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NÎMES 14e Prix Hemingway : quand la littérature rassemble

Pour la première fois depuis sa création le prix Hemingway est parti en Espagne.

 

Accolade de Gil Galiot et José Luis Valdès Belmar, sous l'œil ému et ravit de Dolorès Coeffic vice-présidente des Avocats du Diable, en arrière plan, Yuri Buennaventura, heureux et discret malgré sa notoriété, (Photo Jean-Pierre Palomar)

La dernière journée de la Feria de pentecôte voit une tradition vieille de 14ans : la remise du prix Hemingway. Cette année, c'est au Musée des cultures taurines que le rendez-vous était donné.

Loren Pallatier, peintre torérographe qui expose en ce moment à la Chapelle des Jésuites avec Jacques Olivier Liby, président des Avocats du Diable (Photo Jean-Pierre Palomar)

Présent autour des avocats du Diable et de leurs partenaires, un public composé de manadiers, d'auteurs, de sculpteurs, de peintres, de photographes, de chanteurs, de dessinateurs… D'aficionados bien sûr, d'amoureux de la littérature évidemment. Une foule colorée et cosmopolite. De Nîmes à l'Espagne en passant par Paris et ailleurs, sans âge ni appartenance sociale, ils sont venus parce que les Avocats du Diable ont réussi le pari d'une littérature qui rassemble. Parmi les membres du jury, ont reconnait Marion Mazauric, qui préside à la destinée du Diable Vauvert, Gil Galiot, metteur en scène, auteur, comédien parisien et aficionado, Carole Chrétiennot, co-fondatrice du Prix de Flore et du prix de la Closerie des Lilas, Eddie Pons… Dans le public, Yuri Buennaventura, le musicien et chanteur colombien et grand ordonnateur de la salsa latina, Loren Pallatier, le torérographe…  Et puis des élus locaux, venus aussi parce que c'est un plaisir de se fondre à cette foule rassemblée autour des mots et des émotions.

Une décision difficile

Marion Mazauric souligne "un millésime exceptionnel", 20 finalistes choisis parmi presque les 197 en lice, des auteurs français, espagnols, sud-américains mais aussi chinois, africains… Rassembleur encore. Difficile donc de se décider avoue le jury, chacun défendant sa nouvelle. Dix pouvaient prétendre au prix, trois étaient quasiment à égalité. "Il a fallu appliquer le principe de l'entonnoir," confie Marion Mazauric…

José Luis Valdès Belmar, le premier lauréat étranger du prix (Photo Jean-Pierre Palomar)

Et c'est José Luis Valdès Belmar qui l'emporte finalement avec sa nouvelle Ombres de lune. Espagnol, chirurgien et aficionado avant de naître, sa famille maternelle ayant été concierge des arènes depuis 1887.  Sa nouvelle est dédiée à Enrique Ponce et place le toro (appelé Gladiator, clin d'œil aux arènes de Nîmes) au cœur d'une émotion qu'il n'est pas besoin d'être aficionado pour ressentir. La nouvelle raconte un indulto (grâce du toro). Comme l'a souligné l'auteur. "L'indulto, c'est la fête de tous. La Feria est une fête de vie"  ! Toréer c'est une façon d'affronter la vie et la mort. Un artiste doit savoir où est le rêve et prendre soin de ne jamais l'atteindre pour ne pas l'étrangler..."

Lecture

Philippe Béranger, comédien et lecteur, émouvant et juste (Photo Jean-Pierre Palomar)

Le prix remit, nous voici à la lecture. "Littérature et tauromachie", l'intitulé du prix résonne avec force. Dans un silence de cathédrale, la voix profonde et vibrante de Philippe Béranger habite l'espace. Ombres de lune, transporte, émeut, régale …

Gil Galiot, "je ne m'éloignerai pas"

Gil Galiot à gauche avec un Yuri Buennaventura venu à titre personnel rejoindre ses nombreux amis (Photo Jean-Pierre Palomar)

Heureux Gil Galiot confie : "C'est la première fois que je suis juré d'un prix. Et c'était un plaisir tant les choses sont faites avec rigueur. Chacun a défendu sa nouvelle mais je suis content du choix qui a été fait. Cette année, il est important de replacer la tauromachie au centre du propos. Je ne sais pas si j'écrirai une nouvelle l'an prochain mais je ne m'éloigne pas des Avocats du diable. Trop de liens sont tissés. C'est aussi une rencontre amicale. Cette place de lauréat est un tremplin qui m'a projeté dans l'écriture d'un premier roman qui prend forme." 

Le prochain prix Hemingway verra des centaines d'auteurs de nationalités et de sensibilités différentes poursuivre leurs rêves en prenant soin de ne pas l'étrangler…

Véronique Palomar

Etiquette

Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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