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FAIT DU JOUR Feria des Vendanges : des cartels sans trafic

À Nîmes, la fête aura lieu du 13 au 15 septembre prochains avec quatre corridas et une novillada dans les arènes.

Sébastien Castella et Andrés Roca Rey seront une nouvelle fois ensemble au cartel de la corrida du samedi après-midi (Photo Archives Anthony Maurin).

Luttant comme un beau diable avec son micro, Simon Casas ne parvient pas à se faire entendre. " J'ai toujours des problèmes de communication ! " s'amuse-t-il en lançant la conférence de presse de sa feria des Vendanges 2019. Sans rancune. "Je suis ici avec vous et c'est plus qu'un plaisir, c'est une éternelle jeunesse, c'est une histoire commune. La tauromachie, c'est la fête du courage, des belles valeurs et de la noblesse. ce que je suis, c'est la tauromachie qui me l'a appris", poursuit le directeur des arènes de Nîmes.

"Je fais du mieux que je peux, certaines ferias sont meilleures que d'autres, mais elles sont toujours bonnes. Il faut faire les bons choix et c'est ce qui est difficile, mais nous avons les deux numéros uns des escalafons ! Sébastien Castella et Léa Vicens, deux Français, sont les numéros uns, je n'en reviens pas, il n'y a rien de plus beau que les rêves qui se réalisent, surtout quand ils sont communs ! "

Gines Marin très à l'aise à gauche avec un toro de Zalduendo (Photo Archives Anthony Maurin).

Les toros de Zalduendo, qui ont déjà fait leurs preuves dans l'amphithéâtre gardois, seront présents pour leur unique représentation en France. Même si les puristes bouderont à cause du manque d'une corrida plus dure, le grand public aura ce qu'il désire. Des noms, des maestros, des courageux, des artistes, des mannequins, des futurs grands, des nouveaux connus... Mais pas de chevaux ! Enfin pas de corrida équestre au programme, une logique parfois respectée pour les Vendanges.

Des choix fins, esthétiques et virevoltants

Quatre corridas et une novillada formelle. Le vendredi après-midi, puisqu'il n'y aura pas de course camarguaise selon les désirs de la Fédération française, on attaque par une corrida aux toros franchouillards. C'est Robert Margé (Cebada Gago, Nuñez del Cuvillo et S. Domecq) qui viendra avec ses valeureuses pupilles. "On chante la gloire des toreros français, louons l'existence des éleveurs français. Il nous appartient de les programmer", avoue Simon Casas, un directeur d'arènes qui fait venir les exemplaires de la ganaderia d'un autre directeur d'arènes (Béziers).

Curro Diaz (Photo Archives Anthony Maurin).

Face à ces toros, Curro Diaz. Il est déjà venu briller à Nîmes, mais on ne l'a pas revu depuis un bail et ça fera du bien de le retrouver par ici. Sa douceur et son tact vont plaire aux plus exigeants. Il a par ailleurs réalisé une formidable feria de Madrid (San Isidro). Avec lui, Daniel Luque. Il a pris son alternative à Nîmes, il est géré par Jean-François Pilès, un Nîmois et son toreo vaut tous les autres. Sa mentalité a bien évolué et sa personnalité ne montre plus que ses plus beaux aspects. David Galvan viendra jouer les trouble-fêtes. L'aficion nîmoise le connaît depuis qu'il est novillero, mais le voir à nouveau est logique pour l'empresa nîmoise Simon Casas, "c'est un torero émergent qui a toutes les qualités pour le faire à Nîmes, ici on aime ça."

Solalito banderille en terre alésienne (Photo Archives Anthony Maurin)

Samedi en matinée, novillada française de San Sebastian et de la famille Vangelisti. Du Domecq dévié et du Daniel Ruiz pour une rondeur et une noblesse certaine. Ça sent le triomphe novilleril ! El Rafi, Nîmois, sera le chef de lidia. Sa saison est correcte mais ne demande qu'à être bonifiée chez lui. Fernando Plaza sera la découverte de la journée et sera le plus âgé de la course. Avec ses 23 ans, on espère qu'il aura du corps. Enfin, autre découverte (pas pour les locaux) avec Solalito. Le jeune nîmois fera ses débuts dans la catégorie et attend certainement beaucoup de cette opportunité. Il fera tout pour marquer les esprits et s'assurer une place pour la novillada de la Cape d'Or 2020.

Jose Maria Manzanares (Photo Archives Anthony Maurin).

L'après-midi, place au show. De toros montés sur roulettes de Garcigrande et Domingo Hernandez (Domecq) pour trois virtuoses. Sébastien Castella, Jose Maria Manzanares et Andres Roca Rey. Le premier est celui qui toré le plus actuellement, le second était une valeur sûre qui ne l'est plus mais qui tend à le redevenir et le troisième...

