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C’EST L’ÉTÉ Un accueil presque parfait à… Saint-Laurent d’Aigouze

Choisir Saint-Laurent d'Aigouze et sentir battre le cœur de la Camargue

La vison unique d'une arène dont le toril et la présidence sont accolés à la sacristie. Un particularité qui vaut le détour (photo Véronique Camplan)

Sous un soleil écrasant, les cigales accompagnent le silence jusque sur la place.

Dès l'arrivée, on a le sentiment d'être dans un village à aucun autre pareil. Le cœur de ville semble tourner autour des arènes ou de l'église. Des deux en fait, accolés comme des siamois improbables. Mais commençons par le commencement…

Incontournable : La Maison du tourisme

La Maison du tourisme  de Saint-Laurent d'Aigouze  occupe une ancienne école de filles, inaugurée par Gaston Doumergue alors qu'il était ministre des Colonies (Photo Véronique Camplan)

Comme tout bon visiteur avide de découvertes et pragmatique, première étape : la Maison du tourisme. Sis à l'entrée du village dans une ancienne école, l'office intercommunal nous accueille dans la fraîcheur de ses murs épais. Et c'est tant mieux parce que nous allons y passer un moment. Sa responsable souriante et disponible est une mine de renseignements. Une bonne demi-heure plus tard nous repartons avec une moisson de curiosités à découvrir et quelques renseignements précieux.

À savoir absolument : pendant tout l'été à la Maison du tourisme, qui dispose d'une vaste cour,  organise une  dégustation de produits locaux ouverte à tous, tous les lundis matins. En plus, on peut y rencontrer des villageois, des manadiers et des sociétés qui proposent des promenades en 4X4. En pleine saison on peut s'y retrouver à 80 dans la joie et la bonne humeur. "Ceux qui passent par la Maison du tourisme reviennent toujours", nous confie la jeune femme. On la croit volontiers. On apprend aussi qu'il existe un wifi gratuit, Vidourle Camargue, avec une connexion possible dans de nombreux sites. Et bien sûr, nous faisons provision d'une documentation riche, plans en tout genre, itinéraires et même un petit fascicule en préparation d'une visite guidée à pied du village. En avant !

L'empreinte de la Camargue !

La place fait face aux arènes et à l'église. C'est le centre névralgique du village (photo Véronique Camplan)

Saint-Laurent d'Aigouze a su garder son âme. Et c'est ce que l'on ressent lorsque l'on longe les maisons ornées de balcons en fer forgé, que l'on pousse jusqu'au temple érigé en retrait d'un square planté d'oliviers.

Un temple imposant

Un bien grand temple pour un si petit village (Photo Véronique Camplan)

Ce temple est imposant pour un si petit village (3 500 habitants). Les guerres de religion ont marqué  la région. Les Camisards se sont emparés plusieurs fois du village et de tout Carbonière, un point stratégique pour contrôler les Salins. Au XVIIIe siècle, plus de 90% de la population était protestante. Aujourd'hui, les protestants représentent encore plus de 60% de la population. Au hasard des rues, on découvre des sculptures ornant les façades. Une roue avec une inscription "1782" : la maison d'un charron ? À l'angle de la rue Carnot, un porche serait, selon certains historiens, les vestiges très anciens de fortifications. En face de la mairie, un autre porche, qui lui cache une bodega "À la siete de la tarde" qui, le week-end, met tapas et fête au programme.

La boucle bouclée, on fait un tour des arènes pour lire les panneaux du musée à ciel ouvert qui renseignent le visiteur sur les traditions, les personnalités et l'histoire locale.  Puis il est temps de se désaltérer. Nous avons le choix entre 3 cafés et nous choisissons celui qui se tient à l'arrière des arènes : le café du Commerce. Accueil souriant, eau fraîche et glaçons à volonté pour noyer un "Gambetta"  (sirop du sud à base de plantes) dans un grand verre.

Rare à bien des titres !

