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JUSTICE Plus de 150 victimes pour les faux ramoneurs !

Le palais de justice de Nîmes. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)
Le palais de justice de Nîmes. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)

Dans la famille Jovanovich, on est ramoneur de père en fils, de mère en fille, de cousin en cousine... Bref, tout le monde est ramoneur. Hier, devant le tribunal correctionnel de Nîmes, ils étaient neuf à comparaitre pour des « pratiques commerciales trompeuses ». Ils auraient escroqué plus de 150 victimes !

La technique est bien rôdée : les faux ramoneurs se présentent au domicile de leur victime, assurent qu’un nettoyage est obligatoire - parfois même qu’ils sont mandatés par le propriétaire ou la copropriété - et l’intervention commence aussi sec, bafouant au passage le droit de rétractation de 7 jours. Seulement, les escrocs doivent faire du chiffre et le ramonage tournait très souvent à la farce puisqu’il durait 5 minutes contre quasiment une heure avec un véritable professionnel. Cette méthode a été reproduite des dizaines, des centaines de fois dans toute la France : de Paris à Toulouse, de Nîmes à Grenoble.

A la barre du tribunal correctionnel de Nîmes, ils sont neuf membres de la famille Jovanovich à devoir s’expliquer. S’ils n’ont pas tous la même expérience dans la profession de ramoneur, ils ont tous en commun ce goût pour déclarer leurs sociétés dans d’autres départements que celui de leur domicile, en l’occurrence le quartier Saint-Cézaire à Nîmes. L’une des plus jeunes, âgée de 21 ans, avait mis l’adresse de sa société de ramonage sur les Champs-Elysées à Paris !

L’autre point commun de la famille, c’est cette malchance qu’ils connaissent lors du recrutement de leurs salariés. Antoine, le premier à se présenter à la barre, l’explique au président Jean-Pierre Bandiera :

  • Ce n’est pas de ma faute, c’est celle de mes salariés. Ils ont fait les choses à la va-vite, ce n’étaient pas mes consignes.

Idem pour Catherine, 34 ans, gérante d’une autre société :

  • Ah les salariés, vous savez comment ils sont… Et puis moi, je suis une femme. Je suis entièrement responsable en tant que gérante de l’entreprise mais pas pour les faits que les salariés ont été faire chez les clients.

Mais le président Bandiera s’interroge. Quelque soit la société de ramonage dans laquelle ils travaillaient, les fameux salariés étaient payés au SMIC, et ne touchaient aucune prime, ni commission en fonction de leur rendement.

  • Pourquoi ont-ils fait ça ? Pourquoi ont-ils effectué des prestations aussi rapides alors qu’ils n’avaient rien à gagner ?, demande le juge.

Personne parmi les accusés ne trouvera la réponse, mais la responsabilité des mauvais salariés fera l’unanimité dans la famille. Quant à leurs compétences réelles dans ce métier, elles semblent très légères puisque certains indiquent avoir fait un stage de cinq jours à la Chambre des Métiers… Seule Claudette, absente à l’audience, a déclaré aux enquêteurs : « ne rien y connaître, ne rien y comprendre ». Celles qui n’y comprennent certainement pas grand-chose, ce sont les centaines de victimes comptabilisées dans toute la France et représentées par l’association UFC-Que Choisir. Des étudiantes, aux personnes âgées (97 ans pour une dame) à la personne non-voyante à qui l’on a volée un chèque, tout le monde a eu le droit à son ramonage express. Les prévenus, eux, ont eu le droit aux réquisitions de la Procureure Pascale Palau qui a demandé des amendes pour certains, de la prison avec sursis pour d’autres et jusqu’à dix mois de prison ferme.

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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