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FAIT DU JOUR Le financement participatif au service du photovoltaïque

Antoine Chamussy et Geneviève Blanc, sur le site de l'ancienne mine de Carnoulès où serait construite la centrale. Photo Elodie Boschet/Objectif Gard
Antoine Chamussy et Geneviève Blanc, sur le site de l'ancienne mine de Carnoulès où serait construite la centrale. Photo Elodie Boschet/Objectif Gard

Dans le petit village de Saint-Sébastien-d'Aigrefeuille, situé entre Alès et Anduze, un projet novateur se trame sur le site de l'ancienne mine de plomb de Carnoulès. Une centrale photovoltaïque, financée en partie par les habitants du secteur, pourrait prochainement voir le jour.

Le projet était déjà dans les tuyaux depuis quelques années mais avait été abandonné en 2009 par manque de subventions de l’État. Deux ans plus tard, lors d'un forum cantonal organisé par la conseillère générale Geneviève Blanc, l'idée revient sur le tapis mais avec une nouvelle dimension : celle du financement participatif. Autrement dit, les citoyens sont invités à mettre la main à la poche pour que la centrale photovoltaïque de 2 mégawatts puisse sortir de terre. Et ils pourront ensuite toucher les bénéfices engendrés par l'outil de production.

Un nouveau concept en France

Si le principe du financement participatif au service de la transition énergétique commence à s'étendre dans l'Hexagone, il est cependant beaucoup moins répandu que dans d'autres pays. "En Allemagne, 50 % des centrales à énergies renouvelables appartiennent aux habitants. En France, nous avons toujours considéré que c'était un sujet bien trop sérieux pour le confier à des citoyens", indique Antoine Chamussy, directeur de l'entreprise Vol-V Solar, spécialisée dans le développement et l'exploitation de centrales photovoltaïques. C'est cette société qui est en charge de la réalisation du projet, avec le fournisseur d'électricité Enercoop, qui joue un rôle d'accompagnateur, et l'association Soleil de plomb, constituée en juin dernier par les villageois.

Redonner vie à l'ancienne carrière

C'est sur un espace de 3,5 hectares que la centrale serait construite, sur des zones totalement décapées où la végétation est quasiment inexistante. Depuis les années 60, date à laquelle a eu lieu la fin de l'exploitation minière dans la zone, la commune de Saint Sébastien d'Aigrefeuille a été confrontée à la gestion de ce terrain inconstructible et impropre à toute activité agricole. Cette question a été l'objet d'une réflexion collective conduite sur l'usage des sols dans le cadre de l'élaboration du PLU. Aujourd'hui, l'implantation d'une centrale photovoltaïque sur cette zone semble être la solution idéale pour les porteurs de projet. "Il faudra néanmoins retirer quelques arbres pour favoriser l’ensoleillement", note Antoine Chamussy. Environ 7 000 panneaux seraient installés, pour une production solaire annuelle de 2 900 à 3 700 MWh/an, pouvant alimenter environ 1 100 foyers.

Co-investir plus de 3 millions d'euros

3 millions d'euros, c'est la somme qui devra être co-investie par les citoyens et la société d'exploitation sur ce projet. Il bénéficiera également d'aides de la Région Languedoc-Roussillon, proportionnelles aux montants versés par les habitants mais sur un budget limité à 100 000 euros. "Nous espérons avoir au moins 30 % de financement participatif", confie Geneviève Blanc. "C'est une centrale qui coûte très cher à l'investissement mais dont la rentabilité est assurée puisqu'elle fonctionnera ensuite sur le long terme", ajoute Antoine Chamussy. Les bénéfices seront redistribués sous la forme de dividendes "et pourraient ensuite permettre d'investir dans de nouveaux projets". Mais pour l'heure, il s'agit d'abord de valider la faisabilité technique du projet et de constituer les dossiers nécessaires aux demandes d'autorisations d'urbanisme. En début d'année prochaine, une réunion publique sera organisée pour informer les villageois de l'évolution de la situation, mais aussi pour les appeler à participer financièrement à la construction de cette centrale 100 % renouvelable.

Elodie Boschet

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Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

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