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UZÈS La surface du secteur sauvegardé va quadrupler

L'adjoint aux travaux, Gérard Bonneau, le maire, Jean-Luc Chapon, le chef du service urbanisme, Michel Charmasson, et l'adjointe à l'urbanisme, Brigitte de Saboulin-Bollena, sur la place Albert-Ier d'Uzès, qui a intégré le secteur sauvegardé (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Défini en 1965, le périmètre du Secteur sauvegardé d’Uzès s’apprête à passer de 11 hectares à 47,22 hectares. L’enquête publique sur le Plan de sauvegarde et de mise en valeur est en cours. L’occasion de se pencher sur ce projet.

Jusqu’à présent, le Secteur sauvegardé d’Uzès ne comprenait que le centre-ville, à savoir la partie située à l’intérieur des boulevards - et encore, seule la partie intérieure des boulevards eux-mêmes. Un secteur sans qui, de l’aveu du maire, Jean-Luc Chapon, Uzès ne serait pas ce qu’elle est devenue aujourd’hui : « Quand le Secteur sauvegardé a été déclaré (en janvier 1965, puis en mars 1978, ndlr), il faisait suite à l’effondrement de plusieurs maisons. Il y a eu des mort, et on ne pouvait pas restaurer sans la défiscalisation de la loi Malraux. »

Car c’est un des points phares du Secteur sauvegardé qui, s’il a « son lot de contraintes », dixit le directeur du service urbanisme de la mairie, Michel Charmasson, ouvre aussi à une défiscalisation des travaux de restauration et agit donc comme un levier.

Les contraintes sont simples : « On va être un peu plus sévères lors des restaurations pour qu’elles soient faites dans le respect du patrimoine intérieur et extérieur », explique le maire. En clair, si vous habitez dans le Secteur sauvegardé et que vous souhaitez remplacer vos anciennes fenêtres de bois à carreaux par des fenêtres en PVC blanches, ce sera impossible. Pareil si vous souhaitez casser cet escalier du XVIIIe siècle pour en installer un plus moderne ou remplacer ce garde-corps en fer forgé qui orne votre balcon.

Des trésors cachés

Car l’idée du Secteur sauvegardé est de préserver Uzès et son patrimoine, à la fois extérieur et intérieur. Et comme il n’y en a pas qu’à l’intérieur des boulevards, la Ville a lancé en 2005 un grand chantier pour agrandir ce Secteur sauvegardé. « Nous en sommes à la fin d’un long parcours », ajoute Jean-Luc Chapon. Un parcours conduit par l’architecte-urbaniste Bernard Wagon et son cabinet, qui ont mené un travail de fourmi : « Ils ont visité plus de 1 200 maisons en répertoriant tout ce qui devait y être protégé », résume le maire.

Car à Uzès, quand on cherche, on trouve, ce ne sont pas les récentes découvertes romaines et préhistoriques qui nous démentiront... Donc l’architecte-urbaniste n’a pas fait le voyage pour rien, dans un nouveau périmètre de 47,22 hectares qui correspond au plan napoléonien, qui suivait les anciennes fortifications d’Uzès. « Tous les rez-de-chaussée présentent des voûtes, il y a de nombreuses caves hautes, des hôtels particuliers où on a découvert des trésors : des plafonds à la française, des fenêtres qui datent du moyen-âge, des coursives, des décors peints, des décors de stuc de Louis XV, des portes souvent classées ou encore des balcons en fer forgé », énumère l’adjointe à l’urbanisme, Brigitte de Saboulin-Bollena.

Autant de trésors souvent cachés, auxquels il convient d’ajouter « une cinquième façade : les toits », note l’adjointe. Une façade visible depuis les tours de la ville, le duché ou encore en ballon, à laquelle la mairie est particulièrement vigilante, notamment sur la question des fenêtres de toit. « L’immobilier à Uzès étant cher, les promoteurs aménagent les greniers et y mettent des fenêtres de toit », note le maire, qui cherche à limiter ces fenêtres qui dénaturent la vue d’ensemble.

Avec ce Secteur sauvegardé étendu, la Ville aura un outil de plus pour préserver son authenticité sur un périmètre qui, cette fois, « sera vraiment définitif », avance Jean-Luc Chapon. Sous réserve des conclusions de l’enquête publique, qui s’achèvera le 3 avril. Il reste une permanence du commissaire-enquêteur le mercredi 3 avril de 14 heures à 17 heures, et le dossier est consultable en mairie et sur le site internet de la commune. Une fois cette étape franchie, il restera au nouveau Secteur sauvegardé à être approuvé par arrêté préfectoral, puis par le conseil municipal. « Tout doit se faire dans l’année 2019 », ajoute le maire.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

La marquise et le Secteur sauvegardé : Jean-Luc Chapon a rendu hommage à la marquise de Crussol, grâce à qui le premier Secteur sauvegardé aurait été obtenu en 1965. « Elle était Radicale et proche d’André Malraux », précise-t-il, expliquant que la marquise a joué du poids politique de son parti (celui de Jean-Luc Chapon, du reste) pour faire pencher la balance du ministère de la Culture en faveur d’Uzès. Alors le maire l’annonce, la place située tout à côté de la place André-Malraux sera baptisée, après sa restauration, du nom de la Marquise de Crussol. « Elle a été autant, si ce n’est plus importante pour Uzès que Malraux », estime le premier édile.

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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