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ARLES Feria pascale : entre ancienne gloire et jeunes prodiges

C'est aujourd'hui que début le cycle pascal arlésien pour s'achever lundi soir. Un week-end festif en ville mais surtout dans les arènes.

Il y a deux ans, le paseo de la première corrida de la Feria de Pâques (Photo Anthony Maurin).

La feria pascale est déjà là et avec elle son cortège de belles surprises, de bonnes ambiances et d'excellence intemporelle. C'est aussi le signe du toro et de son retour dans la vie de l'aficion locale en manque de cornes et de muleta.

Dès ce soir aux arènes, c'est par la course camarguaise que s'ouvrira cette feria de Pâques. Une belle capelado et un début des festivité prévu à 16h30. Au programme côté cornus, Ibis, Brusc, Lou Guechou, Optimus, Barcarin, Cupidon et Gigolo. Les hommes en blanc devraient s'en donner à cœur joie. Ciacchini, Zekraoui, Alliaga, E. Martin, J. Martin, Marignan, Cadenas, Dunan et Favier.

Morante de la Puebla, ici à Arles lors d'un corrida goyesca (Photo Anthony Maurin).

Le côté toros, qui ici suit constamment le côté taureaux, débute le samedi après-midi avec une corrida de Garcigrande pour Enrique Ponce. Ah,  non pardon ! Gravement blessé d'un coup de corne, l'organisateur a décidé de le remplacer par le maestro clivant Morante de la Puebla. C'est un choix à assumer, c'est une décision qui ne plaît pas toujours mais qui a le mérite de susciter le débat. Morante est un artiste qui n'a jamais réellement triomphé dans les grandes arènes de Madrid et qui a perdu de son aura au fil des temporadas passées.

À ses côtés, Jose Maria Manzanares et Alvaro Lorenzo. Le premier est le digne descendant de son père. Classieux, il a une tauromachie soyeuse et voluptueuse quand son mental - et surtout son physique - s'y prête. Il connaît Arles et la présidence arlésienne lui doit toujours une paire d'oreilles. Le second est tout nouveau tout beau. Un petit jeune qui monte, qui monte. Alvaro Lorenzo est dans le cortège de tête des toreros de la nouvelle génération. Son toreo est pur, son concept est le bon.

El Rafi à Arles l'année dernière (Photo Anthony Maurin).

Dimanche en matinée, place à des jeunes encore plus jeunes avec la novillada. Beaucoup de monde en piste... Six apprentis toreros et six ganaderias. Une seule chance donc. Pour les novillos, les Français auront la part belle. Malaga, Lartet, Taurelle, André, Giraud, Camino de Santiago donneront le change à Tibo Garcia, Baptiste Cissé, Maxime Solera, El Rafi, Carlos Olsina et Adam Samira. Que des gamins du cru, c'est ce genre de course que veulent voir les aficionados. La transmission passe aussi par l'incarnation. Seule petite déception : ne pas avoir dédoublé cette course afin de voir plusieurs passages pour les bêtes et pour les hommes.

Sébastien Castella (Photo Anthony Maurin)

Grosse corrida pour l'après-midi avec le retour d'une figure de la tauromachie des années folles. Oui, dans les années 1990, les novilladas étaient le centre de toutes les attentions et le maestro du jour y a largement contribué. Chamacoooo ! Son nom était scandé dans les gradins, les foules se pressaient pour le voir se prendre une rouste ou défier les cornes. Face à des toros de Jandilla, Chamaco fera son grand retour. Il ne revient pas pour un an ou dix courses mais bel et bien pour cet instant arlésien, seulement. Une corrida à ne pas rater car la suite du cartel est à la hauteur des attentes aficionadas.

Sébastien Castella et Miguel Angel Perera... Le feu et la glace mais quels maestros ils sont devenus. Le Biterrois fait partie des incontournables du monde taurin international. Aussi bien à l'aise à Madrid qu'à Mexico et Nîmes, il sévit de Séville à Bilbao en passant par les arènes les plus typiques de la planète des toros. Castella est un grand mais il aura fort à faire en compagnie des deux autres lascars. Dernier en piste, l'artiste Perera. Comme Castella, son terrain de prédilection est le berceau des cornes. Sa passion, sentir le souffle rauque du toro au plus près de la fémorale. Perera est froid, long, lent mais quel talent !

Diego Ventura (Photo Anthony Maurin).

Lundi en matinée, tradition oblige, course de chevaux. La corrida équestre d'Arles est le rendez-vous des inconditionnels de monte et de travail de dressage. Avec les centaures du jour, nul ne sera déçu. Les toros viendront de Los Espartales, un élevage de garantie, et seront toréés par Rui Fernandes, Diego Ventura et Léa Vicens. Les deux premiers sont Portugais, la dernière est Nîmoise. Diego Ventura est un modèle de spectacle, Léa Vicens de précision et de toreo classique. On parlera un peu moins de Rui Fernandes que l'on voit peut dans les grandes arènes mais tout le monde devrait s'y retrouver.

Le maestro Thomas Joubert (Photo Anthony Maurin).

En guise de clôture, le bouquet final sera le grand mano a mano des Français. Trois ganaderias pour deux Arlésiens. Deux toros de Pedraza de Yeltes, appréciés à Arles, deux autres de Torrestrella pour pimenter l'affaire et deux dernier du maestro Joselito avec ses fers El Tajo y La Reina.

Duel fraternel ?

En parlant de maestro, c'est Thomas Joubert qui aura une nouvelle opportunité de marquer les esprits. Une fois son sale coup de corne bayonnais guéri physiquement et peut-être mentalement, il revient en piste pour signifier qu'il n'en a pas fini avec les toros. Thomas est un matador à part. Il transmet quelque chose et sa tauromachie offre à voir une multitude de facettes, simples mais efficaces dans l'émotion. Joubert porte un truc en lui et c'est en se livrant face aux toros qu'il parvient à le délivrer au public.

Andy Younes, son frère ennemi du jour, est d'un autre calibre. Le deux ne sont pas faits du même bois même si les deux essences sont celles de la vérité. Si le premier est dans l'émotion tragique, le second préfère celle plus festive de la joie de toréer. Si le combat est dur, Andy Younes s'arrache pour faire sortir les quelques qualités taurines que l'aficion veut voir. Dans des terrains rapprochés, il a cependant tendance à jouer sur la corde sensible ce qui irrite quelques spectateurs. Quand il revient à ce qu'il sait faire, tout le monde se met d'accord, la petite graine a déjà bien grandi !

Que la fête soit belle et en plus, ô surprise, il ne devrait pas pleuvoir... Pour acheter vos places, c'est par ici.

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 34 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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