Beauduc, les Robinson de Camargue
Au moins 40 minutes de piste où on peut parfois être secoué « façon machine à laver ». L’accès à la plage de Beauduc se mérite. Nathalie et Patrick font le trajet de mars à novembre pour enseigner le kitesurf. Richard, qui retape des vieux gréements, possède un cabanon sur place. Il n’a ni eau ni électricité.
Le vent plisse la toile. Mais on distingue encore clairement la tête de mort cernée par deux grands sabres. Le drapeau noir des pirates flotte au sommet d’un poteau métallique. « Il était sur une caravane à Beauduc, indique Antoine Flament, architecte nîmois. Là-bas, tu as le sentiment d’être dans une zone de liberté. »
Sur son smartphone, les clichés défilent. Il y a d’abord cette longue piste blanche, qui longe des petits arbustes, s’étale sur une digue. Puis apparaît la photo d’un campement avec des caravanes et le fameux drapeau pirate. Une affiche invite même à participer à la fête de la musique. Et enfin, le bleu domine, le bleu de la mer, bordée par une langue de sable vierge. Beauduc est un bout du monde coincé dans une anse, entre Arles et les Saintes-Maries-de-la-Mer.
Antoine en avait entendu parler lorsqu’il était étudiant à Lille. Il pratiquait le funboard et le spot de Beauduc apparaissait dans les magazines spécialisés en planche à voile. Un dimanche de la fin juin, il n’arrive pas à trouver d’endroit où manger des coquillages vers les Saintes-Maries. Il met le cap sur Beauduc, un peu par hasard. Il a un 4X4, cela passe. « Le chemin de terre est défoncé, avec plein de trous. …