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SAMEDI TOROS Appel d’offres et DSP : la partie politisée de la tauromachie

Un no hay billetes à Nîmes en 2019 (Photo Anthony Maurin).

Via des appels d'offres et délégation de service public (DSP), les arènes du sud-est font confiance à des gestionnaires privés pour exécuter - avec plus ou moins de brio - un service à destination du grand public. Actuellement en cours de renouvellement, les DSP nîmoise et arlésienne sont au cœur des discussions taurines.

Un appel d'offre, à quoi ça sert ? Nous parlons ici de tauromachie mais les appels communal à la commande en ramettes de papier de l'institution présidentielle, il faut passer par ce genre de marchés qui sont un véritable méandre pour celles et ceux qui ne les connaissent pas.

Déjà, il faut rappeler que les appels d'offres sont nés pour éviter les choix trop subjectifs qui provoquaient controverses et magouilles. Pour l'un comme pour l'autre cela n'a pas changé grand chose... Il y a toujours des controverses et les magouilles sont simplement moins visibles que par le passé. Les dessous de table ne sont plus aussi grossiers qu'avant mais les préférences affichées sont encore légion.

Des dossiers taillés sur mesure

Un appel d'offres doit surtout servir à mettre en concurrence plusieurs dossiers sur une même thématique, choisie et bordée par un cahier des charges connu de tous et que chacun est libre de suivre selon ses envies et ses visions du dossier.

Pierre-Henry Callet, éleveur (Malaga), délégataire à Saint-Gilles et candidat à Nîmes et Arles, salue en piste à Arles lors de la dernière Feria de Pâques (Photo Anthony Maurin).

Par exemple, à Nîmes, la partie taurine des arènes (la partie touristique est gérée par Culturespaces) est confiée à Simon Casas Production qui bénéficie d'une délégation de service public. Renouvelable tous les cinq ans, cette DSP fait suite au choix définitif de l'appel d'offres. Simon Casas gère actuellement les arènes selon les désirs de la Ville mais il se rémunère sur les résultats d'exploitation tout en payant une redevance annuelle pour avoir le droit de commercialiser les corridas qu'il organise dans l'amphithéâtre.

Mais avant d'en arriver là, il faut candidater. Actuellement, les futures DSP de Nîmes et d'Arles sont en cours d'examen et les résultats devraient tomber avant la fin de l'année. Les délégataires seront par la suite amenés à peaufiner leurs propositions. Sans polémiquer, trois dossiers sont en lice pour Nîmes, Simon Casas, bien sûr, Juan Bautista (qui tient les arènes d'Arles et qui concourt sur les deux appels d'offres) et le duo Miletto-Callet qui gère les arènes de Saint-Gilles et qui est dans la danse des concours nîmois et arlésiens.

Un paseo à Saint-Gilles (Photo DR).

Si les règles du jeu sont claires et que les cahiers des charges sont nets, la manière de jouer diffère d'un candidat à l'autre. Les expérimentés, qui sont au pouvoir depuis des lustres ou qui ont déjà vécu ces batailles, connaissent les préférences municipales. Les dossiers sont tirés au cordeau, chaque réponse est millimétrée et appropriée. Pour les petits nouveaux, les embûches sont nombreuses mais elles n'effrayent personne. Du moment où l'on candidate, c'est que l'on se sent prêt.

"C'est en montant des dossiers qu'on apprend à les gagner"

Appel d'offres ouvert, dialogue compétitif ou procédure avec négociation, les règles sont connues de tout le monde mais peuvent différer d'une arène à l'autre. La sensibilité aussi. Nîmes a besoin de pédagogie, de grand spectacle, de noms rutilants... Pour réunir au moins ce triptyque taurin, il faut avoir les reins solides et un réseau très actif.

Le paseo de la première corrida de la Feria de Pâques en 2017 (Photo Anthony Maurin).

Mais il faut parfois ruser, bluffer, jouer l'indécis et se lancer. Chaque candidat connaît ses forces et ses faiblesses mais il doit bien souvent imaginer celles de ses concurrents et établir son projet en partie en fonction de cela. On ne devient pas toujours délégataire par la force de son dossier mais parfois par la pertinence de ce que l'on propose.

Tout en assainissant les pratiques d'antan, les appels d'offres et les DSP n'ont pas encore fait disparaître entièrement les manœuvres politiciennes. " Nous jouons le jeu mais nous savons où nous allons. Nous ne comprenons pas toujours ce qu'il faut faire, parfois c'est même hallucinant..., avoue un habitué des DSP taurine. Certaines villes sont omniprésentes et nous demandent beaucoup de précisions et de correctifs, d'autres n'entrent jamais en contact avec nous. Des cabinets privés peuvent nous aider dans la confection mais nous aimons monter des dossiers nous-mêmes. C'est comme cela qu'on apprend. La fois d'après on fait moins d'erreurs. C'est en tombant qu'on apprend à marcher, c'est en montant des dossiers qu'on apprend à les gagner. "

À Arles en fin de printemps, la DSP donnée une première fois à Juan Bautista lui a été retirée et le concours relancé. Le tribunal administratif de Marseille estimait que " la commune d'Arles a manqué à ses obligations de mise en concurrence et que ce manquement a lésé les intérêts des autres candidats. " Quoi qu'il arrive à Nîmes comme à Arles, des recours seront posés pour ces DSP qui s'éternisent et dont les fuites sont inodores. Si les uns l'emportent, les autres iront jusqu'au tribunal pour être sûrs et certains de ne pas s'être fait avoir sur l'autel de la démocratie...

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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