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NÎMES Fabrice Éboué : « Plus rien à perdre » car tout a été gagné

Fabrice Éboué (Photo Anthony Maurin).

Il fait partie des humoristes très appréciés par les Français. Fabrice Éboué a des choses pertinentes à dire et les raconte, sans barrière ni tabou, dans son spectacle " Plus rien à perdre " qu'il jouera à Nîmes le 9 novembre prochain au théâtre Bernadette-Lafont.

Fabrice Éboué n'est pas un p'tit gars de la banlieue chaude parisienne. Pourtant, on a tendance à l'assimiler à une vague d'humoristes issue des quartiers. Lui est né en 1977 à Maisons-Alfort (94) et a des parents gynécologue et professeure. Après " Faite entrer Fabrice Éboué " et " Fabrice Éboué levez-vous ", son troisième spectacle date de 2018 mais il tourne encore. Et il tourne très bien ! C’est la raison de sa venue à Nîmes. Metteur en scène, humoriste, comédien, acteur, réalisateur et scénariste, Fabrice Éboué a bien des choses à dire.

Faute d'infrastructure adaptée, Nîmes ne le voit que pour la première fois. " J'ai 42 ans et je viens découvrir Nîmes, sa région, son architecture, son public. Il me semble être venu de nuit et rapidement pour présenter le film Coexister mais je n'ai pas encore eu le temps de visiter la ville. En dix ans de tournées assidues, il y a très peu de villes conséquentes dans lesquelles je n'ai pas joué et Nîmes en faisait partie. Pour cette fin de spectacle, j'ai voulu venir ", affirme le touche-à-tout.

Cela fait maintenant 20 ans qu’il écume les salles parisiennes, d’abord, françaises, ensuite, pour livrer sa vision très spéciale du monde qui l’entoure. C’est en 2006 qu’il forme, avec Djamel Debbouze, la bande du Djamel Comedy club dont il sera sociétaire deux ans. Il devient par la suite le sniper de l’émission T’empêches tout le monde de dormir de Marc-Olivier Fogiel pendant deux ans.

Des choix de vie

Il accompagne Laurent Ruquier puis réalise son premier film, Case départ, en 2010. Quatre ans après, c’est au tour du Crocodile du Bostwanga d’être porté à l’écran. Deux succès qui ne l’empêchent pas de monter sur scène pour d’autres productions, plus intimes et plus "ébouesques". Le cinéma ne lui ouvrira pas beaucoup plus ses portes. Mais que voulait faire le jeune Fabrice Éboué quand il était pitchounet ?

" Petit, je ne sais pas. Je crois que j'ai toujours voulu être libre. Mon père est gynéco. Mes frères et sœurs aussi. Ma mère est professeur d'histoire et de français. Plus jeune, je me suis fait viré de sept établissements car je faisais rire. J'organisais un lâcher de souris ou d'autres choses. Je voulais enchanter ma scolarité mais ce côté potache ne plaisait pas dans une école que l'on réforme chaque année mais qui ne change pas. "

(Photo Anthony Maurin).

Et l'humoriste de reprendre : " Écrire est un plaisir. J'aime les rimes, les textes ou les sketchs. C'est ce qui fait le socle commun de mon travail depuis mes débuts. J'ai toujours eu l'amour de la plume. Quand je faisais du rap, j'essayais de faire comme tout le monde puis j'ai vite compris que je n'avais pas le sens du rythme. En 1998, je me suis lancé avec un copain sur une scène ouverte du XIe arrondissement à Paris. De là, j'ai vu qu'il y avait un vrai circuit. J'ai continué seul en mettant ma main dans l'engrenage. "

Hors du cadre, on est mieux !

Le travail est une vertu pour certains. Pas pour d'autres. Tout doit dépendre le cadre dans lequel on évolue puisqu'il faut tout même avoir un cadre. " Oui, travailler est un cadre mais je l'ai choisi. J'ai toujours été guidé par mon envie de liberté. Je n'ai jamais réussi à me plier à ces règles, à ce cadre. C'est une vraie discipline que m'ont inculqué mes parents. Je m'en sers aujourd'hui encore. J'écris tous les matins et ma discipline me permet de vivre en liberté. Je dois réussir à me renouveler car je ne vais pas au travail, personne ne me dit quoi faire. Je veux être le plus omniscient possible. "

Au quotidien, il met ses humeurs sur les réseaux sociaux et dans ses shows. Comme on a pu le voir le week-end dernier avec la fausse arrestation de Xavier Dupont de Ligonnès. " Les chaîne d'info reflètent notre monde... De mon côté, sur les réseaux sociaux, j'évite de mettre du contenu pour du contenu. Je veux, comme dans mes spectacles, être original en traitant des sujets actuels qui traduisent la pensée populaire. On en a marre de voir des choses manquant de sens être relayées trop rapidement. Avec les réseaux sociaux, on est très vite dépassé et il faut avoir les épaules pour accepter tout cela. "

La quarantaine passée, Fabrice Éboué n'est pas de ceux qui sont nés avec le smartphone et les réseaux sociaux. Il y est présent mais discret au grand dam de son attachée de presse... " J'adore les insultes et me faire insulter... Je prends ça très bien et je m'en sers pour écrire. Je suis très peu sur les réseaux sociaux car je préfère le fond. Tout cela pour moi n'est pas très naturel. Je ne mets pas ma vie en scène. Je n'aime pas trop l'immédiateté et la masse. "

Un spectacle amélioré

Vous l'aurez compris, Éboué n'est pas un gars comme les autres. Après deux ans de tournée, son " Plus rien à perdre " n'a rien perdu de sa grandeur première. Bien au contraire. " Voir un spectacle qui a près de deux ans de vie, finalement, c'est très bien pour le public car le contenu est rodé et est mieux achalandé. Il y a de nombreux thèmes qui sont toujours d'actualité. Je parle de terrorisme, de paranoïa, de complot, de veganisme à cause de ma nièce qui est vegan et qui a pris peur quand je lui ai fait des œufs qu'elle croyait être des fœtus... Je parle de mixité car la mère de mon enfant est d'origine marocaine. J'évoque la déforestation amazonienne en illustrant le propos par ma coupe de cheveux. Je parle des réseaux sociaux, de l'environnement... Et je saupoudre tout ça d'un peu de sang neuf ", poursuit l'auteur.

Après cinq mois sans le jouer, Fabrice Éboué reprendra son spectacle au Point-Virgule à Paris à la fin du mois. Puis, une semaine plus tard, il sera à Nîmes après avoir joué, en tout, environ 250 dates de ce " Plus rien à perdre ".

Un petit mot à l'adresse des lecteurs d'Objectif Gard ? " Si vous avez envie de rire de tout, de vous lâcher entre potes et sans censure pendant 1h30, venez ! Vous serez dans un climat de confiance et de bienveillance ! ", conclut l'artiste qui ne se maquille jamais avant de monter sur scène !

Rendez-vous est pris le 9 novembre au théâtre de Nîmes pour son " Plus rien à perdre ". Réservation ici.

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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