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FAIT DU JOUR Une nouvelle centrale photovoltaïque en pleine garrigue

La centrale photovoltaïque de la Capelle-et-Masmolène a été inaugurée mardi matin (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
La centrale photovoltaïque de la Capelle-et-Masmolène a été inaugurée mardi matin (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Dans le Gard, on n’a pas de pétrole, mais on a du soleil. Beaucoup de soleil.

C’est sans doute pour ça que notre beau département est, avec une capacité de 193 mégawatts en tout, le premier département de toute la grande région Occitanie dans ce domaine. La nouvelle centrale de la Capelle-et-Masmolène, en plein coeur de la garrigue uzégeoise, va aider le Gard à conforter ce statut.

14 000 mégawatts annuels

Inaugurée mardi matin d’abord sous la grisaille et un épais brouillard, puis sous un franc soleil bien plus à propos pour une centrale photovoltaïque, elle s’étend sur 20 hectares au sud de la commune. « La capacité est de 12 mégawatts, ce qui était le maximum autorisé lors du dépôt du permis de construire en 2009 », explique Laurent Bonhomme, le PDG de l’entreprise héraultaise Arkolia, qui a bâti la centrale. Un permis déposé il y a huit ans donc, pour une centrale qui a ouvert ses portes il y a maintenant un an. « Ça n’a pas été un long fleuve tranquille », abonde avec un sens certain de la litote le maire de la Capelle Jean-Claude Saorin, au moment de se remémorer la genèse du projet.

Elle a donc mis du temps à voir le jour, mais elle est là et bien là, cette centrale, avec ses 44 000 modules, le petit nom du panneau solaire, ses 300 kilomètres de câble et ses 5 000 poteaux enfoncés à 1m80 de profondeur. « Le chantier a duré quinze mois, explique le responsable des travaux Michel Rudeau. Nous avons déboisé, enterré les réseaux, posé les structures métalliques et les panneaux. » Le tout étant « entièrement démontable », souligne le PDG. L’entreprise n’a pas utilisé de béton, et a payé une écotaxe sur les panneaux, ce qui garantit leur collecte et leur recyclage. En clair, « si après les trente ans du bail la commune veut rendre ce terrain à la nature, ça pourra être fait en deux mois », affirme Laurent Bonhomme.

On n’en est pas là, puisque la centrale produit actuellement 14 000 mégawatts par an. « Ça correspond à la consommation d’une ville de 6 000 à 7 000 personnes », ajoute le PDG de l’entreprise qui a déjà construit une quinzaine de centrales dont celle de la Capelle-et-Masmolène est une des plus imposantes. Une électricité achetée à 12 centimes le kilowattheure, « soit le même prix que le nucléaire », note Laurent Bonhomme, avant d’expliquer que cette centrale « contribue à une consommation locale et à l’équilibrage du réseau électrique. » La conseillère départementale Bérangère Noguier, après avoir précisé que le Département ne finançait pas ce type d’équipement, a tout de même salué le « maillage d’initiatives pour créer un futur aux nouvelles générations. »

« Le Gard représente le mix énergétique »

Le secrétaire général de la préfecture François Lalanne a quant à lui souligné le fait que « avec les parcs de Vallérargues, Belvezet et maintenant la Capelle-et-Masmolène, l’Uzège apporte sa contribution à la lutte contre le changement climatique » avant d’estimer que le Gard, avec à la fois son pôle nucléaire à Marcoule et ces nombreux projets dans les énergies renouvelables, « représente ce mix énergétique que nous avons tant de mal à penser et à mettre en oeuvre au niveau national. » Reste que le mix énergétique au sein des énergies renouvelables est déséquilibré : 85 % de l’énergie renouvelable produite dans le Gard l’est via le photovoltaïque, les éoliennes n’ayant pas le vent en poupe sous nos latitudes, même si un projet doit voir le jour à côté, à Valliguières.

Et si le solaire convainc davantage les communes, c’est aussi grâce à « son implantation discrète, sans impact visuel », affirme Jean-Claude Saorin. La redevance annuelle versée par l’exploitant à la commune, aux alentours de 50 000 euros annuels, ne gâche rien non plus. « En ces périodes de restrictions budgétaires, les revenus du parc vont nous permettre de mener des projets et d’entretenir les bâtiments publics », note le maire. De quoi achever de convaincre d’autres communes à sauter le pas : un projet de centrale photovoltaïque de 30 hectares est en projet dans la commune voisine de Castillon-du-Gard.

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Rien ne se perd : le bois des chênes coupés dans le cadre de la construction de la centrale « a alimenté les cheminées de nombreux villageois », affirme Jean-Claude Saorin, alors que le débroussaillage du terrain de la centrale a été « contractualisé avec un éleveur de moutons », précise Laurent Bonhomme.

Made in France ? : pas vraiment, puisque les panneaux solaires sont fabriqués en Chine, ce qui ne les empêche pas d’être d’« excellente qualité », d’après le PDG d’Arkolia. Un PDG qui s’empresse de préciser que « les panneaux ne représentent que 40 % du poids total de l’investissement, tout le reste est européen. »

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

31 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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1 commentaire sur “FAIT DU JOUR Une nouvelle centrale photovoltaïque en pleine garrigue”

  1. Nous n’avons pas assez de surface « bétonnée » en ville pour implanter des panneaux, plutôt que de couper des arbres?
    Les arbres ne sont pas utiles, des chênes en plus !
    Les parkings des supermarchés, et autres surfaces bétonnées vont peut être produire de l’oxygène et retenir l’eau des pluies.
    L’écologie ou le profit …..

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