A la uneActualités

GRAU-DU-ROI Transhumance urbaine et débrousaillage écolo

200 moutons et 20 chèvres ont traversé la ville pour changer de pâture.

Le troupeau partait de l'Espiguette et après un bref stop devant la mairie, poursuivait sa route vers le Boucanet  (photo Véronique Camplan)

C'est la deuxième année que le troupeau de François Crémier traverse la ville pour changer de pâture. Un deal gagnant/gagnant passé avec la ville du Grau-du-Roi et les conservatoires du Littoral et des Espaces naturels du Languedoc Roussillon. Un joli spectacle pour les Graulens qui ont tout fait pour ne rien manquer.

Une façon de joindre l'agréable à l'utile. Le cheptel et leur berger, François Crémier, ont pour objectif de pâturer pour "rouvrir le milieu" embroussaillé par des plantes invasives qui étouffent la flore naturelle depuis des années et ainsi permettre aux dunes de reprendre leurs places originelles. Un garde-manger de 430 hectares que les chèvres et brebis du berger découvrent au fur et à mesure des saisons.

Un projet lancé par la commune du Grau du Roi en collaboration avec le Conservatoire du Littoral et celui des Espaces Naturels Languedoc Roussillon. Oui mais, me direz-vous, les moutons, et les chèvres surtout, ça ne fait pas une grande différence entre une plante invasive méchante et une gentille fleur endémique.

Le charme de la vie pastorale

"C'est pour cela que j'ai volontairement peu de chèvres," objecte un François Crémier très motivé par la protection de l'environnement. Et Rémi Jullian, du conservatoire des Espaces naturels, de conforter le propriétaire du troupeau en affirmant que "toute la stratégie de protection repose sur la saisonnalité". Il cite en exemple, l'orchidée odorante, rare et fragile qui fleurit en avril et mai, raison pour laquelle la pâture se fait en automne sur son habitat. Malin et efficace. Les animaux débroussailleurs changent donc de pâture en fonction des saisons.

Arrivée sur leur nouvelle pâture, les bêtes ont commencé à se régaler des broussailles sans s'occuper de la foule. Pause photo pour le berger et sa jeune chienne border collie qui commence à faire du bon travail avec le troupeau et enchante le public qui se presse au stand de la ferme de François Crémier pour repartir avec terrines et plats préparés (photo Véronique Camplan)

C'est pourquoi, aujourd'hui, une transhumance était organisée de l'Espiguette au Boucanet. Cinq kilomètres de marche inédite pour présenter le troupeau au public. Une transhumance d'automne au Grau-du-Roi ? Une idée originale de balade en se joignant au troupeau à condition toutefois d'être un adepte de la marche rapide. On a vu des parents encourager leurs enfants à courir, des cameramen qui pressaient le pas, alourdis par leur matériel.

Les chèvres de Monsieur Crémier

Bref, le défi n'était pas à la portée de tous. Alors certains ont rusé en faisant la route à vélo, d'autres ont sauté dans leur voiture pour gagner du temps et d'autres encore ont filé au point d'arrivée dans la pinède du Boucanet où, troupeau, chiens et bergers ont fait une halte. Le public était aux anges, des patous (chien de garde des troupeaux) vigilants mais qu'il faut approcher prudemment et des border collie (super chien de berger) au taquet pour qu'aucune bête ne s'échappe. Le tout formant un spectacle pastoral authentique, réconfortant et bien mérité par ceux qui s'étaient accroché à un train qui n'avait rien de sénateur…

François Crémier pose avec Brume, une jeune chèvre de Rove dont la naissance a été filmée. Une vidéo qui a fait le buzz sur la page Facebook de la ferme. La chevrette "star" a été baptisée après un vote par les internautes du groupe "j'm le Grau-du-Roi" (photo Véronique Camplan)

François Crémier a choisi d'élever des espèces menacées : des chèvres du Rove et des brebis de race raïole : une race ovine originaire des Cévennes. Son nom viendrait de l'occitan et signifie « sujet du Roi ». Cette race est reconnue pour sa grande rusticité, adaptée aussi bien à la montagne qu'au climat méditerranéen et reconnaissable entre toutes puisque que les brebis ont des cornes. La concession de l'Espiguette a été octroyée à François Crémier pour 6 ans afin de permettre le retour de la biodiversité de cette bande protégée et naturelle du littoral.

Brebis et chèvres ont attaqué leur nouvelle pâture avec un enthousiasme gourmand (photo Véronique Camplan)

Mais l'intérêt est double, si les bêtes protègent le littoral c'est en vivant dehors et en se nourrissant de plantes dont la "sansouire", cette plante grasse invasive qui pousse au bord de la mer et donne à la viande un parfum unique et délectable.

Viande à "haute teneur environnementale"

François Crémier élève brebis et chèvres exclusivement pour la viande et produit une qualité quasi inédite dite à "haute valeur environnementale". Pour les consommateurs que nous sommes cela veut dire des animaux élevés dehors et nourris naturellement d'herbes et de plantes, le tout donnant à la viande un caractère unique.

Le troupeau restera un mois sur les espaces naturels du Boucanet notamment sur la zone de l'ancien hôpital nouvellement renaturée. Il rejoindra ensuite ses quartiers d'hiver à Saint-Christole. Retour à l'Espiguette début avril.

Véronique Palomar Camplan

Vous pouvez suivre François Crémier et son troupeau sur son site : www.bergerie-espiguette.com ou sur sa page Facebook au même nom.

 

Etiquette

Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité