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INTERVIEW Jean-Christophe Lagarde à Nîmes pour parler Europe

Le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, est à Nîmes ce vendredi à l'occasion des vœux du parti centriste. Il a accordé à Objectif Gard une interview. Au programme : Gilets jaunes, les municipales à Nîmes et les Européennes. Interview et reportage.

Au micro, Jean-Christophe Lagarde, au téléphone, Thierry Procida ému et immortalisant le moment (Photo Anthony Maurin).

Objectif Gard : Vous êtes à Nîmes ce vendredi dans le cadre des vœux de votre parti mais aussi du lancement de la campagne des Européennes. Comment le Centre peut-il se différencier ?

Jean-Christophe Lagarde : Je suis effectivement à Nîmes pour parler d'Europe. La campagne qui s'ouvre est polluée par l'actualité alors qu'elle est vitale pour notre avenir. Mais je suis aussi présent à l'invitation de mon ami Thierry Procida qui fait un travail remarquable sur ce territoire.

Parlons d'abord d'Europe. Comment sortir de la défiance des Français vis-à-vis des instances européennes ?

Cette défiance est principalement liée à la lâcheté des politiques français. On regarde l'Europe comme quelque chose d'accessoire. On l'accuse des erreurs que nous faisons nous-mêmes. J'étais ce matin dans une exploitation arboricole où l'on observe que le coût du travail est plus cher de 35% en France par rapport à l'Espagne. Autre chose : on interdit sur notre sol l'utilisation des produits phytosanitaires alors que des pays voisins les utilisent allègrement. Sécurité, logement, marché du travail... : je pourrais prendre de nombreux exemples qui prouvent le dysfonctionnement au sein des pays européens qui ont des conséquences pour la zone Euro. Et en premier lieu en France. Il faut donc revoir notre fonctionnement et concentrer nos efforts sur sept ou huit chantiers fondamentaux.

Mais comment y parvenir quand de nombreux sondages annoncent la victoire de l'extrême droite et des populistes qui ne veulent plus de l'Union Européenne ?

Les populistes n'auront pas la majorité. Par contre, en fonction des scores, ils pourraient bloquer la machine et in fine, démolir l'Europe. Nous l'avons vu durant le débat de l'entre-deux tours de la Présidentielle en France avec une extrême droite qui veut sortir de l'Europe. Ce serait une profonde erreur. Regardez les pays qui ont tenté l'expérience comme la Grèce et les Britanniques. Le premier est rapidement revenu en arrière car, pour la Grèce, sortir de l'Europe était pire. Et l'Angleterre connaît les pires difficultés pour trouver une porte de sortie. Seul face au reste du monde, c'est tout simplement impossible aujourd'hui. Et ce serait tout simplement irresponsable face aux géants comme les États-Unis, la Chine ou l'Inde qui n'attendent que cela pour s'emparer de notre économie. Les populistes - je vous le dis comme je le pense - proposent une grande escroquerie. Il faut au contraire fédérer au sein de l'Europe pour faire face à l'hégémonie des autres puissances économiques.

Un mot sur les gilets jaunes. La France est traversée depuis de nombreuses semaines maintenant par une contestation sociale d'ampleur. Pensez-vous qu'Emmanuel Macron soit le seul responsable ?

D'abord, je voudrais dire que le président de la République a été élu dans des circonstances particulières que l'on connaît. Sans doute ne connaît-il pas bien les Français. Il a fait preuve à plusieurs reprises de mépris et de manque d'empathie et l'a payé cash. Après, je ferais la différence entre les gilets jaunes du 17 novembre dernier, qui exprimaient fort légitimement l’iniquité sociale et territoriale du pays. Il faut assurément un nouveau pacte républicain pour répondre à ces inquiétudes et à cette réalité douloureuse pour de nombreux Français. Aujourd'hui, le mouvement a muté. Il n'a plus rien à voir. Ce sont des individus qui veulent renverser nos institutions et dont les revendications sont pour certaines incompréhensibles. Il faut donc que cela s'arrête afin que le débat proposé par Emmanuel Macron puisse se dérouler et que des solutions politiques émergent. Il y a donc un réel besoin d'un retour à l'ordre.

