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LE GRAU-DU-ROI Un conseil municipal presque calme…

TER Nîmes-la plage à 1 € et future Esplanade de la mer : la sécurité a occupé les débats.

 

Pendant la séance de ce mercredi 25 avril (photo Florence Genestier/Objectif Gard).

Ils s'abstiendront de voter toutes les délibérations en lien avec le budget de la commune tant que leur requête n'aura pas été examinée par le tribunal administratif (TA) de Nîmes. Le Groupe Le Grau du Roi Naturellement a - vérification faite - effectivement déposé une requête pour faire annuler le vote du budget principal de la commune qu'il a ostensiblement boudé et déserté lors du rendez-vous du 28 mars. Requête enregistrée par le TA le 17 avril dernier. Une semaine après cette démarche, les voilà autour de la table pour une nouvelle assemblée municipale. Plus calme que la précédente même si les échanges des élus de la station graulenne sont toujours vachards et sans fioritures.

Un conseil calme donc comme si une crise devait éclater entre les protagonistes pour que tout reprenne un rythme normal et pacifié... Ce mercredi, dès 18h35, le Front national râle au sujet de documents non reçus à temps et les échanges mi-figue mi raisin avec Robert Crauste repartent de plus belle. Quant à l'approbation du P.-V. de la séance du 28 mars, l'opposition étant sortie en bloc, difficile pour elle de l'approuver. Le FN vote contre, Le Grau du Roi Naturellement s'abstient.

Le tribunal administratif de Nîmes, compagnon indispensable de l'élu d'opposition graulen (photo F.G./OG).

Le premier dossier concerne une décision modificative de crédits concernant l'Esplanade de la mer. Philippe Parasmo de Le Grau du Roi Naturellement grince : "Vous avez voté le budget en mars et là, hop, déjà une décision modificative..." Abstention pour GDR Naturellement, les deux élues FN votent contre.

Le déplacement de la station de carburant pour les professionnels  de la pêche sur le parking de la Plagette, générée par les premiers travaux de restauration de l'ancien phare suscite aussi des débats. Le FN réclame "un projet d'ensemble avec plan" afin de visualiser mieux et "d'éviter la même situation pour le port de pêche avec le résultat que nous connaissons, à savoir qu'une des deux cuves devant la Socomap ne fonctionne pas". C'est la Socomap qui est maître d'ouvrage.

TER à 1 € : "Une convention totalement dépassée"

Le dossier qui a le plus capté l'attention, actualité et météo estivale oblige, a été celui de la ligne TER Le Grau-du-Roi - Nîmes à 1 €. L'affluence du week-end dans la station a été comparée par les professionnels à celle du mois d'août, météo et vacances étant combinées. Les incidents qui ont éclaté ce week-end au départ à la gare de Nîmes, provoqués par l'affluence due aux vacances et au temps estival, a poussé certains conducteurs de bus à exercer leur droit de retrait face au comportement agressif de certains passagers et aux bousculades. Trois cents personnes ont voulu monter dans les bus. "On s'est mobilisé pour assurer le retour des vacanciers", assure Robert Crauste.

Il s'agissait plus précisément pour les élus du Grau d'autoriser le renouvellement de la convention de médiation sociale entre la SNCF, le conseil départemental du Gard, la mairie du Grau-du-Roi et l'association Samuel Vincent, un service de prévention spécialisé avec éducateurs. Du 30 avril au 30 septembre, depuis 2011, deux médiateurs professionnels et trois autres intervenants, renforcés en juillet et août par deux autres équipes, interviennent pour tempérer les éventuels débordements sur la ligne. Une opération estimée à 110 000 € pour quatre médiateurs. Avec 10 000 €, Le Grau-du-Roi reste le plus petit contributeur comme le Département.

