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CÉVENNES Les dépistages à l’arsenic et au plomb ont démarré

Michelle a fait sa prise de sang ce vendredi à Thoiras. EL/OG
Michelle a fait sa prise de sang ce vendredi à Thoiras. EL/OG

La surveillance sanitaire à St-Félix-de-Pallières, St-Sébastien-d'Aigrefeuille, Thoiras, Tornac et Générargues a commencé cette semaine. Pendant plus de deux mois, les habitants sont invités à se faire dépister au plomb, cadmium et arsenic. Pour le moment, peu ont fait le déplacement.

Pendant plus de 100 ans, les sols naturellement riches en métaux lourds des Cévennes sont exploités à des fins commerciales. Argent, aluminium, plomb, cadmium, la manne financière commence cependant à décliner au milieu du XXe siècle et les mines ferment en 1971. A l'époque, beaucoup de déchets pauvres en minerai sont laissés à l'abandon en surface et personne ne se préoccupe des conséquences. Mais progressivement, l'environnement prend une place dans le débat public. Des associations locales se créent pour soulever le débat et demander une prise de conscience des pouvoirs publics. Après plusieurs années de combat, une étude inédite est enfin décidée sur le secteur concerné, avec des dépistages volontaires conduits par l'Agence régionale de santé.

Depuis lundi dernier et pendant 8 semaines, des prélèvements sanguins et urinaires, ainsi qu'un questionnaire précis sur les habitudes de vie sont donc proposés dans chaque commune potentiellement polluée par les anciens site miniers de Carnoulès et de la Croix de Pallières. Objectif : faire un lien entre l'imprégnation du corps et la pollution des sols. Trois métaux lourds seront dépistés : plomb, cadmium et arsenic et 2800 habitants sont concernés sur la base du volontariat et de la gratuité.

Un large échantillon pour un résultat fiable

Même si le sujet est politiquement très sensible, le message peine encore à passer auprès des habitants. Certains ont peur du résultat tandis que d'autres considèrent que le dépistage ne changera rien. Pour les cinq premiers jours, seules une soixantaine de personnes ont fait le déplacement alors que l'ARS en espère au moins 100 par semaine. "Chacun doit savoir où il en est pour se soigner si nécessaire. Ensuite, collectivement, nous devons identifier les facteurs de risques et les statistiques générales seront d'autant plus fiables que le nombre d'échantillons sera important", souligne Béatrice Sénémaud, coordinatrice du dispositif de surveillance sanitaire.

De fait, le plomb est surtout dangereux pour les jeunes enfants et les femmes enceintes. "Une imprégnation excessive, appelée saturnisme, peut conduire à une intoxication qui peut être grave chez l’enfant et peut avoir un impact sur le développement de son système nerveux", précise le médecin de santé publique. Le cadmium a surtout un effet sur le rein, même s'il n’est pas immédiatement visible. Quant à l'arsenic  - utilisé dans les mines pour l'extraction des autres métaux - il augmente le risque de lésions de la peau et peut provoquer des cancers. "On pourrait être poussés à faire des études plus fines, notamment sur les maisons où le seuil de plomb relevé et au-dessus d'un certain seuil. Ça fera également évoluer la connaissance, pour faire bouger les pouvoirs publics et l'exploitation minière encore propriétaire de certains terrains", commente Béatrice Sénémaud.

A Thoiras, une quinzaine de personnes sont venus à la salle polyvalence hier matin pour évaluer leur taux de métaux lourds dans le sang. "C'est inquiétant. J'aimerais savoir où on en est exactement. Même si beaucoup de gens vivent vieux dans la région", sourit Geneviève, résidente à Générargues. "Cette étude me parait sérieuse, j'espère que les résultats refléteront la réalité". De son côté Michelle, 48 ans, est venue avec ses deux enfants et a passé plus d'une heure avec les agents de l'ARS pour répondre aux questionnaires individuels et collectifs sur ses modes de vie. "Je suis installée à Thoiras depuis 19 ans et j'ai des problèmes d'intestin depuis 18 ans. Je ne sais pas s'il y a un lien, mais j'aimerais savoir s'il faut s'inquiéter et si la pollution est grave. On est venus ici pour un joli coin de nature et il faut faire quelque chose".

Les résultats individuels seront envoyés aux particuliers dans les semaines à venir. L'analyse globale des résultats sera publiée courant 2016.

Pratique

Dépistages sur rendez-vous dans les salles polyvalentes de chaque commune, ou à domicile en cas de difficulté à se déplacer. Contacter le 06 24 32 41 35 de 9h à 13h30 du lundi au vendredi.

Présences hebdomadaires de 8h à 14h (horaires modifiables) :

- St-Félix-de-Pallières : lundi

- Tornac : mardi

- St-Sébastien d'Aigrefeuille : mercredi

- Générargues : jeudi

- Thoiras : vendredi

Etiquette

Eloïse Levesque

Eloïse Levesque, journaliste diplômée de l'université de droit et de science politique de Montpellier, à Objectif Gard depuis mars 2014

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2 réactions sur “CÉVENNES Les dépistages à l’arsenic et au plomb ont démarré”

  1. Si les sols sont pollués, qu’en est-il des vignes ? et des vins ? des vins bios ???
    les questions méritent d’être posées. Il va falloir apporter des réponses….

  2. Bonjour,
    nous avons participé au dépistage avec prise de sang, puis avons autorisé le prélèvement d’une carotte sur notre terrain, ces actes ont eu lieu en 2015; nous espérions une réponse de votre part mais visiblement il y a un manque, concernant les résultats de l’étude de terrain.

    Cordialement

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