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FAIT DU JOUR Carole Delga défend sa « république des territoires » dans l’Uzège

La présidente de la région Occitanie Pyrénées Méditerranée Carole Delga passe le week-end dans l’Uzège. L’occasion d’aborder de multiples sujets, de l’éducation au tourisme en passant par l’économie et l’alimentation, et de faire passer quelques messages.

Les élus ont visité le site qui accueillera l'internat commun aux deux lycées d'Uzès (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

C’est au milieu des préfabriqués qui jonchent le vieux lycée Gide que la visite de la présidente de la Région a démarré, au pas de course, hier après-midi. Un lycée qui souffre — comme le deuxième lycée de la ville, le lycée des métiers d’art Guynemer voisin de quelques dizaines de mètres — d’une problématique liée au manque de place et au manque de places d’internat. Il a donc été décidé de bâtir un internat commun aux deux lycées, ainsi qu’une restauration, sur le terrain de l’ancien gendarmerie qui se situe entre les deux établissements. Un projet qui a pris du retard pour une bonne et simple raison : la découverte en 2016 d’une mosaïque romaine lors des fouilles préventives. Une fois la mosaïque déposée et le maire Jean-Luc Chapon assuré qu’elle reviendrait bien dans la cité ducale, les travaux ont pu débuter.

D’ailleurs, les élus devaient en poser la première pierre ce vendredi. Ils n’en feront finalement rien, ce qui n’aura qu’un impact symbolique sur ce projet réparti sur trois bâtiments, dont un existant (l’ancienne gendarmerie), conçu pour accueillir 230 élèves, et 440 élèves pour la salle de restauration. Une cuisine et une salle de sport sont également au programme de cette première tranche, dont les travaux doivent s’achever en septembre 2020. « Nous nous réjouissons de voir ce projet tant attendu se concrétiser », note la proviseure du lycée Carole Cherki-Aguilera, rejointe par son homologue du lycée Guynemer Thierry Delaigue : « cet équipement représentera le lien indispensable entre les filières, et va permettre d’améliorer considérablement les conditions d’enseignement et de travail. »

« Un pack » d’élus

Pour parvenir jusqu’à ce début de concrétisation, il a fallu que les élus forment « un pack », selon les termes très rugbystiques de la présidente d’une Région aussi portée sur le ballon ovale. Le Département a ainsi cédé le terrain de 6 560 mètres carrés à l’euro symbolique à la Région, car « même si ce terrain avait une valeur vénale, quand on parle d’éducation, peu importe le prix car on parle de l’avenir de 1 200 lycéens, dont 300 en difficulté pour trouver un logement », souligne le président du Conseil départemental Denis Bouad. En aparté, la somme d’un million d’euros revient quant à ladite valeur vénale. Un montant qui peut donc être considéré comme la participation du Département à la création de ce que le directeur académique des services de l’Éducation nationale du Gard (le DASEN) Laurent Noé qualifiera de « campus ». « Il y a tout ici pour faire un campus de l’avenir », s’enthousiasmera même le DASEN.

La visite s'est poursuivie dans les deux lycées, ici au lycée des métiers d'art Guynemer (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

« Nous sommes sur l’essentiel » martèlera à plusieurs reprises la présidente de la Région, de retour dans un département où elle affirme être « très présente », notamment car « il y a un vrai plaisir à travailler ensemble ici, avec le Conseil départemental on s’entend bien et on se comprend très vite. » Carole Delga rappellera ensuite que la Région investit 25 millions d’euros sur cette première tranche, qui sera suivie de la construction d’une salle polyvalente et de nouvelles salles de classe pour 8,5 millions d’euros. Un investissement « essentiel » aussi car « il s’agit d’un établissement structurant pour l’avenir de la ville, qu’on a la chance de pouvoir maintenir en centre-ville. » La présidente n’oubliera pas non plus d’évoquer la construction du lycée de Sommières, et « les travaux de Jean-Baptiste Dumas à Alès pour 65 millions d’euros, et ceux du lycée de Bagnols pour 28 millions d’euros » programmés, et le chiffre de plus de 300 millions d’euros investis depuis 2016 dans les lycées du département.

Un contrat territorial « sur-mesure »

À peine le temps de boire un verre d’eau que tout l’aréopage s’est dirigé vers l’office de tourisme, pour le dévoilement du totem Grand Site Occitanie / Sud de France. Un label créé par la Région, « qui va nous permettre d’accéder au marché international dans le tourisme », se félicite Denis Bouad. Un office de tourisme désormais commun à la Communauté de communes du Pays d’Uzès et à celle du Pont du Gard, tout comme le Pays et le Schéma de cohérence territoriale (le SCOT), qui ont fusionné pour créer le Pôle d’équilibre des territoires ruraux (PETR) Uzège Pont du Gard. C’est sur ce thème que s’est poursuivie à l’hôtel de ville la visite de Carole Delga, avec la signature d’un contrat territorial liant le PETR, la Région et le Département.

Le totem grand site occitanie a été dévoilé devant l'office de tourisme (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

« Le PETR est un outil de développement et d’aménagement du territoire qui permet d’accéder à des crédits européens, avec une liaison directe avec la Région qui gère ces crédits, et de travailler avec l’État sur des dossiers », rappelle Denis Bouad, qui n’a pas ménagé ses efforts pour mailler le département de PETR, surtout dans ces temps de restrictions budgétaires. « Ce contrat va nous apporter un effet levier sur nos investissements », affirme pour sa part le président du PETR Louis Donnet. Concrètement, le contrat signé hier est « sur-mesure, car je suis convaincue que la croissance économique et sociale vient d’une libération des énergies du territoire, je suis pour cette république des territoires », affirmera Carole Delga, comme à chacune ou presque de ses sorties publiques sur le territoire régional, du reste.

Un modèle soutenu en espèces sonnantes et trébuchantes par la Région, qui finance une partie des salaires des agents du PETR, et qui compte « 18 opérations inscrites pour sept millions d’euros dont 1,5 million d’euros de la Région pour 2018 », avance Carole Delga. On y retrouve du soutien au commerce de proximité, le centre culturel l’Ombrière (avec 1,2 million d’euros de la Région), la mise en accessibilité de la mairie de Remoulins (avec 70 000 euros de la Région), une salle associative à Pouzilhac (avec 58 000 euros de la Région) ou encore la participation à la Cleantech vallée du côté d’Aramon, dans le cadre du Contrat de transition écologique.

Le contrat territorial du PETR a été signé en mairie d'Uzès (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Autant de projets qui impliquent une multitude d’acteurs institutionnels, pour former un « pack d’élus », toujours d’après les termes fleurant bon l’ovalie répétés par Carole Delga. Les citoyens sont quant à eux appelés à se prononcer sur l’alimentation, « grande cause régionale 2018 », par le biais d’une consultation citoyenne qui sera lancée ce samedi sur le marché d’Uzès, objet de la suite de la visite de Carole Delga. Reste à voir si pour cette « grande cause régionale », les citoyens formeront eux aussi un « pack. »

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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