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TRIBUNAL Nébuleuse affaire de « viol » et « d’agression sexuelle »

La salle d'audience du tribunal correctionnel de Nîmes (Photo Tony Duret / Objectif Gard)

Une histoire tranchée par le tribunal correctionnel de Nîmes cette semaine. Deux versions des faits diamétralement opposées étaient présentées par la plaignante et le prévenu...

Le 2 mars 2013, Michel P., un chauffeur routier alésien, offre une tournée des grands Ducs à une jeune femme qu'il connaît depuis quelques jours pour l'avoir abordée dans un fast-food de la capitale cévenole et lui avoir offert un sandwich. En déshérence familiale et sociale, celle qui se présente à l'époque comme intermittente du spectacle est accueillie dans un foyer de la ville après avoir été malmenée par un ex-compagnon. Elle explique au quinquagénaire qu'elle est sans ressources et qu'elle en est rendue à faire la manche dans la rue.

Jusque-là bon prince, l'homme lui propose un rendez-vous devant la poste d'Alès ce fameux 2 mars. Elle accepte et monte dans sa voiture pour une virée qui se transformera en tournée des cafés et restaurants du côté de Combas. Des explications fournies par le président Bandiera on retiendra que ce jour là les deux acolytes étaient passablement alcoolisés.

Mais aussi très excités, aux dires de Michel P. qui raconte que sa passagère n'arrêtait pas de "le tripoter dans la voiture" et qu'elle lui réclamait urgemment "un rapport sexuel." Absente à la barre, la plaignante ne pourra pas apporter la contradiction... Au cours de sa déposition, les enquêteurs consignent que Michel P. lui aurait demandé "de se prostituer pour lui sur le bord de la route" après avoir enfilé une tenue très dévêtue comportant des bas, un porte-jarretelle...mais pas de culotte. Un accoutrement suggestif que Michel P. conserve dans sa voiture, sous le siège passager. "C'était des affaires qui appartenaient à mon ex-femme. Ça peut arriver à tout le monde !", justifiera le prévenu.

S'il n'opposera pas de dénégations au fait d'avoir eu une relation sexuelle avec la jeune femme, Michel P. arguera que celle-ci était parfaitement consentante, tout en réfutant lui avoir proposé de se prostituer.

En examinant son portable, les enquêteurs trouveront des images et des vidéos de séances de bondage et de pratiques sadomasochistes où des femmes attachées sont violentées. Chez lui on trouvera un sex-toy et des pilules de Viagra. "Pour les vidéos, on se les envoie entre copains routiers et je ne sais pas les effacer. Le Viagra, c'est des collègues qui me l'ont donné mais je ne m'en sers pas", expose l'Alésien, incapable de dire pourquoi il a gardé les comprimés. Des copains qui n'en sont plus et se sont rapidement désolidarisés du prévenu après avoir fermement contesté ses allégations...

Le jour des faits, c'est un automobiliste qui observait la scène qui recueillera les premières confidences de la plaignante. Michel P. sera rapidement identifié grâce à la photo de sa plaque d'immatriculation prise par la jeune femme... S'appuyant sur les déclaration "constantes et circonstanciées de la victime", le représentant du ministère public réclamera une peine de 4 ans de prison dont un an assorti du sursis assorti un mandat de dépôt à l'audience.

Dans une -très- longue plaidoirie, l'avocat de Michel P. relèvera de nombreuses incohérences dans les déclarations de la jeune femme. Il arguera du fait que celle-ci avait eu de nombreuses occasions de quitter le véhicule de son client si elle l'avait voulu. Relevant par ailleurs que la bipolarité de la victime présumée avait pu la conduire à un épisode de désinhibition sexuelle frénétique (un des aspect de cette pathologie, NDLR), il réclamera la relaxe pure et simple du routier.

Le tribunal après en avoir délibéré fera connaître son verdict : 3 ans de prison ferme mais pas de mandat de dépôt pour Michel P. qui est reparti libre du tribunal après avoir manifesté son intention de faire appel du jugement.

Philippe GAVILLET de PENEY

philippe@objectifgard.com    

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Philippe Gavillet de Peney

Après avoir traîné ma plume et ma carcasse un peu partout dans les rédactions des quotidiens régionaux de l'Hexagone, j'ai posé mes valises à Objectif Gard en mars 2016. Couteau suisse de la rédaction, j'interviens dans plusieurs rubriques avec une inclination plus marquée pour le sport, les portraits et les sujets de société... Au sein du journal, j'assure par ailleurs le Secrétariat de rédaction.

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