A la unePolitique

LES ANGLES « Etre de gauche aujourd’hui c’est quoi ? » : le PS débat sur lui même

Henri Weber, Jean Viard, Juliette Méadel et Joseph Ferré, hier soir aux Angles (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Henri Weber, Jean Viard, Juliette Méadel et Joseph Ferré, hier soir aux Angles (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Henri Weber, Jean Viard, Juliette Méadel et Joseph Ferré, hier soir aux Angles (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Joseph Ferré, le secrétaire de la section PS de Villeneuve, le reconnaît : « on organise chaque année un débat citoyen, là on a été égocentriques, on a pris un sujet qui nous intéresse nous, et les sympathisants. »

« Etre de gauche aujourd’hui, c’est quoi ? » : pour répondre à cette question à la formulation familière, la section a invité un plateau de choix hier soir au Forum des Angles, avec la porte-parole du PS Juliette Méadel, le sociologue Jean Viard et le chargé des études européennes au PS, ancien sénateur et député européen Henri Weber.

« Le PS a une vision de la société archaïque »

A cette question Juliette Méadel répond par « un triptyque : émancipation, permettre à tout un chacun de choisir son destin ; intérêt général, ne pas céder aux lobbys ; et lutte contre les inégalités. » Pour Henri Weber, « aujourd’hui c’est d’abord défendre, consolider et approfondir notre démocratie, qui est menacée de l’extérieur par le terrorisme djihadiste et de l’intérieur par la poussée de l’extrême droite xénophobe et anti-européenne. » Pour lui, la démocratie est aussi menacée « par la résurgence sous la figure de Nicolas Sarkozy du thatchérisme. Eux préconisent une véritable politique d’austérité, avec 130 milliards de coupes là où nous c’est 50 milliards. » Pour Henri Weber, « être de gauche c’est aussi fondamentalement porter un projet de civilisation qui tourne le dos au ‘tout avoir’, qui promeut l’épanouissement par le lien social. »

Le sociologue Jean Viard dresse quant à lui un diagnostic sans concession : « la gauche ne porte plus de rêves sur le monde tel qu’il est devenu, le PS a une vision de la société archaïque (…) Le changement de la société ne passe plus par la politique. » Et Jean Viard d’épingler « un manque de renouvellement » et d’estimer que « la gauche de demain doit être une gauche d’entrepreneurs, de créateurs, appuyée sur la société. Mais il y a un long chemin à faire. »

« L’inventivité n’a pas disparu »

Pour Henri Weber, le PS est « obligé à une refondation complète », car « les conditions de l’action de la gauche et du PS ont profondément changé ». Des questionnements et des tiraillements qui favorisent les courants, comme celui des députés frondeurs. « Ils sont une minorité, tranche Juliette Méadel. Je ne crois pas que la division de la gauche nous serve. François Hollande est en phase avec un programme social démocrate. »

Quant aux départementales, Jean Viard estime que le nouveau seuil des 12,5 % des inscrits pour être au second tour « va balayer l’ultra gauche, les écolos et une grande partie des socialistes. »

A les écouter, pas grand chose de bien réjouissant à gauche, donc. Henri Weber refuse de noircir le tableau pour autant : « le PS a quand même inventé les primaires à la française, l’inventivité n’a pas disparu. » Las, Jean Viard estime pour sa part que « les primaires n’ont pas été une si bonne chose que ça, ça a cassé la gauche. »

« Un parti politique sert à rendre possible ce qui est souhaitable, a rappelé Henri Weber. Et ce n’est pas facile. »

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

Articles similaires

3 commentaires

  1. Pas glop pas glop
    Ces gens là ne sont que des bourgeois qui se donnent des airs de bien pensense. La gauche bobo sociétale arrogante qui n’a rien à faire des affres dans lesquelles se débattent les gens du peuple. Ils continuent de se regarder le nombril. Qu’ils changent de nom. Ils n’ont rien à voir avec le socialisme.
    Vous les gens!!! Ne vous laissez plus berner par ces inutiles.
    Face au libéralisme de la finance, il n’est qu’une seule alternative. Les citoyennes et citoyens qui décident de s’occuper de leur avenir.

  2. Etre de gauche c’est être ailleurs qu’au Parti Socialiste. Valls l’a bien compris puisqu’il veut faire son coming-out et changer le nom en Parti libéral ou social-libéral pour sauver les apparences.
    Les départementales vont sonner le glas du PS avec 21 avril généralisé. Finalement de cette grande claque, il pourra sortir dans quelques temps quelque chose de bon à l’exemple de SYRIZA et PODEMOS qui se nourrissent notamment en Grèce de la dépouille du PASOK ( PS local). Il faudra reconstruire un espoir progressiste , à gauche, autour des derniers (vraiment) socialistes du PS moribond , des écolos sociaux ( donc sans Cohn Bendit serviteur médiatique du système), des composantes du FDG, de Nlle Donne et des associatifs …et surtout faire la politique autrement vraiment participative avec des budgets citoyens à tous les étages, des conférences citoyennes, des référendums locaux, la suppression du cumul des mandats en nombre et dans le temps, la proportionnelle….pour éviter d’avoir à voter pour le moins pire. Et puis mettre au pas la finance pour s’attaquer aux 2 URGENCES / ECOLOGIE et le SOCIAL.
    Bref en finir avec les Sarkozy,Balkany et Cie mais aussi avec la fausse gauche Hollande, Valls, Macron et Cie.
    En atendant le PS fait le lit du FN et de Sarkozy. Merci qui?

  3. « Un parti politique sert à rendre possible ce qui est souhaitable », ouille!
    Je comprends l’idée mais qui décide de ce qui est souhaitable? Jusqu’à ce que Hollande ne fasse un véritable hold-up des voix de gauche aux Présidentielles, le peuple décidait de ce qui était souhaitable pour lui en fonction des différents programmes qui lui étaient proposés. Aujourd’hui, les technocrates (financiers, patrons ou politiciens) choisissent ce qui est bon pour les autres sans les consulter. La réponse à la question posée ce soir-là est donc simple: la gauche ce n’est pas le socialisme d’accompagnement des banques. C’est le début de l’amorce d’une réponse.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité