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FAIT DU JOUR Le maire de Beauvoisin contre-attaque

Après un long silence sur la fronde de sa majorité, Guy Schramm se confie dans nos colonnes.

Guy Schramm, maire de Beauvoisin, affiche aujourd'hui une détermination farouche à mettre fin à l'épisode de la fronde qui bloque la vie de la commune depuis une année au moins (photo Véronique Camplan)

Après plus d'une année de fronde déclarée de sa majorité, le maire de Beauvoisin a décidé de sortir de son silence et de livrer sans langue de bois sa version de ce conflit qui s'éternise. 

Objectif Gard. Pour qui ne connaît pas l'histoire pouvez-nous nous livrer votre version de sa genèse ?

Guy Schramm. Lorsque nous avons constitué notre liste pour les élections, personne ne voulait en prendre la tête. On me l'a donc proposée me faisant comprendre que je n'aurais pas à m'inquiéter, mon équipe s'occuperait de tout. Je n'aurais qu'à serrer des mains. J'avais confiance, j'ai accepté. Je n'aurais pas dû. Parce que déjà je sentais qu'ils pensaient que je ne resterais pas longtemps.

Au début tout se passait bien ?

Oui. J'avais confiance. Puis nous nous sommes séparés de la DGS (directrice générale des services) qui était là depuis 30 ans. Une décision prise à la majorité, que l'on me reproche aujourd'hui. J'ai recruté une jeune femme. Une candidature spontanée qui a donné toute satisfaction. Jusqu'à ce qu'elle me fasse remarquer des irrégularités et qu'elle attire mon attention sur le fait que j'étais responsable des décisions prises. J'ai regardé de plus près et constaté des choses qui ne me plaisait pas. Je l'ai dit. Résultat : un harcèlement de tous les instants à l'encontre de la DGS qui a fini par craquer, vis à vis de moi aussi. Le tout via les réseaux sociaux, en flux constant. La DGS a fait un burn out. Bien qu'éprouvé, j'ai tenu bon. Le centre de gestion de la fonction publique m'a envoyé François Mousset qui avait déjà redressé la situation à Pont-Saint-Esprit. Un DGS hors pair, missionné pour éclaircir la situation. Notre budget était dans un état préoccupant. Nous frisions la mise sous tutelle. Aujourd'hui, si on arrive à se tenir à la ligne que nous nous sommes fixée et grâce entre autres à un outil de gestion pointu qui résume les opérations beauvoisinoises, le SROB, on pourra fonctionner normalement.

Les frondeurs vous reprochent d'être très loin de la gestion communale, pointant votre incompétence en permanence...

C'est comme ça depuis que j'ai mis le nez dans leurs affaires. Je sais quels sont mes défauts. Je ne suis pas un homme de bons mots et de réparties. J'ai besoin de réfléchir et aussi de temps pour réagir. Je suis trop gentil. Et malheureusement de nos jours on a tendance à dire que les gentils sont des imbéciles… Eh puis, ce harcèlement est épuisant, ça impacte ma vie de famille, celle de mon DGS aussi.  Ça n'a que trop duré.

Qu'est-ce qui vous a convaincu de prendre la parole ?

Lorsque la Cour des comptes a approuvé notre budget exactement comme nous l'avions présenté lors du budget primitif, j'ai eu la preuve concrète que nous allions dans le bons sens. Et surtout, j'en ai assez de voir mes agents communaux harcelés sans cesse par des délégataires qui les poussent à bout, d'entendre des attaques personnelles sur mes proches et mes soutiens. On ne peut pas travailler comme ça. Je pourrais aussi vous parler d'irrégularités en tous genres mais c'est très technique et cela ennuierait sans doute vos lecteurs. Mais je reste à la disposition de tous ceux qui désirent des précisions.

Quel est le plus important des griefs que vous avez contre vos opposants ?

C'est de bloquer la vie de la commune à des fins personnelles. Leur soif de pouvoir en dépit des lois. Ces gens se considèrent au-dessus des lois et utilisent la procédure seulement lorsque ça les arrange. C'est par-dessus tout cela qui me dérange. Ce mépris de l'euro public, de la collectivité. Nous sommes une des rares communes de Petite Camargue à ne pas être inondable. Les enjeux fonciers sont importants. Alors…

Quel est votre état d'esprit aujourd'hui ?

Je suis inquiet de l'euro public et de la bonne marche de ma commune que je vois empêchée jour après jour. J'aimerais que tout cela prenne fin. Je suis fatigué aussi mais je suis certain que ça ira mieux lorsque ce funeste épisode sera derrière nous. Il reste neuf mois de gestion à assurer et je voudrais que les choses avancent dans un climat propice pour tous. En plus, aujourd'hui les frondeurs ne font plus rien. Ils refusent même de faire des mariages…

Concrètement quelles suites pensez-vous donner ?

J'ai envoyé des lettres recommandées pour signifier à certains adjoints que je leur supprimais leur délégation. C'est le seul recours dont je dispose pour pouvoir travailler sereinement. Ce ne sera pas de tout repos mais nous pourrons enfin recommencer à avancer.

Vous pouvez les citer ?

Oui, il s'agit de Christophe Tichet, Nicole Aubry, Sophie Bonnefoi et Laurent Riquet.

Quelles sont vos attentes ?

Travailler sereinement pour mes concitoyens jusqu'à la fin de mon mandat.

Et après ?

On verra.

Propos recueillis par Véronique Palomar Camplan

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Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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