Saint Laurent d'Aigouze (photo Véronique Camplan)

Pas question de partir du village sans avoir visiter l'église. En temps normal elle n'est pas ouverte souvent. Le mercredi et de temps en temps. Pour en être sûr se renseigner à la Maison du tourisme. Le jour où nous sommes passé, on inaugurait sa toiture toute neuve. Un coup de chance ! On a pu voir l'intérieur et ça vaut la peine. L'édifice date du XIIe siècle est c'est un des rares de cette époque qui ait conservé ses peinture intérieures. Ce qui confère au lieu une atmosphère moyenâgeuse authentique. Les vitraux sont rénovés ainsi que la charpente mais tout a été fait dans les règles de l'art et l'église garde tout son cachet. Il faut dire qu'elle offre la particularité quasi unique d'avoir le toril et la présidence des arènes accolés à la sacristie. D'ordinaire, seule une église mexicaine est agencée de la sorte !

La martelière du Vidourle, un joli but de randonnée

la martelière du Vidourle Saint_Laurent d'Aigouze (Photo Véronique Camplan)

Sur la place du village, on trouve un plan avec le départ de 6 randonnées. On peut aussi se renseigner à la maison du Tourisme. Par ces temps de chaleur accablante nous avons choisi de vous faire découvrir un joli site qui vient tout juste d'être défriché. Si en mai, il est agréable de faire les 10,2km aller/retour à pied sur une petite route qui longe des paysages camarguais de carte postale, nous avons opté pour la voiture ; ce qui est possible sur cette promenade.

La martelière du Vidourle, est une porte comme il y en a tant en Camargue et qui sert à réguler les canaux qui irriguent les Salins ou à dévier le cours du fleuve lors des crues. Celle-là est remarquable par son architecture et le site peut même accueillir un pique-nique à l'ombre des arbres. Malheureusement en ce moment, la baignade dans le Vidourle n'est pas possible. Se renseigner quand la température aura un peu baissé, voyant disparaître les bactéries indésirables qui prolifèrent avec la chaleur.

Tour Carbonnière et… la rouille de Véro !

La tour Carbonnière gardait les Salins et Aigues-Mortes (Photo Véronique Camplan)

Bien placée dans le tiercé gagnant des curiosités de Saint-Laurent d'Aigouze, la tour Carbonnière est citée pour la première fois dans un texte daté de 1346 qui donne des précisions sur la fonction de l’ouvrage. Il y est dit que « cette forteresse est la clé du royaume en cette contrée. » En effet, située au milieu des marais, elle était le passage obligé pour accéder à Aigues-Mortes et son franchissement faisait l'objet d'un péage.

Elle était tenue par une garnison composée d’un châtelain et de plusieurs gardes. La terrasse pouvait supporter jusqu’à quatre pièces d'artillerie. Elle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1889 et on la longe lorsque l'on emprunte l'ancienne route d'Aigues-Mortes.

Le restaurant de La Tour Carbonnière est dirigé par une enfant du pays  (Photo Véronique Camplan)

En contrebas de la tour, au bord du canal du Rhône à Sète, le restaurant  de la tour Carbonnière invite à la pause. Une jolie terrasse dans un jardin ombragée et la possibilité de se régaler des spécialités locales pour un prix raisonnable (autour de 18 € le plat). Tout est frais et fait maison, c'est la fierté de Véronique Jourdan, une native de Saint-Laurent d'Aigouze, fière de son territoire et heureuse d'en faire découvrir les saveurs. On fait des kilomètres pour sa rouille de poulpe à la graulenne. Un régal ! On peut aussi se laisser aller au baba au rhum, moins typique mais délicieux. À noter, une jolie carte de vins régionaux et un service midi et soir 7 jours sur 7.

On ne le croyait pas mais le village, si petit soit-il, et ses alentours demandent bien plus d'une journée pour en apprécier les trésors. Nous repartons avec l'envie d'y revenir pour faire la fête avec les villageois, une autre spécialité dont nous reparlerons.

Véronique Palomar-Camplan

La Siete de la tarde : ouvert les vendredis et samedis en soirée (bodega) : 06 82 10 52 67.

La Tour Carbonnière : ouvert tous les jours midi et soir : 06 10 64 23 60.

La maison du Tourisme Boulevard Gambetta, 30220 Saint-Laurent-d'Aigouze. Téléphone : 04 66 77 22 31

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Etiquette

Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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