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FAIT DU JOUR Catherine Derousseaux, championne parmi les champions

La Nîmoise sera la copilote de Kenjiro Shinozuka pour l'Africa Éco Race.

Vue d'en haut... Le stationnement ordonné de l'Africa Éco Race.

Dans quelques jours, la 11e édition de l'Africa Éco Race s'élancera de Monaco pour 15 jours d'aventure extrême sur les routes aériennes du Dakar.

En effet, du 30 décembre 2018 au 13 janvier 2019, plus de 200 concurrents partiront à l'assaut du désert en traversant le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal avant l'arrivée devenue mythique au Lac Rose.

Une expérience rallye riche en émotions qui fera la part belle à la navigation, d'où le portrait du jour. 6 022 km dont 4 014 km de spéciale...  " Cette année avec plus d'un tiers du parcours renouvelé, nous avons voulu axer la course sur la navigation et le hors-piste, encore plus que les éditions précédentes ", explique l'ancien pilote René Metge, directeur sportif de l'épreuve,

Dans ce rallye africain par excellence, les pilotes auront plus que jamais besoin de leurs copilotes pour se repérer dans les dunes... " En Mauritanie, pas moins de 45 % du parcours sera du hors-piste ! Les fortes précipitations de cette année ajoutent en difficultés puisqu'elles ont redessiné les dunes et de nouveaux bancs de sable se sont créés. "

L'Africa Éco Race

C'est là qu'intervient notre championne du jour. Une Nîmoise habituée des challenges sera là. Une Nîmoise qui sera la copilote d'un certain Kenjiro Shinozuka (les passionnés de la discipline se souviendront qu'il a remporté le Dakar en 1997) ! " Je suis Niçoise mais j'habite Nîmes depuis plus d'un an maintenant. J'ai même pris ma licence de sport automobile à Alès ", raconte Catherine Derousseaux qui n'oublie pas de remercier le trésorier de la Fédération française du sport automobile, Samuel Teissier, pour son accueil gardois.

Kenjiro Shinozuka et Catherine Derousseaux, duo de choc.

Mais comment en vient-on à être championne d'un sport où les femmes sont ultra minoritaires... " Je baigne dans le milieu depuis mon enfance. Je suis la filleule de Pierre Lartigue qui a gagné le Dakar et a été plusieurs fois champion du monde. J'ai commencé la compétition à l'âge de 16 ans en rallye. C'est l'âge minimum légal pour un sport automobile mais j'ai commencé sous dérogation parentale. À partir de mes 18 ans, j'ai fait du rallye avec des voitures modernes puis je suis rapidement arrivée à concourir pour le championnat de France. J'ai été propulsé au haut niveau en 2005 où je suis restée jusqu'en 2014 où je me suis installée un an à Dubaï. "

BTS en poche, elle ne s'arrête pas là et entame une double licence en Staps suivie d'un Master. Une tête bien faite dans un corps qui encaisse. " J'ai eu un parcours un peu fou mais bon... " En course pour les Championnats d'Europe trois ans durant avec des pilotes étrangers, Catherine se fait par la suite débaucher par une partie de la famille princière (Al Qassimi) dont deux frangins sont investis dans le sport auto. Elle roule alors avec Abdallah et a été la première femme de l'histoire à être championne dans la péninsule arabique !

" J'ai peu à peu moins couru car ça prend du temps. J'étais loin des 25 rallyes par an comme c'était le cas en 2012... J'ai fait le Dakar en 2013 avec Race 2 Recovery, une équipe soutenue par les princes Harry et William ! À part moi, il n'y avait que des soldats, des hommes revenus d'Afghanistan et d'Irak, des amputés ou handicapés de guerre mais nous avons abandonné à la 4e étape ", poursuit Catherine.

Pour sa préparation, Catherine file au moins une fois par semaine à Cryo Expert (Photo Anthony Maurin).

Polyglotte, la nîmoise parle anglais, espagnol, italien, arabe littéraire et un peu japonais ! En 2015, à son retour de Dubaï, elle signe son premier contrat de travail en CDI dans le sport automobile. " Je voulais une vie plus stable. J'ai gardé quelques courses à l'étranger pour me faire plaisir. Je suis la seule française à avoir fait tout cela mais j'ai bien aimé représenter la cause féminine, surtout dans le golfe arabique ou même au Japon ", avoue celle qui a déjà fait l'Africa Éco Race en 2012.

Le châssis de l'ISuzu D-Max

Et puis l'envie fut plus forte, plus pressante. L'envie de reprendre, l'envie d'adrénaline et d'inconfort. " J'ai arrêté mon travail il y a trois mois pour préparer l'Africa Éco Race. Kenjiro Shinozuka m'a appelé et on a mis en place ce projet. Kenjiro a vécu huit ans à Paris dans un appart qui faisait face à la Tour Eiffel. Il comprend le Français mais on parle anglais et parfois japonais... Je suis sa copilote mais aussi logisticienne et team manager. Je le connais depuis l'âge de 12 ans. C'est une légende au Japon. Un dieu vivant comme un sumotori peut l'être là-bas. Comme il a fondé une école dans la banlieue de Dakar en 1997, nous y allons aussi pour donner des fournitures scolaires ! L'ambassadeur du Japon au Sénégal devrait nous accompagner ", brosse la copilote.

Une équipe au grand complet !

Après avoir débusqué il y a quelques mois, un Isuzu D Max (pick up) d'occasion, l'équipe a préparé le véhicule sur les hauteurs de Cagnes-sur-Mer mais fera ses essais en terre alésienne. Des essais importants qui verront l'équipe au grand complet se réunir dans le coin... " Un projet comme celui-ci est à 150 000 euros. Nous ne nous payons pas mais tous les frais sont couverts. Il me faut caler le budget puis voir les prestataires, les fournisseurs, les partenaires, les sponsors, les hôtels, les restaurants, les avions. Le tout pour cinq personne, Kenjiro, les trois personnes expérimentées (une quarantaine de Dakar à eux trois) de notre équipe d'assistance et moi-même. "

Isuzu D-Max

À quelques jours du grand départ, des doutes persistent... " J'ai peur d'oublier des choses. Je ne suis pas encore tout à fait prête physiquement. J'ai perdu dix kilos mais il en manque encore quatre ou cinq à perdre pour bien faire. Kenjiro a fêté ses 70 ans, cette course est un peu son jubilé même s'il n'a pas dit qu'il s'arrêtait définitivement.  J'espère surtout que je vais arriver à gérer la fatigue ! " Pourtant, l'objectif est simple : gagner dans la catégorie (T2).

D'occasion, l'Isuzu D-Max est à présent prêt à rouler sur les dunes africaines

Copilote de Bryan Boiffier en WRC, Catherine se régale et devrait continuer cette aventure. Et la suite ? " J'aimerais retrouver un boulot mais pas forcément dans le sport automobile une fois la course terminée, faire un enfant... La course de l'année prochaine est d'ores et déjà en projet mais j'aimerais aussi, comme je suis née avec une malformation cardiaque, œuvrer dans ce cadre en faveur d'une association Mécénat chirurgie cardiaque par exemple mais je n'ai pas eu le temps de m'en occuper jusqu'ici ! "

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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