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FAIT DU JOUR Au domaine de Saint-Nabor, à Cornillon, on vendange en famille

La famille Castor, Gérard (deuxième en partant de la G.) a transmis à ses deux fils Raphaël (à G.) et Jérémie, aidés par leur mère Jeannette (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
La famille Castor, Gérard (deuxième en partant de la G.) a transmis à ses deux fils Raphaël (à G.) et Jérémie, aidés par leur mère Jeannette (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Comme à chaque début d’automne depuis six générations, le ballet des tracteurs et de leurs remorques pleines de raisins a repris il y a quelques semaines au domaine Saint-Nabor, à Cornillon.

Ici, les vendanges ont débuté le 7 septembre, et se prolongeront « au moins jusqu’au 10 octobre », pronostique Jérémie Castor.

De 7 à 150 hectares en 40 ans

Le jeune vigneron, âgé de 30 ans, vient de reprendre avec son frère cadet Raphaël, âgé de 28 ans, le domaine familial. Et familial, c’est bien l’adjectif qui correspond le mieux quand il s’agit de qualifier un domaine fondé il y a plus de 140 ans par la famille Castor.

Un petit domaine, jusqu’à ce que Gérard, le père de Jérémie et Raphaël, le reprenne suite à la mort accidentelle de son père : « mon père est mort dans un accident de tracteur en 1968. J’étais étudiant, j’ai repris le domaine en 1972, se rappelle celui qui est aussi maire de Cornillon. Quand je l’ai repris il y avait 7 hectares, et je viens de le transmettre à mes enfants avec 150 hectares. »

Entretemps, le Saint-Nabor, qui fait partie des Côtes du Rhône, s’est fait une place, y compris dans les grands magasins : « je me suis bagarré pour pouvoir rentrer dans la grande distribution », affirme Gérard Castor. Aujourd’hui, le domaine familial vend principalement en vente directe et en grande distribution, et peu à l’export (10 %).

Le raisin vendangé le matin même (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Le raisin vendangé le matin même (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Le vin de Cornillon chez Coppola

Pour autant, les deux frères veulent développer l’export, avec un pays en tête, les Etats-Unis. Il faut dire que Jérémie Castor a passé huit mois à travailler dans une cave en Californie il y a neuf ans : « j’en suis revenu avec d’autres idées, j’y ai vu un marché d’amoureux du vin, maintenant on y écoule 60 000 bouteilles par an. » Pas énorme comparé aux 600 à 700 000 bouteilles produites en moyenne au cours des dernières années, mais tout de même.

Convaincu du potentiel des Etats-Unis, Jérémie Castor y retourne deux fois par an, pour promouvoir la production familiale : « en avril nous avons fait un gros événement à la maison Sud de France de New York, c’était une vitrine pour se faire un nom. Il y avait une belle liste d’invités, et nous avons eu droit à une publication dans la bible des professionnels du vin. » Et le Saint-Nabor commence à se faire une place outre-Atlantique, le rosé-gris produit à Cornillon étant référencé dans la winery de Francis Ford Coppola, excusez du peu.

Le côté familial du domaine, et le fait qu’il soit installé dans un ancien prieuré du XIème siècle font mouche auprès du public américain, « intéressé par les vins de qualité, pas que par le prix » et sensible aussi au fait « que le vigneron vienne lui-même parler de sa production », note Jérémie Castor.

Raphaël et Jérémie Castor réceptionnent la récolte (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Raphaël et Jérémie Castor réceptionnent la récolte (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Une millésime 2016 qui promet

Une production dont le millésime 2016 devrait être bon : « il est bien parti, on a du fruit, de la structure, et les maladies ont été très bien contrôlées », présente Jérémie Castor. Les récentes pluies et le beau temps qui a suivi ont donné des conditions idéales pour vendanger : « ça nous fait des très longues journées, mais cette année on se fait plaisir. » Après avoir commencé par les chardonnays, les viogniers, les roussanes et les grenaches blancs, c’est désormais au tour des syrahs de rentrer en cuve.

Bientôt, la vendange laissera la place à la vinification. « Ce sera mon 44ème millésime », compte Gérard Castor qui aspire désormais, à 65 printemps, à souffler quelque peu, soulagé et fier d’avoir « transmis (sa) passion » à ses enfants. « C’est très beau mais c’est une grosse responsabilité », souligne pour sa part son fils Jérémie, qui a fait inscrire sur le comptoir du caveau la devise familiale : « famille, tradition, terroir, héritage. » Et il aura lui aussi bientôt quelqu’un à qui transmettre puisque la septième génération est en route, un petit garçon attendu pour le mois de novembre. « Pour les primeurs », plaisante le futur papa.

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Et le bio dans tout ça ? : « Les extrêmes ne sont pas bons, l’un comme l’autre, alors on essaie de trouver le juste équilibre », explique Gérard Castor. Le domaine Saint-Nabor est en agriculture raisonnée, ce qui veut dire que « les produits soit bio, soit peu agressifs sont favorisés », note Jérémie Castor.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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