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Publié il y a 7 mois - Mise à jour le 10.09.2025 - © Sabrina Ranvier - 7 min  - vu 1581 fois

FAIT DU JOUR Le Gard du bout du monde

Aurélie Janicki enseigne le kitesurf sur la plage de Beauduc. 

- © Lilikitesurf

Inutile de dépenser un mois de salaire pour s’évader sur une plage déserte. Inutile d’effectuer un périple de plusieurs heures en avion pour être scotché par des paysages à couper le souffle. Le bout du monde est aux portes du Gard. Quelque part entre Arles et les Saintes-Maries-de-la-Mer, après plus de 40 minutes de piste, on arrive à Beauduc, une anse lovée au bord de la Méditerranée. Il n’y a pas de commerces, pas d’eau douce, pas d’électricité. Dans ce paradis pour kitesurfeurs, l’eau atteignait déjà 28 degrés fin juin. L’Asie se situe, quant à elle, a, à peine 50 minutes de Nîmes. On peut découvrir un village laotien perdu dans une forêt de bambous à Générargues. La Toscane est perchée sur un éperon rocheux. Une poétesse alsacienne a fait aménager un jardin italien derrière la forteresse de l’abbaye Saint-André à Villeneuve-les-Avignon. Ceux qui rêvent de l’Ouest américain peuvent grimper sur un haut plateau d’altitude aux fins fond du Far West gardois. Au milieu de nulle part, à Lanuéjols, des cow-boys élèvent une centaine de bisons et organisent des concours de western.

Beauduc, les Robinson de Camargue

Au moins 40 minutes de piste où on peut parfois être secoué « façon machine à laver ». L’accès à la plage de Beauduc se mérite. Nathalie et Patrick font le trajet de mars à novembre pour enseigner le kitesurf. Richard, qui retape des vieux gréements, possède un cabanon sur place. Il n’a ni eau ni électricité.

Le vent plisse la toile. Mais on distingue encore clairement la tête de mort cernée par deux grands sabres. Le drapeau noir des pirates flotte au sommet d’un poteau métallique. « Il était sur une caravane à Beauduc, indique Antoine Flament, architecte nîmois. Là-bas, tu as le sentiment d’être dans une zone de liberté. »

Sur son smartphone, les clichés défilent. Il y a d’abord cette longue piste blanche, qui longe des petits arbustes, s’étale sur une digue. Puis apparaît la photo d’un campement avec des caravanes et le fameux drapeau pirate. Une affiche invite même à participer à la fête de la musique. Et enfin, le bleu domine, le bleu de la mer, bordée par une langue de sable vierge. Beauduc est un bout du monde coincé dans une anse, entre Arles et les Saintes-Maries-de-la-Mer.

Antoine en avait entendu parler lorsqu’il était étudiant à Lille. Il pratiquait le funboard et le spot de Beauduc apparaissait dans les magazines spécialisés en planche à voile. Un dimanche de la fin juin, il n’arrive pas à trouver d’endroit où manger des coquillages vers les Saintes-Maries. Il met le cap sur Beauduc, un peu par hasard. Il a un 4X4, cela passe. « Le chemin de terre est défoncé, avec plein de trous. …

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