A la uneActualitésSociété

FAIT DU JOUR Antenne-relais à Saint-Christol : la réunion publique tourne au fiasco

Tensions entre Henri Francès et les habitants. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

Jeudi soir, la mairie de Saint-Christol-lez-Alès organisait une réunion publique au sujet du projet d’installation d’une antenne-relais, source de nombreuses inquiétudes chez les habitants du quartier des Pensions (relire ici). Anne Perrin, docteur en biologie, est intervenue à la demande de la municipalité pour exposer l’état des connaissances scientifiques sur les risques liés aux ondes électromagnétiques.

« Madame Perrin, vous avez parlé pendant près de deux heures et la moitié de la salle n’a rien compris ! » Cette phrase d’un retraité résume le sentiment des participants venus chercher, lors de cette réunion publique, des réponses simples à des inquiétudes légitimes. Celles-ci portent sur les effets sanitaires d’une antenne-relais de 29 mètres de hauteur, un projet de la mairie qui devrait voir le jour au quartier des Pensions. Mais la plupart des personnes présentes a dû s’accrocher pour déchiffrer le long monologue d’Anne Perrin, docteur en biologie moléculaire et cellulaire. Comme si elle s’adressait à un public de doctorants, l’experte a déroulé une présentation de cinquante diapositives très techniques sans réellement vulgariser son propos. « Je m’en vais, je n’y comprends rien », peste un Saint-Christolen au bout d’une heure d’intervention.

« Vous avez été payée pour aller dans le sens de la mairie ! »

En conclusion, on retient que les données issues des rapports d’experts « n’indiquent pas d’effets sanitaires à court terme, ni à long terme » de l’exposition aux champs électromagnétiques, à condition que les normes réglementaires – avec un seuil à ne pas dépasser – soient respectées. Mais dans le public, un médecin cancérologue de Nîmes n’a pas l’air d’accord. Seulement, le premier adjoint au maire, Henri Francès, refuse de lui donner la parole parce qu’il n’est pas de Saint-Christol !

Un argument qui n’est pas sans rappeler cette chanson de Brassens qui se moquait des « imbéciles heureux qui sont nés quelque part. » Réalisant que l’intervenante du jour n’est pas non plus de son village et que son raisonnement tombe à l’eau, l’adjoint finit par laisser le micro au médecin nîmois : « Les seuils dont vous avez parlé datent de 2002. Et en 2008, le Parlement européen dit que les normes sont obsolètes. On va vers un risque sanitaire similaire à l’amiante », dénonce-t-il.

Plus direct, un riverain laisse exploser sa colère : « Les gens ne veulent pas de cette antenne ! Nous avons tous des enfants et des petits-enfants qui viennent jouer sur le stade de foot et sur les terrains de tennis qui sont juste à côté ! Et vous (Anne Perrin, Ndlr) vous n’avez pas parlé du sujet en lui-même. » Dans le public, une dame renchérit : « De toute façon, vous avez été payée pour aller dans le sens de la mairie ! »

Le maire en voyage, ses habitants en colère

La mairie, justement, était représentée par l’élu à l’environnement et au développement du territoire, Henri Francès, au grand dam du public. « Je suis décontenancé par l’absence du premier magistrat (Jean-Charles Bénézet, Ndlr) », s’étonne William Malavelle, élu d’opposition. Premier magistrat qui, d’après son adjoint, avait « réservé un voyage » depuis très longtemps… Pour les riverains, cette réunion n’était pas des vacances : leurs nerfs ont  été soumis à rude épreuve, notamment lorsqu’une élue du groupe majoritaire a posé une question sur le photovoltaïque. « Ce n’est pas le débat ! Nous on est là pour parler de l’antenne-relais ! », s’égosille une riveraine des Pensions tandis que l’élue persiste et signe : « Non Madame, nous sommes là pour parler des ondes en général. »

Et quand une autre habitante des lieux évoque ses craintes de voir une chute de la valeur du patrimoine immobilier avec l’arrivée de cette antenne, Henri Francès est loin d’apaiser la situation : « Le projet se situe aux Pensions pour permettre à des particuliers et entreprises de recevoir la 4G. […] Une décision sera prise à l’issue de la réunion publique, et celle-ci ne m’incombe pas. » « Ça, c’est trop facile ! », s’offusque le public, invité à regagner ses pénates, sans avoir pu exprimer ses préoccupations, et surtout, en ayant eu ce désagréable sentiment d’avoir été pris pour des imbéciles heureux…

Élodie Boschet

Etiquette

Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité