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GENS D’ICI Yann Perez, l’Espagnol Breton qui peint les toros !

Dans sa galerie Yann Pérez expose en permanence une cinquantaine doeuvre vendue entre 50 et 5 000 euros pour les plus grandes Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)
Dans sa galerie nîmoise Yann Perez expose en permanence une cinquantaine d’œuvres vendues entre 50 et 5 000 euros (Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)

Cet été Objectif Gard vous offre une galerie de portraits de Nîmois. Certains ont une certaine notoriété, d'autres ne sont que d'illustres inconnus mais ils ont en commun d'être chacun à sa façon des "figures" de la cité des Antonin. Focus...

Il s'appelle Yann et aurait préféré s'appeler Juan. Mais Yann Perez ne fait pas grief à sa mère d'avoir choisi ce prénom : "Italienne d'origine, elle trouvait joli ce prénom breton", entame en souriant l'Arlésien de naissance. "Quand je vais en Espagne, je me fais appeler Juan car les Espagnols n'arrivent pas à le prononcer correctement. De plus, Yann se traduit en Français par Jean ; en Espagnol Juan. Ça fait de moi une sorte...d'Espagnol Breton", enchaîne-t-il avec une pointe d'humour dans un raccourci de métaphore canine.

Parmi les éléments du décor cette superbe tête de toro empaillée... Photo : Philippe Gavillet de Peney/objectif Gard)
Parmi les éléments du décor de la galerie cette superbe tête de toro empaillé qui fait la fierté du maître des lieux... (Photo : Philippe Gavillet de Peney/objectif Gard)

Ah, l'Espagne ! Pays natal de son artiste peintre et sculpteur de père, né à Murcie, la patrie de Cervantès tient une part prépondérante dans la vie de Yann. Aficionado fervent et suiveur invétéré de l'actualité internationale du monde taurin, amateur de rumba gitane et de flamenco, l'artiste peintre nîmois a mis ses pas dans les pas de son père en embrassant sur le tard la même carrière que lui : "Mon père peignait exclusivement des toros et je fais pareil. Je suis totalement autodidacte et j'ai appris sur le tas en observant mon père. J'ai vendu ma première toile (déjà un toro !) à l'âge de 10 ans. Je peins en suivant mon inspiration. Je n'ai pas de modèle vivant et je ne travaille pas en exploitant des photos. Tout est dans ma tête. Pour moi, la base du travail d'un peintre réside dans l'inspiration."

L'homme de l'art dans ses œuvres... (Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)
L'homme de l'art dans ses œuvres... (Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)

Et d'inspiration, celui qui fut dans une autre vie un commerçant de fruits et légumes apprécié par sa faconde et sa gentillesse, au Cailar puis à Générac, n'en manque pas ! Stylisés ou criants de vérité, l’œil vif, le regard menaçant, le poil dru, ses toros semblent vouloir jaillir de la toile pour venir défier le contemplateur.

À l'inverse de Janus, le dieu romain au deux visages, certains d'entre-eux n'ont qu'une moitié de tête. "Un jour mon père a été victime d'un accident vasculaire cérébral. Plus tard, je lui ai demandé de me dessiner un toro. Il l'a fait et avait dessiné que la moitié de la tête. Quand je lui ai demandé pourquoi, il n'a pas compris. Il pensait l'avoir dessiné en entier mais, à cause de son AVC, il ne s'en était pas rendu compte... J'ai repris l'idée !", explique le virtuose du pinceau.

Le peintre taurin a ouvert sa galerie de la rue Fesque il y a un an et demi Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)
Le peintre taurin a ouvert sa galerie de la rue Fesque il y a un an et demi (Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)

Après s'être longtemps contenté de peindre dans un atelier de fortune installé dans la réserve de son ancien commerce, Yann a franchi le pas et a décidé de s'installer comme peintre professionnel. Depuis un an et demi, il s'est installé une galerie rue Fresque où trônent en permanence sur les cimaises une cinquantaine de tableaux de tous les formats mais aussi des habits de lumière de toreros, des muletas, des banderilles, une tête de Miura empaillé, des épées de corridas et autres éventails décorés qui font le décor très hispanique des lieux...

"À 48 ans, c'était maintenant ou jamais. Le commerce de fruits et légumes est un métier très dur physiquement. Maintenant j'ai la chance de vivre de ma passion et je travaille tous les jours. Je n'ai pas d'autre ambition que celle-là. Pour moi, c'est le bonheur !" Et la nuit, quand le sommeil tarde à venir, là où d'autres comptent les moutons pour tomber dans les bras de Morphée "Juan" le Nîmois compte... les toros. L'incarnation d'un bonheur sans nuage...

Philippe GAVILLET de PENEY

philippe@objectifgard.com

Yann Pérez. Peintre taurin. Galerie Fresque. 22, rue Fresque. Nîmes. Tél : 06 33 86 63 08. Mail : yperez487@orange.fr 

 

Etiquette

Philippe Gavillet de Peney

Après avoir traîné ma plume et ma carcasse un peu partout dans les rédactions des quotidiens régionaux de l'Hexagone, j'ai posé mes valises à Objectif Gard en mars 2016. Couteau suisse de la rédaction, j'interviens dans plusieurs rubriques avec une inclination plus marquée pour le sport, les portraits et les sujets de société... Au sein du journal, j'assure par ailleurs le Secrétariat de rédaction.

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