Mise en place en 2011, cette première ligne TER à 1 € du genre permet de doper la fréquentation estivale de la station. Entre 2010 et 2011, la fréquentation des plages graulennes a bondi de... 200% du fait de ce dispositif. Trois mille voyageurs chaque week-end de juillet et août, dix mille à quinze mille pendant les semaines estivales. Même si l'accompagnement de sécurité a toujours été présent, les incivilités et les chapardages dans la station se multiplient depuis trois ans et créent de vraies tensions. Le maire, qui a assisté récemment à la première réunion de calage du dispositif 2018, déplore une nouvelle fois la passivité de la municipalité de Nîmes sur le sujet. Absente de cette réunion de préparation, non-participante à l'opération, la capitale gardoise se garde bien de se mêler de ce genre de transports, au grand dam du premier magistrat graulen. Le maire ne semble pourtant pas vouloir continuer à revendiquer quoi que ce soit auprès de la cité de Jean-Paul Fournier. Lassitude ? L'opposition de droite s'engouffre dans la brèche des incidents nîmois : "Cela fait longtemps que les habitants et commerçants ont baissé les bras et sont découragés d'avance pour aller porter plainte, déclare pour Le Grau du Roi Naturellement, Alain Guy. C'est une brutalité qui se pérennise. On ne peut plus demander aux habitants de supporter cette délinquance, devenue dangereuse à côtoyer.  La convention est totalement dépassée !" Le FN relève une coquille dans un des textes indiquant que la convention était tripartite alors que quatre partenaires sont recensés.

Esplanade de la mer : des craintes implicites

Cette question de sécurité-là en entraînant une autre, le débat glisse vers la sécurité de la future Esplanade de la mer. Sans oser prononcer les mots "Nice" ou "Promenade des Anglais" ou "attentat" à l'aide d'un véhicule, ce cauchemar potentiel est bien présent dans les têtes. Sophie Pellegrin-Ponsole a adressé une question écrite au maire : quid de la sécurité "boulevard Maréchal-Juin, aux abords de la gare SNCF, lors des animations estivales sur les quais et sur le front de mer ?". Robert Crauste rappelle que "la sécurité était un point majeur de (son) programme de 2014" et que (selon lui)  "les effectifs sont passés de 13 policiers municipaux en 2014 à 21 en 2018". Il a aussi vanté les 37 caméras de vidéosurveillance et les renforts placés par la préfecture en saison. Un discours qui se veut rassurant mais qui ne dissipe pas les craintes exprimées par les trois oppositions. "Comment on bloque une voiture dans le secteur ?, s'alarme Sophie Pellegrin-Ponsole, c'est une question pratique." Robert Crauste botte en touche : "Je ne veux pas être anxiogène pour les Graulens, je suis gêné d'en parler, j'ai l'impression de transmettre de l'angoisse." Suit un échange féroce d'amabilités entre élus et commentaires divers qu'on souhaite épargner à notre lectorat..."Ce n'est pas seulement une question d'attentat, c'est aussi pour la sécurité routière, les voitures circulent sur l'Esplanade. Vous noyez le poisson comme d'habitude !", résume, agacée par les réponses craustiennes, l'élue de droite. Le maire n'a donc pas apporté de réconfort aux inquiétudes sincères, parfois un peu surjouées, de l'opposition sur ce sujet. Après Trèbes et surtout Nice, ces craintes d'attentat même en bord de mer sont hélas entrés dans le quotidien des citoyens.

 

Florence Genestier

À suivre. Dans le prochain papier consacré au conseil municipal, nous évoquerons les délibérations consacrées aux travaux de désamiantage de l'ancien phare, les tennis municipaux et la fourrière.

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Florence Genestier

Arrivée à Objectif Gard depuis juillet 2017, ma première carte de presse date de 1991 (si, si !). Née en Bourgogne, des études lyonnaises, quinze ans de PHR dans une région de montagnes, puis un détour par une mairie, la vie web d'associations et de projets sur Paris, Dijon, le sud Bourgogne, quelques chroniques judiciaires. Me voilà chargée de l'actu de la Petite Camargue :) de l'Espiguette jusqu'à Vauvert et au-delà. C'est sportif mais passionnant !

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