fois nous confortons ces convictions par une étude sérieuse qui comprends à la fois les rappels historiques et  juridiques nécessaires pour comprendre les erreurs qui ont été commises (et éviter de les reproduire), une étude de marché, et la proposition d'une véritable stratégie de relance.

Dans les grandes lignes cette stratégie s'appuie sur une réduction du nombre des modèles (de 11 à 3 modèles  de 6 , 7 et 8 mètres) avec une baisse des coûts de production de 10 à 15% pour un objectif de 1900 mobil-homes/an et un démarrage à 500 mobil-homes pour la saison 2013-2014. Les équipes seraient remontées progressivement à partir du 10 personnes le premier mois jusqu'à 30 en fin du premier trimestre. La stratégie commerciale est également entièrement revisitée sur deux axes : la proximité (les campings des départements proches)  et la marge (avec un circuit de distribution plus direct). Les Tours opérateurs seraient ainsi abandonnés. Autre nouveauté, Shelbox pourrait s'inscrire dans le schéma de de l'éco-organisme créé par les constructeurs et qui prévoit la déconstruction de 5000 mobil-homes/an dans la filière à horizon 2020. Au final, le coût estimé de ce  projet industriel est de 4M€ soit 2M€ en besoins de fonds de roulement et 2M€ pour l'acquisition des actifs.

Après lestroubles, les chaînes de production ont été préservées ainsi que les actifs. Il reste même quelques mobil-homes à la vente. Photo DR/RM

Pour Alain Simonnazzi , du cabinet Secafi, "cette étude doit permettre aux éventuels repreneurs d'aborder le dossier d'une autre manière. En effet les documents comptables qui leurs sont remis mettent en évidence les résultats négatifs de l'entreprise. Ils ne parlent ni des causes des dysfonctionnements ni des perspectives réelles". "Chez nous les experts sont les salariés", commente Bruno Rivier, "or dès le début des difficultés, ces derniers ont mis en évidence le "mal travail" qui a mené l'entreprise là où elle est aujourd'hui".

"Aujourd'hui les lignes de production sont intactes, les salariés toujours aussi motivés, c'est un marché en développement et de proximité. Sans doute que les bons candidats repreneurs sont ceux qui n'ont pas encore d'unité de production dans le Sud, il nous faut donc voir assez loin" développe Marc Bastide. "Ce qui n'était peut être pas possible pendant la période de redressement peut peut être être plus facile aujourd'hui que l'entreprise est en liquidation. Ce qui est important ce n'est pas le prix d'acquisition mais la possibilité de produire à nouveau. Le maintien d'un véritable tissu industriel dans ce bassin alésien constitue une des priorité essentielle pour l'avenir. Le tourisme et les services ne suffiront pas à assurer la survie de ce pays" conclut le leader syndical.

Raphaël MOTTE

raphael.motte@objectifgard.com

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité