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MARCOULE Un « hackathon » pour inventer le démantèlement nucléaire de demain

Pour la première fois, 90 jeunes du Campus des métiers et des qualifications « Process et technologies en milieux sensibles » du lycée Einstein de Bagnols ont phosphoré dans le cadre d’un « hackathon » ce vendredi au CEA Marcoule.

Le "HackaDem" du CEA s'est achevé par une remise des prix en présence du député Anthony Cellier et du directeur du CEA Marcoule Philippe Guiberteau (DR)

En préambule, il faut définir ce qu’est un « hackathon ». Il s’agit tout simplement d’un processus créatif issu de l’innovation numérique, qui vise à « faire réfléchir des jeunes sur des thèmes d’innovations, pour obtenir une innovation libre, des idées nouvelles des nouvelles générations », explique le coresponsable du Master en management du démantèlement Yannick Gomez. En d’autres termes, il s’agit d’apporter des idées neuves dans un secteur qui reste encore largement à défricher.

« Montrer que le démantèlement se prête très bien à l’innovation »

Le « HackaDem », pour « hackathon » du démantèlement, s’est donc tenu sur une journée. Les dix groupes de lycéens ont dû phosphorer sur une série de problèmes fictifs mais réalistes. Il s’agissait d’une installation nucléaire composée de neuf salles « avec une problématique rencontrée dans le démantèlement dans chaque salle que les lycéens doivent parcourir avec un robot, en trouvant un parcours optimisé tant dans les délais que dans la dosimétrie (la quantité de radiations subie, ndlr) du robot afin de parvenir à la salle finale », explique Yannick Gomez. Pour résoudre ce casse-tête, les jeunes ont pu compter usr l’expertise de cinq startups locales et régionales spécialisées dans le démantèlement nucléaire : les gardoises Oreka Solutions, Gambi-M, Innowtech et ISYmap, et la Toulousaine Elements Nuclear.

Après une matinée à plancher sur les problèmes et à trouver des solutions — les ventouses, drones, bras articulés en titane, relais wi-fi et capteurs ultrasons ont eu la cote —, les lycéens ont présenté sous forme de pitch de cinq minutes le fruit de leur travail l’après-midi à un jury de professionnels. « Toute la panoplie des innovations numériques a été mobilisée, c’était un des objectifs, montrer que le démantèlement se prête très bien à l’innovation », note Yannick Gomez. C’est que peut-être plus que de dénicher des innovations pour le secteur, le but de cette journée était aussi de montrer à ces jeunes de la filière Sciences de l’ingénieur et Sciences et techniques de l’industrie et du développement durable que le démantèlement « est un secteur passionnant mais méconnu, avec des défis majeurs, à travers notamment du numérique », poursuit le coresponsable du master, et ainsi attirer les meilleurs jeunes dans ce secteur.

« Les jeunes ont beaucoup d’imagination »

C’est que, comme l’affirme l’adjoint au directeur de la direction du démantèlement des centres civils du CEA Bernard Vignau, « il reste encore beaucoup de verrous technologiques à lever dans le démantèlement. » Un secteur dans lequel le CEA investit 740 millions d’euros chaque année, une somme avec laquelle « il faut en faire beaucoup plus, être plus performant, et l’innovation est au coeur de cet enjeu », affirme Bernard Vignau.

Justement, côté innovation, « les jeunes ont beaucoup d’imagination et ont proposé des pistes très intéressantes et cohérentes avec ce qui existe, s’enthousiasme Bernard Vignau. Ils ne s’interdisent pas de réfléchir à d’autres systèmes. » « Ça pourra leur donner des idées pour leur projet du bac », ajoute Yannick Gomez. Et pourquoi pas les convaincre de se consacrer au démantèlement, une industrie dans laquelle la France fait office de figure de proue au niveau mondial.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

Et aussi :

Le démantèlement nucléaire consiste en la déconstruction de toutes les installations utilisées dans l’industrie nucléaire, en clair toutes les installations où il y a de la radioactivité. Des chantiers sont en cours en France, certains plus avancés que d’autres. Par exemple, « à Grenoble nous avons démantelé deux réacteurs et nous avons envoyé il y a quelques semaines un dossier de déclassement du site, pour le libérer des contraintes liées à la radioactivité », explique Bernard Vignau, qui parle d’« exemple à suivre » à propos du chantier isérois. Pour Marcoule en revanche, « il s’agit d’un des chantiers les plus complexes d’Europe », note Bernard Vignau, même si le démantèlement de l’usine arrêtée en 1996 est en cours depuis deux décennies. « Nous sommes très sollicités par des pays qui ont arrêté leurs installations, Marcoule est une référence, nous avons essuyé les plâtres, il nous a fallu innover. »

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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