Après les élections européennes, une autre campagne va démarrer : les Municipales. Vous n’êtes pas sans savoir qu'à Nîmes, la Droite et le Centre ont quelques difficultés pour s'entendre. Quel est votre point de vue ?

Je n'ai pas de leçon à donner. Les Nîmois connaissent bien mieux que moi leurs hommes politiques. Je dirais simplement qu'à chaque fois qu'il y a eu division, il y a eu défaite. Selon moi, la meilleure option pour Nîmes est celle de tourner la page après plusieurs mandats sans changement. Sans cela, on va tout droit à l'échec.

Thierry Procida, patron de l'UDI gardoise (Photo Anthony Maurin).

Les vœux de Thierry Procida...

C'est au Grand Hôtel de Nîmes qu'avaient lieu les vœux de Thierry Procida, patron gardois de l'UDI. Accompagné de la tête de liste de son parti pour les élections européennes, le Nîmois s'est dit touché de voir tant de monde pour cette traditionnelle cérémonie. Et du monde, il y en avait. La grande salle était bien garnie et quelques têtes connues étaient parmi l'assemblée : Olivier Jalaguier, Henri Brin, Stéphane Tortajada, Julien Devèze, Corentin Carpentier, Valérie Rouverand, Jacky Raymond, Corinne Ponce-Casanova et un Yvan Lachaud qui devait arriver mais qui était visiblement un poil en retard.

" C'est hallucinant et je risque d'en pleurer... Ce soir, c'est en tant qu'ami que je vous accueille et un autre ami est venu vous rencontrer. Alors montrons-lui à quel point l'hospitalité gardoise est une tradition. Je suis ému... Vous me ressemblez et nous portons les mêmes valeurs. Je ne vais rater personne, je vais faire la bises à tout le monde ! L'humain est au coeur de nos préoccupations. Ensemble nous pouvons tant de choses... L'UDI gardoise sera aux grands rendez-vous à venir. Consensuelle, respectueuse, force de propositions et privilégiant l'intérêt général. Le malaise social est profond, il devient urgent d'adapter notre société au monde d'aujourd'hui et de préparer celui de demain. Nous devons peser dans la balance politique afin de voir se déployer nos ailes pour atteindre les sommets ",  déroulait Thierry Procida.

Jean-Christophe Lagarde et Thierry Procida (Photo Anthony Maurin).

... et ceux de Jean-Christophe Lagarde

Amis de trente ans, du temps où Jean-Christophe Lagarde présidait la jeunesse du parti alors que Thierry Procida était son vice-président, le duo s'est retrouvé, comme à la maison, dans une ambiance fort détendue et sympathique. " Thierry ne change pas ! Il est toujours aussi proche des gens, empathique, c'est sa marque de fabrique ", attaquait le patron national avant de passer aux choses plus sérieuses. " Beaucoup de nos concitoyens sont en train de perdre la tête. On voit tout et surtout n'importe quoi ! La population normale (sic) n'a pas encore réagi mais nous devons réécrire un pacte républicain. C'est mon premier vœu mais il comporte une exigence, le retour au calme. Si l'exécutif est prêt à écouter et à se transformer, ça vaut peut-être le coup de jouer le jeu. Nous sommes à l'aube d'une période qui peut voir la mort de l'Europe. Certains n'attendent que ça ", concluait Jean-Christophe Lagarde qui s'est rapidement échappé pour prendre le dernier train et regagner ses pénates.

Abdel Samari (interview) et Anthony Maurin (reportage à Nîmes)

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Abdel Samari

Créateur d'ObjectifGard, je suis avant tout passionné par les médias et mon département. Ce qui me motive chaque jour : informer le plus grand nombre sur l'actualité du Gard ! Pari tenu ?

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