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ALÈS Antoine Leclerc, directeur d’Itinérances : « L’avenir est incertain pour le festival »

Antoine Leclerc, délégué général du festival Itinérances. EL/OG
Antoine Leclerc, délégué général du festival Itinérances. EL/OG

Depuis la rentrée, Radio Grille Ouverte a lancé une émission mensuelle dédiée à l’actualité, avec un invité fil rouge interrogé par les médias locaux que sont RGO, Midi Libre, La Marseillaise, Radio Totem, Radio Interval et Objectif Gard. Jeudi dernier, c’est Antoine Leclerc, délégué général du festival de cinéma Itinérances, qui répondait aux questions des journalistes.

Les journalistes : Vous êtes à la tête d'Itinérances - qui se tiendra du 20 au 29 mars à Alès - depuis presque 20 ans. Je suis surpris que vous n'ayez jamais eu envie de prendre le large pour des festivals plus importants...

Antoine Leclerc : Qui vous dit que je n'en ai jamais eu envie? En fait, il est difficile de s'en extraire quand on est tombé dedans tout jeune. J'ai découvert le festival quand j'étais collégien avec Agnès Varda, Polanski. Ça m'a renversé à l'époque. Aujourd'hui, je poursuit ce rôle de transmission aux nouvelles générations.

LJ : Justement, vous proposez de nombreuses séances à des scolaires. A l'heure du téléchargement et des tablettes, comment capter les ados d'aujourd'hui ?

AL : Il faut faire confiance aux œuvres. Il n'y a pas de fatalité ni d'incompatibilité entre la jeunesse et les films rares à découvrir. Au contraire, les plus petits n'ont pas ce frein de vouloir voir nécessairement ce qu'ils connaissent. Quand ils découvrent un film d'animation, l'émerveillement se vérifie à chaque fois. Devant "Le Dictateur" de Chaplin, les jeunes sont même souvent plus attentifs que les adultes. Je refuse cette idée de rupture générationnelle.

LJ : Comment a évolué le festival depuis sa création ?

AL : On assiste chaque année à une effervescence intergénérationnelle qui nous touche. Le festival a évolué dans le nombre de films projetés et dans le nombre de spectateurs mais je pense que l'on a conservé notre ADN : faire découvrir des films du patrimoine, proposer des avant-premières. On présente des films qui font des entrées ainsi que des inédits. Nous devons poursuivre dans cette voie. Nous sommes actuellement dans une stratégie de consolidation et nous avons besoin que l'on continue de nous aider.

LJ : L'avenir est incertain pour vous aujourd'hui ?

AL : Oui, les subventions diminuent, les compétences du conseil général sont en train d'évoluer, et les collectivités en train de fusionner. Le contexte est difficile et nous ne pouvons garantir que nous serons en capacité à l'avenir de maintenir le festival tel qu'il est aujourd'hui avec plus de 200 films présentés. C'est parfois très tendu et on a un manque de visibilité à court et à long terme.

LJ : Les sponsors peuvent-ils compenser ce manque à gagner et quelle place occupent-ils dans votre budget ?

AL : Ils représentent 1/5 de nos recettes billetterie. Ils sont un coup de pouce essentiel mais ne compenseront jamais un éventuel désengagement des collectivités. Ce serait illusoire de le penser. Surtout que les entreprises ont elles aussi leurs difficultés. Même si on a une marge de progression.

LJ : Quel est l'impact du festival sur l'économie locale ?

AL : 80% de notre budget est réinjecté dans l'économie locale, que ce soit directement ou via des fournisseurs, les nuits d'hôtels, les restaurants.... Cela représente plusieurs centaines de milliers d'euros. C'est un véritable cercle vertueux.

LJ : Comment continuer d'attirer des spectateurs ?

AL : Il y a chaque année quelques nouveautés. Nous espérons notamment que le multiplexe en construction deviendra un nouvel outil pour se développer. Le principe d'une collaboration est déjà acquis. On peut imaginer d'investir toutes les salles le temps d'une soirée. L'idée de grande structure n'est pas antinomique avec le cinéma d'auteur.

LJ : Et pour 2015 ?

AL : Le samedi soir, nous présenterons la nuit des films de cultes, avec "The Big Lebowski" des frères Coen ou "Polyester" de John Waters. Pour le premier, les gens pourront venir en peignoir rose. Une carte à gratter avec des odeurs sera distribué pour le second. Par ailleurs, on accueillera une caravane ensorcelée pendant deux après-midi à destination des enfants, afin de toucher de nouveaux spectateurs. Enfin, on assistera à de nombreuses avant-premières et des hommages seront rendus à Robert Enrico et François de Roubaix.

Lire aussi :

ALÈS Festival Itinérances : la liste des invités se précise

Réécouter l'émission :

 

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Eloïse Levesque

Eloïse Levesque, journaliste diplômée de l'université de droit et de science politique de Montpellier, à Objectif Gard depuis mars 2014

4 réactions sur “ALÈS Antoine Leclerc, directeur d’Itinérances : « L’avenir est incertain pour le festival »”

  1. Ce festival est véritablement essentiel à la ville d’Ales pour l’animation culturelle, l’ouverture d’esprit sur le monde offert aux jeunes, les retombées économiques dans les bars, restos et hôtels et la présence de gens de l’extérieur venus exprès.
    Il apporte bien plus qu’une campagne basée sur lamériterait d’être prolongé de quelques jours

  2. Ce festival est véritablement essentiel à la ville d’Ales pour l’animation culturelle, l’ouverture d’esprit sur le monde offert aux jeunes, les retombées économiques dans les bars, restos et hôtels et la présence de gens de l’extérieur venus exprès.
    Il apporte bien plus qu’une campagne basée sur la supposée audace et mériterait d’être prolongé de quelques jours.

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