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GARD RHODANIEN TER rive droite : le monde économique entre en gare

Les représentants du monde économique du Gard rhodanien ont signé une lettre de soutien à la réouverture anticipée de la ligne TER rive droite du Rhône (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

« Jusqu’à maintenant, nous avons été gentils, mais nous avons un rôle à jouer » : le président de la délégation bagnolaise de la CCI et d’Invest’In Gard, Philippe Broche, résume l’état d’esprit qui présidait la réunion inédite organisée ce vendredi après-midi à Bagnols.

Une réunion autour de la réouverture de la ligne du TER rive droite du Rhône, qui regroupait à la fois l’Association des usagers du TER rive droite, un large panel d’associations et groupements d’entreprises, le référent local des Gilets jaunes, Jérôme Jackel, et le maire de Laudun-l’Ardoise, Yves Cazorla. Une réunion pour marquer l’engagement du monde économique local pour la réouverture de cette ligne ferroviaire. « C’est un sujet extrêmement important, pose Philippe Broche en préambule. L’arrivée du train à Bagnols, en 2019, ça peut paraître anachronique mais c’est une nécessité pour les entreprises du territoire, c’est une condition d’attractivité du territoire et de développement économique. »

Car si jusqu’ici les entreprises étaient restées en retrait de ce combat mené depuis plus d’une décennie par l’Association des usagers avec les élus, notamment les maires et la Région, elles ont désormais décidé de s’impliquer. Il faut dire que la réouverture de la ligne est actée, mais au 1er janvier… 2026. « Ce n’est plus un projet, les financements sont là, mais il faut nous mobiliser pour faire avancer la réouverture », explique Philippe Broche, 46 ans après la fermeture de la ligne de voyageurs.

Un combat qui rejoint celui de l’Association des usagers, qui conteste le calendrier donné par la SNCF. Car il ne s’agit pas de reconstruire une ligne sur laquelle près de 500 TER sont passés en 2017, délestés de la rive gauche, mais qui n’est plus dévolue qu’au transport de marchandises. « À un moment, la SNCF expliquait qu’il était impossible de rouvrir aux voyageurs car il fallait laisser la place au fret, mais le fret était deux fois supérieur dans les années 1990, affirme le vice-président de l’Association des usagers et cheminot, Pascal Rousson. Aujourd’hui, il y a la place. » La ligne de voyageurs pourrait relier Pont-Saint-Esprit à Avignon en 35 minutes, et Pont-Saint-Esprit à Nîmes en une heure.

« 2026, c’est trop tard pour nous »

Des travaux sont néanmoins nécessaires, notamment sur les quais, mais ils sont financés à hauteur de 100 % des études et de 50 % de la réalisation par la Région. En tout, l’association chiffre le coût total de la réouverture à entre 84 et 109 millions d’euros, une coquette somme de laquelle elle compte faire retrancher le montant du réaménagement des passages à niveau. Aujourd’hui, « nous en sommes aux études enrichies », précise Laurette Bastaroli, la présidente de l’association d'usagers. Ces études ont été financées par la Région suite aux États généraux de la mobilité.

Et si la ligne ne pourrait de toute façon pas rouvrir demain, elle pourrait rouvrir avant 2026. Cette conviction est partagée à la fois par l’association, et par les acteurs économiques du territoire, qui comptent main dans la main faire pression sur la SNCF pour accélérer le processus et réduire l’inertie dans les phases de validation, pour pourquoi pas rouvrir d’abord deux gares - Bagnols et Pont - avant les autres.

C’est pour s’y mettre concrètement que cette réunion a été organisée par le Collectif, qui regroupe les associations d’entreprises du Gard rhodanien, et le réseau des TPE et PME Gard entreprises, « avec l’entier soutien du sous-préfet, François Lalanne », précisera Philippe Broche. Le sous-préfet qui est actuellement entré dans la période de réserve, campagne électorale oblige, et qui était donc absent.

« Il faut qu’on s’approprie cette problématique, ajoute le président du groupement Grisbi, Vincent Champetier. Nous faisons un constat, nous avons beaucoup de mal à attirer des salariés à cause d’un problème d’attractivité du territoire. » Au-delà de la question de la mobilité propre, les acteurs économiques voient donc dans le train un enjeu économique. « C’est une nécessité vitale pour le territoire, et nous avons une fenêtre de tir, poursuit Philippe Broche. 2026, c’est trop tard pour nous. »

L’engagement du monde économique a été concrétisé par une lettre de soutien à une réouverture de la ligne au 1er janvier 2023 co-signée par le Collectif, Technoparc, Grisbi, la Médecine du travail, Port l’Ardoise, Gard entreprises, Initiative Gard, Invest’in Gard, Cyclium et Bagnols commerces.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

Avant-goût : ce n’est pas encore fait, mais la possibilité d’affréter des trains en direction de Vers-Pont du Gard pour le Tour de France, cet été, est clairement sur la table. Un train partirait de Nîmes et un autre de Pont-Saint-Esprit, pour désengorger les accès routiers au monument. À suivre.

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Thierry Allard

31 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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