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FAIT DU JOUR Téléphonie : Saint-Jean-de-Valériscle se bat pour garder la ligne

Saint-Jean-de-Valériscle, une bourgade de 700 habitants. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard
Saint-Jean-de-Valériscle, une bourgade de 700 habitants. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

Le village de 700 habitants, situé à 20 minutes d’Alès, subit depuis de longs mois des coupures de son réseau de téléphonie fixe suite à des vols de câbles récurrents. La mairie se bat pour obtenir des solutions. L’opérateur Orange devrait les déployer en 2018.

Des jours, parfois des semaines entières, sans la moindre possibilité de communiquer avec l’extérieur. C’est la situation que vivent, par intermittence, les habitants de Saint-Jean-de-Valériscle. Depuis décembre dernier, des vols de câbles à répétition se produisent sur la commune, occasionnant de longues coupures sur le réseau téléphonique fixe et internet. « Cela représente aujourd’hui plus de cinquante jours d’interruption. Lorsqu’un câble est volé, il faut faire réparer le matériel et il faut compter au minimum quatre jours », souligne le maire Cathy Justet.

Max, 86 ans : « Si je me tombe, je peux prévenir personne »

Quatre jours, voire plus, pendant lesquels les villageois doivent prendre leur mal en patience. Sauf que pour certains, ces coupures ne sont pas sans conséquences. C’est le cas de Nadine Hillaire, infographiste au quartier de La Tournelle : « Moi, je ne travaille qu’avec Internet. Quand il y a une coupure du téléphone fixe, je ne peux plus correspondre avec l’extérieur et on ne peut plus me joindre. Mon activité tourne donc au ralenti et le dédommagement d’Orange n’est pas à la hauteur de mes pertes », explique-t-elle. Difficile de compenser, dans ces moments-là, avec le téléphone mobile. « Le réseau est très mauvais. Je pose mon téléphone sur le rebord de la fenêtre pour capter au mieux, mais ça fonctionne mal. » Alors, en attendant que le réseau soit opérationnel, Nadine Hillaire n’a pas d’autres choix que de sortir du village pour pouvoir envoyer ses mails. Une perte de temps.

Du temps, Max, 86 ans, n’en manque pas. Ce dont il pourrait manquer, en revanche, c’est d’assistance. Avec ces coupures de réseau, l’octogénaire, qui vit seul, n’a plus de moyen de communication : « Si la nuit j’ai un problème, comment je fais ? Si je me tombe (sic) ou quoi que ce soit, je peux prévenir personne. Et je paye quand même 26 euros par mois pour avoir le téléphone ! », déplore-t-il avant de poursuivre : « J’ai bien un portable, mais il ne me sert qu’en voiture. Ici ça ne passe pas. » Même problème pour Patricia, une infirmière de bloc opératoire qui doit assurer des astreintes. Dans une lettre envoyée au service client d’Orange, elle raconte : « On ne peut pas me contacter alors je dors sur un brancard dans le service (…) J’angoisse à chaque astreinte. Ce n’est plus viable. Nous habitons dans l’agglomération d’Alès et non au fin fond de la Lozère ou de la Creuse. »

La fibre en 2018 ?

La bonne nouvelle, c’est que la commune devrait, en 2018, voir le bout du tunnel. Pour mettre fin aux vols, Orange prévoit d’installer la fibre optique. « Ce n’est pas du cuivre et les voleurs vont vite s’en apercevoir, explique Véronique Fontaine, directrice des relations avec les collectivités locales du Gard pour Orange. De plus, cet équipement apportera plus de confort d’usage et de débit. Mais on ne peut pas l’installer avant le troisième trimestre de l’année prochaine. » Pour faire patienter les usagers, Orange va effectuer des travaux d’ici quelques semaines afin de dissuader les malfaiteurs : « Aujourd’hui, les câbles sont recouverts par des plaques qui sont systématiquement soulevées. Nous allons bétonner cet endroit pour empêcher les vols. » Coût de l’opération : 18 000 euros.

Le réseau mobile ne sera pas oublié puisque la commune recherche actuellement une parcelle pour installer une antenne et couvrir le secteur en 4G. Encore un peu de patience donc, pour que les habitants puissent bénéficier d’un service optimal. Mais la récompense devrait être à la hauteur de leurs espérances.

Élodie Boschet

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Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

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