Que dire du troisième si ce n'est qu'il est le maestro qui remplit les arènes sur son seul nom. Avec Jose Tomas, Andres Roca Rey bénéficie de la totale confiance du public. Lui aussi a pris l'alternative à Nîmes mais depuis, pas de triomphe majeur dans nos murs qui sont un peu les siens. Pas de grand moment, pas de grande vérité avouée par les lignes tracées sur le sable antique. Roca Rey est un torero du danger et de l'acceptation. Il est blessé, encore, mais a dit qu'il reprendrait en septembre... On verra bien, mais il manquerait cruellement.

Au passage, un nom manque, celui de Julian Lopez El Juli. Il devait venir, il n'est pas à l'affiche.

Pablo Aguado (Photo Archives Anthony Maurin).

Dimanche matinée, c'est habituellement l'heure de la grand'messe des artistes. Une règle imposée par le public au fil des âges, anticipée puis respectée par le directeur des arènes depuis. Des toros de Zalduendo (Jandilla) pour l'autre blessé Enrique Ponce qui devrait être rétabli, le sensible Paco Ureña et l'empêcheur de tourner en rond Pablo Aguado. "Je n'ai jamais vu quelqu'un qui arrêtait les aiguilles de l'horloge à ce point !", se rappelle un Simon Casas conquis par l'Andalou qui l'a fait rêver lors des dernières ferias de Séville puis de Madrid. Ponce, chirurgien de la tauromachie, Ureña peintre du vivant et Aguado tourmenteur de relativité restreinte... Un trio gagnant.

Alberto Lopez Simon jouera gros à Nîmes (Photo Archives Anthony Maurin).

En guise de clôture, les piquants toros de Fuente Ymbro iront à la source de notre bonheur. Sur le papier, ces toros sont l'accord parfait entre la noblesse et la bravoure, deux qualités recherchées par les aficionados. Encore du Jandilla pour une journée typée et encore des toreros de valeur. Lopez Simon est un fou. À l'instar d'un piéton qui est pétrifié par l'embardée d'une voiture qui se rapproche de ses jambes, Lopez Simon ne bouge pas face au train de la mort. Si sa guibole est mal placée, c'est sa faute pas celle du toro, il l'assume et il ne triche pas. Juan Leal est un peu fait du même bois.

Un peu de friture sur la ligne...

L'Arlésien revient à Nîmes car il a prouvé sa détermination. "C'est un Français mais pas n'importe quel Français ! À Pampelune ou à Bilbao, il se met à genou devant des TGV ! En plus, il fallait bien qu'il vienne car il n'est pas programmé chez lui, à Arles", lâche un SImon Casas qui constate que Juan Bautista (directeur des arènes arlésiennes), avec qui il est en guerre ouverte pour l'adjudication des arènes de Nîmes et d'Arles, ne l'a pas fait. Dernier homme à sortir en piste, encore un maestro qui a pris son doctorat dans les arènes de Nîmes, Gines Marin. Lui aussi joue gros, il est encore dans les papiers grâce à une gestuelle précise mais les places sont chères.

Jean-Paul Fournier, maire de Nîmes et Simon Casas, délégataire des arènes (Photo Archives Anthony Maurin).

Le maire de la ville, Jean-Paul Fournier, qui ne va pas tarder à se prononcer sur la prochaine délégation de service public qui concerne les arènes de Nîmes, n'y est pas allé par quatre chemins. "Simon, tu as mis le paquet, même si tu l'avais dit, tu as fait ce qu'il fallait pour cette feria." Le programme des festivités sera dévoilé le 4 septembre prochain.

Les abonnements débuteront le lundi 29 juillet jusqu'au mercredi 14 août inclus de 9h30 à 16h30. Les places séparées seront mises à la vente à partir du lundi 19 août, du lundi au vendredi de 9h30 à 18h, le samedi de 9h30 à 12h30.

Simon Casas Production : 4, rue de la Violette BP 61480 - 30017 NÎMES CEDEX 1. Tél. 0 891 701 401 ( 0.225€ TTC/min ) www.arenesdenimes.com.

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

2 réactions sur “FAIT DU JOUR Feria des Vendanges : des cartels sans trafic”

  1. Ça m’a toujours fait marrer cette espéce d’introduction d’une hypothétique « poésie de la mort » dans un truc qui n’est qu’un massacre de bouchers en chaussettes roses.

  2. « Belles valeurs et noblesse… »parlant de corrida, quand tu as lu ça tu comprends ce qui anime ces personnes et combien le mot valeur peut être galvaudé! Les mêmes vont ensuite s’offusquer du massacre des phoques et d’un chasseur isolé exhibant son trophée issu d’un safari privé pendant que les aficionados payent pour assister à un bien triste spectacle en public!

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