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FAIT DU JOUR Gilles Leclerc, le rouge et le vert

L’ancien joueur de Nîmes et de Saint-Étienne est désormais vigneron à Saint-Victor-la-Coste. Il a lancé deux cuvées en hommage aux Crocos et aux Verts.

Gilles Leclerc avec ses cuvées rouges et vertes (photo Norman Jardin / Objectif Gard)

Après sa carrière de footballeur, le Nîmois a changé de cap. Il est passé des stades aux champs de vignes. Mais il n’a jamais oublié ses années vertes, ni celles en rouge.

« Il faut toujours garder les bons souvenirs ! » Gilles Leclerc a vu du pays. Du sud au nord, il a posé ses crampons dans pas moins de neuf clubs. Aujourd’hui, le quinquagénaire ne conserve que le meilleur de ses aventures footballistiques. S’il est né à Nîmes et qu’il rêvait d’évoluer chez les Crocos, c’est à Laudun que son histoire de sportif débute. « Comme j’étais un peu grand, on m’a mis en défense et j’y suis resté », se souvient l’arrière-central.

Nous sommes au milieu des années 1970 et la France vibre aux exploits des Verts de Saint-Étienne : « notre maillot était vert et quand nous affrontions Nîmes, c’était le remake de l’ASSE contre Liverpool ou le Bayern ». Gilles a des qualités qui lui permettent d’être sélectionné en équipe de Languedoc-Roussillon. Il se voit bien prendre la direction du stade Jean-Bouin, mais c’est Alès qui se manifeste en premier. Il part alors dans la capitale des Cévennes où il fait de belles rencontres.

Didier Monczuk et Gilles Leclerc sous le maillot nîmois lors de la saison 1992-93 (photo archives privées de Gilles Leclerc)

Il y a d’abord Léonce Lavagne, son mentor, puis Gilbert Boissier qui en plus d’être un formateur, est aussi un boulanger. « Sa boulangerie était située à proximité du lycée. Nous y passions souvent, c’était notre petite maison ». C’est aussi à Alès qu’il fait la connaissance de Pierre Barlaguet, « un grand monsieur, espiègle. C’était un sage. »

Ses performances à l’OAC ne passent pas inaperçues, d’autant qu’il remporte deux tournois internationaux de Toulon, avec l’équipe de France Espoirs. Il joue avec Didier Deschamps, David Ginola et Youri Djorkaeff. Bordeaux et Marseille se manifestent, mais il choisit d’aller à Strasbourg, pour cinq saisons où Gérard Banide est l’entraîneur. « Quand je signe au mois de mars, ils sont 12e mais à la fin de la saison ils sont relégués en D2. » L’épisode au Racing tourne court et Gilles est prêté chaque année loin de l'Alsace.

« Saint-Étienne, c’est mon meilleur souvenir de footballeur »

D’abord à Alès (D2) où il retrouve Lavagne, puis à Perpignan (D2) qui lui permet de terminer sur le podium des étoile France-Football. En 1992, un premier rêve se réalise. Le Toulouse FC de Victor Zvunka et le Nîmes Olympique de Lavagne sont sur les rangs : « le choix a été facile ». Mais aux Costières, c’est la désillusion « l’ambiance et la mentalité n’étaient pas bonnes, c’est dommage car individuellement, il y avait de la qualité ». Leclerc retourne à Strasbourg pour résilier son contrat et s’engage avec Bastia pour deux ans.

La première saison est un succès avec une montée en D1. Mais la seconde est plus difficile « au premier entraînement, je me blesse au tendon et je rate les huit premiers mois ». Le fils de fermier n’a pas encore fini de faire ses bagages, mais il aime ça. Après un passage à Valence, c’est à Saint-Étienne qu’il atterri. Après Nîmes et Bastia, c’est un troisième club dont il rêvait quand il était enfant. « L’ASSE, c’est mon meilleur souvenir de footballeur. J’ai aimé la ferveur de ce club et le contact avec ses supporters ».

Gilles Leclerc décroche le titre de champion de D2 avec Saint-Étienne en 1999 (photo archives privées de Gilles Leclerc)

Aujourd'hui encore, il n’est pas rare de voir des fans de Saint-Étienne venir frapper à la porte de la Grange-Rouge à Saint-Victor-la-Coste. Chez les verts, il vit la remontée en D1. Les années passent, mais Gilles veut encore jouer. Toutefois, les expériences à Sochaux et Wasquehal le laissent sur sa faim.

Il tente une dernière aventure à Nîmes. Seulement, en cette saison 2002-2003, le Nîmes Olympique, qui évolue alors en National, n’est pas un modèle de stabilité. « C’était le flou artistique. Parfois, l'entraîneur, François Brisson, n’était pas là. Le président, Michel Coencas, je ne l’ai jamais rencontré. Des fois, nous n’étions que sept ou huit à l’entraînement ! » Avec les Cohade, Jouffre, Barralon, Kanté et De Palmas, il parvient à maintenir le club. Malgré tout, Gilles estime avoir retrouvé l’esprit nîmois sur le terrain et souhaite faire une autre saison. Didier Ollé-Nicole, le nouveau coach, s’y oppose.

« Au lieu d’acheter des appartements, j’ai acheté des vignes »

C’est ainsi que la première carrière de Gilles Leclerc prend fin. Il décide alors de se lancer dans la viticulture. C'est un secteur qui l’attire depuis longtemps. « Au lieu d’acheter des appartements, j’ai acheté des vignes. » C’était il y a 13 ans et désormais, au domaine Carmélisa, c'est sur 34 hectares qu’il travaille avec sa vision du métier : « je me base sur un calendrier lunaire. J’en apprends tous les jours et je me régale ». Depuis deux ans, il s’occupe de l’aspect commercial : « je présente mon vin, c’est le résultat d’une année de travail et que les gens l’apprécient, c’est agréable. Dans mon vin, je raconte des petites histoires et les gens aiment ça ! »

En 2011, il lance La cuvée verte où, sur l’étiquette, il pose avec le maillot de Saint-Étienne. Plus récemment, il crée La cuvée rouge, avec Patrick Cubaynes (un autre ancien Croco) avec qui il figure avec la tunique nîmoise. Ses deux anciens clubs l’ont profondément marqué, et ce soir, pour le Nîmes Olympique – ASSE (Coupe de la Ligue), il ne choisira pas son camp : « J’ai encore beaucoup de potes à Saint-Étienne ».

Des amis, Gilles Leclerc en a aux quatre coins du pays et il a aussi beaucoup de souvenirs, juste les meilleurs.

Norman Jardin

 

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1 commentaire sur “FAIT DU JOUR Gilles Leclerc, le rouge et le vert”

  1. Supporter d’Alès, j’ai vraiment apprécié cette époque où Gilles portait le maillot Bleu/Blanc de l’OAC.
    Au stade Pierre Pibarot, quelle ambiance à l’époque !

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