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FAIT DU JOUR Grands Jeux Romains et tutti quanti

Christophe Beth, directeur des monuments antiques nîmois pour le compte de Culturespaces évoque le bilan 2019 et l'année à venir...

Christophe Beth dans les gradins des arènes il y a près d'un an (Photo Archives Anthony Maurin).

Objectif Gard : Comment vous êtes-vous adapté à votre nouvelle vie nîmoise ?

Christophe Beth : Cela fait un an et 29 jours que je suis Nîmois. Le bilan est extrêmement positif avec une année exceptionnelle pour le public. Au Baux-de-Provence, j'étais bien. C'est l'un des endroits les plus chaleureux de la Terre avec les Alpilles, l'impression d'être en vacances... Le cadre de vie y est extraordinaire. Ici, ce n'est pas le paradis sur Terre, tout est différent mais j'aime les vieilles pierres. Les monuments sont très riches, ils prennent beaucoup de place et Nîmes n'aurait pas le même visage sans eux.

Et au travail ?

Je suis très heureux. Je m'épanouis ici plus qu'aux Baux-de-Provence. Ça me correspond mieux ! J'aime vraiment les vieilles pierres, je me suis intéressé à leur taille, à leur datation. En plus à Nîmes j'ai une vie urbaine qui a un côté historique.

Dernières consignes avant la générale de Spartacus, l'édition 2018 des Grands Jeux Romains (Photo Archives Anthony Maurin).

Vous avez un premier bilan à chaud pour l'année passée ?

J'aime quand on voit les choses en grand mais l'annulation d'un spectacle des Grands jeux romains l'année dernière a été un gros point noir dans notre saison. Mais je n'ai aucun regret car le spectacle n'aurait pas été à la hauteur. Autre regret : la fin d'année. À cause des gilets jaunes, notre fin bilan de fréquentation est amputé de 20 %. Nous avons fait une bonne année mais nous aurions préféré terminer en beauté !

En chiffres ça donne quoi ?

90 000 visiteurs aux arènes en août, on n'avait jamais vu ça sous Culturespaces ! 50 000 en juillet malgré le festival et les fermetures les jours de concert. En tout, et sur les trois monuments, nous sommes à 611 000 visiteurs dont 360 000 pour les seules arènes.

Les Grands jeux romains et la diversité des animations grappillent des visiteurs supplémentaires...

Avec les Grands jeux romains, je me suis trouvé une passion pour les spectacles. J'ai pris un temps d'observation de mon arrivée jusqu'au mois d'août dernier. Nous avons mis en place des ouvertures tardives lors des Jeudis de Nîmes. Nous avons créé une chasse au trésor et un escape game qui est un jeu d'enquête historique. Ça fait partie des animations pour la fin de saison et beaucoup de monde vient pendant les vacances. Nous garderons les mêmes supports technologiques encore deux ans. Nous allons surtout essayer de travailler sur l'ambiance générale.

La file d'attente pour entrer au Musée de la romanité cet été (Photo Archives Anthony Maurin).

L'échec de la candidature nîmoise à l'Unesco, on en parle ?

Nîmes fait une année exceptionnelle quand on parle de tourisme, c'est bien l'essentiel ! La région Paca est en chute et même en Occitanie. Nîmes tire largement son épingle du jeu grâce à trois axes. La renommée de la ville s'accroît grâce à la programmation événementielle de qualité. C'est un travail de longue haleine. La simple candidature Unesco fait venir du monde et je ne m'arrête pas sur l'échec de cette candidature car cela n'est pas si important. Enfin, l'ouverture du Musée de la romanité. Il y a une montée en puissance du public local, notamment sur les ailes de la saison. Nous avons d'ailleurs un Pass commun aux trois monuments et au musée pour 17 euros.

Retour aux Grands jeux Romains, parlons thématique. Pourquoi avoir choisi les rois barbares ?

On a eu envie de mettre en avant ces invasions peu connues mais qui ont fait trembler Rome avant l'Empire. Ce fut la première fois où Rome a été mise en danger et a subi sa plus grande défaite, à Orange, tout près de chez nous. Il y a eu celle d'Aix-en-Provence aussi... Nous voulions également parler de Marius, ce prénom était un nom avant d'être adopté par la région. Ce général issu de la plèbe, à l'époque où l'aristocratie était encore puissante, montre une nouvelle autre figure de Rome. Il a remis de l'ordre et fut en quelque sorte le premier Imperator, avant César ou Auguste.

C'est visuel en plus !

En se mettant à la place de l'empereur Hadrien, qui offre ces jeux aux Nîmois à l'époque de sa venue à Nîmes, on pense qu'il voulait montrer une Rome victorieuse mais qui a su gagner face à des ennemis impitoyables et redoutables. Les rois barbares qui seront dans les arènes le seront. Il y a aussi une dose de marketing. Il faisait passer un message, nous aussi !

(Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)

Quel message ?

La figure de Marius a apporté la paix à Rome. C'était un homme providentiel. Il y aura aussi une scène au Sénat autour de laquelle on pourra retrouver quelques ressemblances actuelles. Le spectacle dure environ deux heures, est composé de 500 reconstituteurs, dont une bonne moitié d'Italiens. Les décors sont toujours plus spectaculaires et, pour la première fois, le public verra en piste la reconstitution du port de Marseille et du Sénat de Rome mais aussi la création d'un camp romain, différent de celui qui sera monté devant la Porte Auguste.

Très appréciée par les Nîmois, ce camp romain est une bonne idée...

C'est un événement pour la ville. C'est une excellente chose et il a toute sa place là-bas, proche de la Porte Auguste, sur l'ancienne via Domitia. Il sera ouvert du 1er au 5 mai. Ça fait une animation en plus. Les gens pourront faire une belle boucle en ville, c'est mieux qu'un aller-retour ! Il y aura des déambulations, des défilés nocturnes aux flambeaux, des galères romaines exposées sur l'Esplanade. Ça sera magnifique...

Les Grands jeux romains plaisent encore et toujours et remplissent les arènes. Ambiance garantie ! (Photo Archives Anthony Maurin.

Pour en revenir au spectacle, la thématique plaît-elle ?

La billetterie fonctionne bien. Un peu mieux que l'année dernière mais c'est le vendredi qui ne décolle pas trop. Pourtant, le spectacle est à 18h et c'est pendant les vacances. Les spectacles auront lieu les 3, 4 et 5 mai. Les gens s'en apercevront certainement au dernier moment mais nous avons tenté le coup. Nous cherchons toujours des bénévoles qui pourrait nous aider pendant les Grands jeux. Distribuer les pains, aiguiller les visiteurs, être en coulisses : c'est sympa de participer à un tel événement, c'est gagnant-gagnant. (Appelez au 04 66 21 82 56 pour vous renseigner).

Un dernier mot à dire aux lecteurs d'Objectif Gard ?

Nîmoises, Nîmois, restez vigilants ! Vous avez rendez-vous avec votre histoire. C'est juste un petit message, je ne peux pas en dire plus pour le moment... Affaire à suivre !

Objectif Gard sera une nouvelle partenaire des Grands jeux romains et votre serviteur se battra du côté des Barbares... Un petit film "en immersion" dans Grands jeux romains édition 2018 (Spartacus) sera bientôt disponible. Nous ferons la même chose cette année avec les rois barbares. Comme nous l'avions déjà fait il y a deux avec la Reine celte Boudicca, la preuve ci-dessous...

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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